‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 93 sur 424 · ART ITALIEN PRIMITIF · texte numérisé non relu

ART ITALIEN PRIMITIF

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breuses et aussi importantes qu'en Grèce. Il y a eu aussi, notamment dans le Latium, un art itaiiiote primitif ^.

L'art étrusque. — Architecture ; le temple, la voûte. — Enfin Fart étrusque a eu sur l'art romain une influence bien antérieure à l'art grec et a imprimé du moins à son architecture un caractère ineffaçable. Nous connaissons mieux i'art de l'Etrurie que son histoire.

Sans entrer dans l'étude de cet art, nous ferons cependant à son sujet quelques remarques : 1® l'art étrusque

Fig. 8.^. — Peinture étrusque . rc[>aA îunolire.

u'a pas été remplacé par l'art romain, mais s'est dér^ loppé longtemps parallèlement à lui : la plupart des œurres étrusques parvenues jusqu'à nous sont relativement modernes"^; 2° l'influence de la civilisation grecque, sensible déjà dès le v» siècle, est devenue considérable au iv*, et ce n'est qu'à son contact que l'art étrusque a produit ses œuvres les plus remarquables; 3° donc les Etrusques, en répandant leurs arts à Rome, y introduisaient en même temps une bonne partie de l'art grec : c'est ainsi qu'à la Renaissance nous avons connu l'art grec par l'art rouiîiin ; 4° l'art étrusque n'en reste pas moins un art ori-

1. Pernique, PrènesU. — Micnli, Histoire des anciens peuples de l'Italie.

2. La langue étrasque était encore une laugiie vivante au temp» de Deny» d'Halicarnasse.

ART BTRUSQUK

ginal. Si le temple des Étrusques n'est en somme qu'un temple grec plus ou moins altéré* ; si Vordre toscan n'est qu'un dorique dégénéré, l'architecture étrusque n'en est pas moins fort diflé rente de l'architecture grecque, surtout en ce qu'elle emploie couramment dans plusieurs de ses constructions /portf^s de villes, ponts, etc.) la voûte et

l'arcade, empruntées probablement à l'Orient. Son originalité' se montre surtout dans les constructions funéraires.

Tombeaux. Peinture. Sculpture. Céramique. — Les tombeaux tantôt étaient taillés dans le roc, tantôt formaient des monticules de terre appuyés sur un socle cylindrique en maçonnerie. Une galerie creusée dans la pierre ou formée par des murs conduisait à une ou è

1. Il comprenait deux parties : une cella triple fermée de trois côté» par un mur plein et s'ouvrant par le quatrième côté sur un portique à une ou plusieum rangées de colonnes.

PEINTURE. — SCULPTURE. - CERAMIQUE 153

plusieurs chambres, souvent très richement décorées, contenant des lits funéraires taillés au fond d'espècis d'alcôves, et des ustensiles de toute sorte, soit réels, soit figurés. Pour l'importance de ses nécropoles, TEtrurie est presque comparable à l'Égjrpte.

Aux environs de Corneto (l'ancienne Tarquinies) on connaît déjà plus de deux mille chambres funéraires. Plusieurs d'entre elles sont ornées de peintures murales. On en trouve aussi de très intéressantes dans les ruines de Véies, Clusium (Ghiusi), Vulsinies (Bolsena) et surtout de Vulci *. La peinture étrusque procède de la peinture grecque, et on n'en a pas d'exemple antérieur au v» siècle. Elle a pour nous le grand intérêt de nous donner quelque idée de ce qu'était justement la peinture grecque proprement dite, dont il ne nous est à peu près rien resté. Mais par l'inspiration les artistes étrusques se distinguent nettement de leurs modèles, dont ils sont loin d'ailleui s d'atteindre l'élégance et la pureté. Ils ont le soin du détail, le goût du bizarre, la recherche des gestes énergiques, des expressions violentes. Ils se plaisent à la représentation des scènes tragiques : combats, sacrifices, supplices. Cette même recherche du mouvement et de l'énergie fut un des traits dominants de la grande école florentine, qui, de longs siècles plus tard, devait se constituer sur le même sol et trouver dans Michel-Ange son plus illustre représentant.

La sculpture en pierre est moins intéressante, quoiqu'on puisse citer la statue de Florence connue sous le nom de l'Orateur étrusque, œuvre d'une précision un peu sèche, mais correcte et bien caractérisée. Un certain nombre de bronzes témoignent de l'habileté des anciens Toscans pour le travail des métaux. Mais ils se sont distingués surtout dans un genre où ils ont eu peu de rivaux, noub voulons parler de la sculpture monumentale en terre cuite. Des artistes étrusques appelés

1. Les peintures de Vulci représentent \r-. Aventures de Cselebs Vibenna ei de son fidèle compagnon Mastarna, qui fut depuis roi de Rome sous le nom de Servius Tullius. On y voit aussi Achille égorgeant des Troyens sur le to ieau de Patrocle. A Corneto et ailleurs nous voyons des scènes des Enfers avec des monstres effroyables et grotesques, qui font penser aux conceptions de Dante, d'Orcagna et de Michel-Ange.

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