‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 69 sur 424 · POLYGNOTE ET SES CONTEMPORAINS · texte numérisé non relu

POLYGNOTE ET SES CONTEMPORAINS

jeux Pythiques et Isthmiques. Les artistes faisaient aussi des expositions particulières de leurs œuvres, chose qui redevient tout à fait à la mode de nos jours. Il y avait peut-être dès cette date, à Athènes au moins, une collection publique de tableaux. Elle se trouvait dans l'aile gauche des Propylées, qu'on a appelée pinacothèque, quoique les anciens Grecs ne semblent pas avoir connu ce mot. Enfin, ce qui prouve combien l'art de peindre était répandu, c'est qu'il était pratiqué par des femmes. Timarète. fille de Micon, l'aida dans ses célèbres travaux, et fit à part des œuvres qui jouirent d'une durable réputation.

La peinture de chevalet : Apollodore. — La décoration théâtrale et le paysage : Agatharcos. — A la fin de cette période, Apollodore d'Athènes émancipa la peinture de l'architecture en faisant des tableaux de chevalet ; il perfectionna aussi le travail des ombres : on conçoit en effet que dans les œuvres de petite dimension le détail de l'exécution doit être plus soigné.

Agatharcos de Samos fut peut-être le premier qui peignit des décors de théâtre. Ce fut là l'origine de la peinture de paysage ^ Il décora aussi la maison d'Alcibiade.

La tapisserie : le peplos d'Athéna. — La tapisserie, la broderie à figures , entraient aussi pour une bonne part dans la décoration des édifices. Chaque année à Athènes des jeunes filles choisies parmi celles de plus pur sang athénien devaient tisser un peplos ou long voile destiné à couvrir la vieille statue d'Athéna faite avec le bois de

1. Les théâtres avaient des décorations fixes en maçonnerie ou en bois (Comp. le Théâtre Farnèse de Parme, construit au xvi' s). De là, la place secondaire de la peinture décorative. Les machines au contraire y jouaient un grand rôle. 1. ans le Promeihèe enchaîné d'Eschyle, les Océanides « arrivent par le chemin des oiseaux », et l'animal monstrueux qui porte le vieil Océan « bat de l'aile en frappant le sol de sa griffe». Certaines pièces du théâtre grec supposent dans les costumes une variété et une fantaisie qui n'a pas été dépassée : Guêpes et Oiseaux d'Aristophane ; ailleurs, légumes personnifiés et même lettres de l'alphabet. — Rappeloni aussi le caricaturiste peintre de genre Pauson (Arislote, Fol. viii,5; Aristophane, Thesm., v, 949, Plut, v, 602) et les deux Aglaophon, l'un père et l'autre file de Potygnote. Le second avait peint Alcibiade couronné par h Génie des jeux.

~ Peyre. — Hist. des B.-Arlj. 7

ÎIO L'ART GREC

l'olivier sacré. Pallas était la déesse de toutes les œuvres auxquelles l'esprit comme l'habileté de main ont part; à ce titre elle présidait aux travaux des femmes. Ce peplos était porté dans une procession solennelle au temple de la déesse, le dernier jour des Panathénées. Sur ce peplos, dont le fond était couleur de soufre ou de safran, était retracé le combat des dieux contre les géants, combat où Athéna avait assuré la victoire aux habitants de l'Olympe. On y joignait aussi des scènes glorieuses empruntées à l'histoire de la ville chérie de la déesse*.

vu - MUSIQUE

C'est aussi au v« siècle que la musique grecque fut constituée dans son ensemble. La musique grecque était, au moins, par son système, beaucoup plus variée que la nôtre; elle comprenait plusieurs gammes distinctes ou modes , tandis que nous n'en avons que deux, la majeure et la mineure, que les Grecs d'ailleurs paraissent n'avoir pas connues, quoique les gammes hypophrygienne et hypodorienne s'en écartent peu.

Le système musical des Grecs dut surtout sa formation à l'école pythagoricienne. Les Grecs employaient non seulement les intervalles de ton et de demi-ton, mais des intervalles moindres, les quarts de ton par exemple. Ils étaient très sensibles à la musique et croyaient qu'elle avait la plus grande action sur les mœurs. Les philosophes et parfois les législateurs proscrivaient tel ou tel mode musical comme dangereux. La musique fut d'abord destinée à accompagner la poésie, surtout les hymnes religieux. Tout poète devait être en même temps un musicien. Le plus célèbre des lyriques grecs, Pindare, non seulement composait le chant qui était inséparable de ses odes, mais instruisait souvent et dirigeait quelquefois en personne les chanteurs et les instrumentistes qui allaient exécuter ses plus belles pièces dans les villes de la Hellade.

1. Un peplos analogue était tissé par les femmes d'Élis en l'honneur d« Junon. On peut comparer le voile annuel apporté par les pèlerias à la Kaabi de la Mecque.

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