ATHENES AU CINQUIÈME SIÈCLE
passion exclusive qui s^ développe aux dépens des autres branches de l'activité humaine. Non, elle ne rompait en rien Tharmonie, et le vra! citoyen à Athènes est, comme Vhonnête homme au xvii® s.'ècle, celui qui ne se piqye d«^ rien. Lorsque Eschyle meurt sui une terre étrangère, il ne fait pas même allusion sur son épitaphe aux oeuvres de son génie, mais il tient à ce qu'on n'oublie pas qu'il fut citoyen d'Athènes et qu'il a su bravement combattre pour la défendre * . La littérature et l'art sont intimement unis. Ils puisent aux mêmes sources." Ils s'inspirent des mêmes sentiments et tendent à produire sur les âmes les mêmes impressions. Une grandt partie des peintures et des sculptures grecques n'est que l'illustration d'Homère, d'Hésicde et des poètes des cycles héroïques. Bientôt la tragédie viendra rendre encore plus populaires les aventures des héros et des dieux. Elle sera « le cadre naturel dans lequel se présentent à l'imagination tous les souvenirs, toutes les légendes du passé. L£ tragédie crée aussi un besoin d'émotion dramatique^ », et familiarise le public avec l'étude des passions et des caractères; de là une plus grande variété dans les sujets, une plus grande liberté, une plus grande confiance pour l'artiste, qui est sur d'être mieux compris. De là le goût de l'expression morale; de là la place de plus en plus grande que prennent dans l'ai't la
i«lg. 46. — Périrle*.
1. « Ce monument couvre Eschjle, fils d'Euphorion, Athénien... Le bois n\ renommé de Marathon, et le Mède à la longu^j chevelure diront quell* fut •a râleur : ils la conoaissent. »