‹ Histoire générale des Hongrois (volume 3)Chapitre 126 sur 132 · LA CRISE FINAMCIÈRB ET LA. DERNIÂBB COALITION · texte numérisé non relu

LA CRISE FINAMCIÈRB ET LA. DERNIÂBB COALITION

Les finances ont toujours été le côté vulnérable de TAutriche. Cette puissance entreprenante au-delà de ses ressources vivait dans une crise presque permanente, mais des accès aigus la mettaient parfois à deux doigts de sa perte. La situation n*a jamais été plus grave qu'en 18 il, au lendemain du suprême effort de Wagram : il importe de Tétudier, surtout en Hongrie où la constitution rendait nécessaire la convocation d*une assemblée et une discussion publique.

L'année 1810 fut pour toute la monarcliie un temps de repos et de recueillement. Le mariage de Napoléon avec une archiduchesse semblait écarter pour longtemps toute menace de guerre. Aux chansons haineuses des Viennois contre les Français : « L'Empereur François veut vivre et régner, > Napoléon et ses Français veulent crever*, • succédaient les plaisanteries, amères mais inoffensives, des salons de Vienne désabusés : « Nous sommes vengés de Napoléon ; il » vient de s'inoculer la bêtise autrichienne et le malheur » autrichien. » La fièvre belliqueuse étant tombée, la ruine apparut menaçante, inévitable. Le papier-monnaie, multiplié sans mesure pour faire face aux exigences de la dernière

). Desêmvffy lêvelezéie, I» 131.

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guerre, était tombeau dixième ou au douzième de sa valeur : on avait peine à trouver 100 florins d'argent contre 1,000 florins de papier, tandis qu'en 1808 la différence n'était que 100 à 200! C'était là une misère commune à tout l'Empire, mais les Hongrois faisaient valoir des griefs particuliers : ils avaient mainte fois averti que Ton marchait aux abîmes ; on avait violé leur indépendance légale, tout en prenant les produits des mines hongroises pour les besoins généraux de l'Autriche.

Mais si le mécontentement grandissait, de son côté, la cour, libre de toute crainte extérieure, et n'ayant plus à faire voter des secours militaires, laissait de côté tout ménagement. M. de Metternich commençait sa longue dictature ministérielle et son système de centralisation absolument contraire à l'esprit des Magyars*. Malgré la présence de deux magnats au ministère, le comte Zichy, le comte Erdôdy, nul ne se gênait pour attaquer la constitution hongroise comme vieille, rétrograde, abusivemiMil aristocratique. Telle était par exem[»le l'opinion de Stein, le ministre prussien libéral : à ses yeux une constitution qui laissait dans une condition inférieure les huit dixièmes de la nation, et qui dispensait de l'impôt la grande propriété, devait absolument être changée'. Une coalition d'esprits aussi différents que

1 . Nous arrivons à la dernière partie de notre travail, il ne rentre donc pas dans notre plan d'étudier Metternich, dont la longue carrière, en 1811, commence à peine. Conleutons-nous de renvoyer au premier volume de M. Sprirger.

2. V. dans Pertz, Das Leben dcr Ministers Freiherm von Slein, II, 432-433, le jugement sévère porté par Thomme d'État prussien sur la Hongrie. Genlz, quoique lié avec beaucoup de nobles hongrois, trouvait que la constitution était à changer.

ceux de Stein, de Gentz et de Metteriiich eût été bien redoutable, si le peuple, souffrant plus que personne de la détresse financière, ne se fût serré autour de la noblesse.

Le comte Wallis, ministre des finances, n*étaitpas homme à reculer devant des formalités. Dans son gouvernement de Bohême, il s*était|*endu célèbre par sa dureté et son minutieux despotisme : un jour que Ton devait jouer Gœtz de Berlichingen au théâtre de Prague, il supprima comme renfermant une allusion séditieuse, cette menace du chevalier à la main de fer : « Que celui d'entre vous qui n est pas un » bœuf de Hongrie ne m'approche pas de trop près* » Wallis, dans le courant de 1810, essaya d'un emprunt, puis d'un nouveau papier qui eut le sort de l'ancien ^ Il fallait absolument trouver quelque chose : on trouva. Le 20 février 1811, une patente fut envoyée en Hongrie comme dans les autres provinces, avec des considérants détaillés, que nous allons résumer ainsi que l'acte lui-même.

Des malheurs subis (et non causés) par le gouverement, lui ont rendu nécessaire d'émettre de nombreux billets de banque, dont l'extrême dépréciation cause la ruine universelle. Mais comment y remédier? L'Etat serait peut-être autorisé parles circonstances à une banqueroute partielle; or, nous voulons Téviter à tout prix. Voici donc ce que nous avons décidé dans Tintérêt de nos sujets bien aimés : Les billets ne seront pris que pour le cinquième de leur valeur nominale, et ils n'auront cours, ainsi réduits des quatre cinquièmes, que jusqu'au 1*' février 1812. D'ici là ils devit)nt être échangés contre les nouveaux billets qui

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