‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 99 sur 424 · II. - LE SIÈCLE D'AUGUSTE · texte numérisé non relu

II. - LE SIÈCLE D'AUGUSTE

Monuments élevés à Rome au temps d'Auguste. -— Mais ces restrictions, qui portent surtout sur les conceptions esthétiques des Romains, ne doi- ' vent pas nous empêcher d'admirer leurs monuments et de reconnaître tous les progrès qu'ils ont réalisés, ne fût-ce que pour la variété, lorsque les formes architectoniques des Grecs commençaient à s'épuiser. Les monuments de l'époque impériale méritent l'admiration dont ils ont été l'objet.

La construction d'un grand nombre de temples, entre autres celui d'Apollon Palatin, destiné à servir de bibliothèque publique; le théâtre de Marcellus; un nouveau forum qui semblait consacré à toutes les gloires nationales et où se voyaient, à côté des statues des rois, celles des grands hommes de la République ; le mausolée élevé au champ de Mars pour la sépulture de l'empereur et de sa famille, près d'un obélisque venu d'Héliopolis, attestent le soin qu'Auguste prenait de l'embellissement de Rome Les grands personnages de l'empire dépensaient de même

Fig. 92. — Auguste. (Vatican.)

lôk L'AUT ROMAIN

une partie de leurs richesses au profit du publie. Mécène, dontlenom est devenu proverbial, s'associait à tout ce que l'empereur faisait pour les arts comme pour les lettres. ^^^ La sœur d'Auguste, Ociavie, élevait un

/âf'ff^^T^^ portique contenant un temple, un© bf- • rf' dA'^i^^ ;,<., bliothèque et une école'. Asinius Pol- ^^\ lion plaçait dans l'atrium du temple de la Liberté qu'il venait de construire, une bibliothèque ornée des bustes des grands hommes « dont la voix éloquente résonnait encore en ces lieux », et un auditorium, salle de conférences oij les écrivains venaient lire leurs œurig 93. — M^conc. yrcs réccutes. Agrippii, sans parler d'un leiTipIe à Neptune et d'une vaste salle destinée au dépouillement des votes des comices populaires*, bâtissait dans le eiiamp de Mars un ensemble de construction?* grandioses, |)armi lesquelles se trouvait le Panthéon.

Le Panthéon. Valérius d'Ostie. — Ce temple, élevé à tous les dieux, consacré en 27 avant J.-G. est peut-êli'e le plus parfait des monuments romains, et place son auteur, Valérius d'Ostie, parmi les plus grands architecte;».

La forme est circulaire, et il est couvert d'une voûte hémisphérique de 43™, 50 de diamètre, mesure qui est aussi celle le la hauteur de l'édifice. Cette coupole, qui est un chefd'œuvre de construction, n'a pas bougé depuis près de deux mille ans, et fait encore l'admiration des architectes'. La

1. Elle choisit pour architectes deux Grecs, Batrachos et Saura.

t. Les assemblées du peuj?le ne furent supprimées que sous Tibère. Cette salle ne fut achevée qu'en l'an 7 avant J.-C. , cinq ans après la mort d'Agrippa. Sa toiture, qui passait pour une merveille d'habileté technique, fut détruite par un incendie sous Titus et ne lut pas rétablie.

». La coupole du Panthéon de Paris a 2.3™, 77 de diamètre. Voir dans le Diotlonnaire de Viollet-le-Duc la description des nrtiflces de construction em.plovés. M. Ghedanne j a découvert tout réceinnient des pcrtectionnemoRt» BOB encore signalés. Il semble résulter dos cignes marqués sur les briques, qu'usa partie au moins Ae cotte coupole * été rucnnatruite sou.5 Hadrien.

VALÉtilUS DOSTIE. - PaNTIIEON

IfiS

façade se compose d'un portique d'aspect tout à fait grc II à 35", 50 de développement sur 15 mètres de profondeur. Il est formé de 16 colonnes corintlucimes en granit gris de 14 mètres de hauteur, surmontées d'un ^'ronton. Une des particularités de l'archilecture du Panthéon, c'était l'adjonction du métal à la maçonnerie, pour les chapiteaux et pour les rosac>-«» de» caissons de la voûte ; mais il en reste peu do cliosp.

rig. 94. — Fniibhéon d'Agrip,.,.

Les travaux publics : les routes et ponts. — Les tr»

TAUX publics ont une importance telle dans Tarchitecture romaine, qu'on ne peut se dispenser de les rappeler dans nne histoire de l'art.

Les routes étaient de véritables constructions. On creusait jusqu'à ce que l'on eût trouvé un sol suffisamment résistant. Puis on superposait dans cette excaration d'abord jusqu'à trois couches de matériaux : lo des petits cailloux {statumen} ; 2o des pierres concassées unies par du ciment {nudiis) ; 3o un mélange de ciment», de briques et de poteries (nucleus). Ensuite

1. Les Romains ont bu fabriquer des ciments, et même des ciments hydrauli- 55^" "°' .'ï"^."!^ exceptionnelle. Ce n'est que de nos jours que l'ingénieur

Vicat a fait la théorie du ciment larité et certitude.

romain et a permis de le reproduire arec régu-

on couvrait le tout d'un pavement en pierres plates très dures, rectangulaires ou polygonales. C'est ainsi qu'était construite la voie Appienne, et que furent construites depuis ces grandes voies qui furent pour Rome un de ses principaux moyens de gouvernement [instrumenta regni). La construction de ces belles routes devait naturellement amener la construction de ponts plus ou moins nombreux. Les Romains rendirent justement un grand service à la civilisation en perfectionnant l'art des ponts par l'application de la voûte. Parmi les ponts construits sous Auguste il faut citer le pont de Rimini et le pont jeté sur la Nera, près de Narni*. On avait aussi recours quelquefois aux tunnels. L'ingénieur Coccéius Auctus perça le tunnel qui existe encore sous le Pausilippe, près de Pouzzoles, et la voie souterraine entre Cumes et le lac Arverne.

Aqueducs. — Distribution des eaux^ — Mais quelle

qu'ait été l'importance que les Romains ont attachée aux voûtes, ils se sont occupés davantage encore des constructions destinées à apporter et à distribuer les eaux dans les villes. Des centres de population de second ordre furent mieux dotés sous ce rapport que bien des grandes villes modernes.

Agrippa, dont l'intelligente activité sufiSsait à tout, organisa pour le service des eaux une corporation spéciale d'ouvriers, familia aquaria publica. Rome possédait déjà trois aqueducs, l'eau Appia, l'ancien Anio, et l'eau Marcia, qui depuis les environs du lac Fucin présente un développement de canaux, de souterrains et d'arcades de 10 kilomètres '. Agrippa y ajouta l'eau Julia et l'eau Virgo. L'eau Alsiefina, la seule qui ne vienne pas de la vallée de l'Anio, servit à alimenter un vaste bassin creusé au pied du Janicule, sur une longueur de 1 ,800 pieds et une largeur de 1 ,200. L'empereur y donna le spectacle d'une naumachie ou combat naval, où combattirent 30 trirèmes et birèmes garnies de leurs éperons, sans compter un plus grand nombre de bâtiments moindres. Les eaux de

1. Il en existe encore trois arches, dont la plus élevée a 38 mètres de h«at

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