Epiit. Proc^rum
Le pauvre Zâpolya * ne pouvait se passer de cet instrument impopulaire pour combattre à Gonstantinople d'autres intrigants partisans de son rival. Gritti fit plusieurs voyages pour représenter ses intérêts, non sans chercher secrètement les moyens de perdre les deux anti-rois l'un par Tautre. Il flnit par soulever contre lui la défiance universelle. Lorsqu'il revint en Transylvanie, dans son aveuglement il se crut assez fort pour commettre un nouveau meurtre : il fit mettre à mort Tévéque Czibak son ennemi. Ce fut la cause de •sa perte : un autre de ses ennemis, Majiâth, obtint l'autorisation secrète du roi Jean et de Verbôczy d'agir contre ce tyranneau. Gritti fut subitement cerné dans Megyes et Lors (l'état d'opposer aucune résistance. Se voyant perdu il envoya son confident et son historien, le padouan Francesco délia Valle *, porter ses adieux au dbge son père. Peu d*instanls après il était entraîné par les soldats de Majlàth qui « aboyaient • contre lui comme des chiens enragés. > Il eut beau les menacer de la vengeance de Soliman, sa mort était résolue. On lui coupa les membres, puis la tête. Les pierreries de ses vêtements enrichirent plusieurs de ses juges ou de ses meurtriers.
Les destinées d'Aloys Gritti nous ont fait perdre de vue la poUtique générale; il est temps d'y revenir. L'empereur Charles-Quint continuait de montrer dans les affaires hongroises beaucoup de prudence et de modération ; il aurait voulu pacifier ce royaume, fût-ce aux dépens des intérêts
1 . Pauvre dans tous les sens du mot. Le chancelier Brodarics écrivait à Nàdasdj (Szalay, IV, 96) : « Rex moritur prœ famé. Ego tristes V et famelicos duco dies > .
2. Nous résumons ici la relation, déjà citée, de ce témoin et de CQ confident de Gritti.
momentanés de son frère \ afin de ne pas ajouter aux complications de la vaste domination autrichienne* et à la liste déjà longue de ses ennemis. Du reste on peut remarquer, en 1532 et dans les années suivantes, comme une détente ou comme un répit dans les rivalités politiques du monde chrétien. Clément VII ne désirait plus que la paix, avec un arrangement raisonnable qui limitât la puissance des princes autrichiens. François I*' lui-même, tout en continuant à se plaindre de TEmpereur, cherchait à préserver l'Europe centrale des invasions turques ; il employait à cette nouvelle destination l'infatigable Rincon, qui réussissait moins celte fois, il est vrai, qu*il n'avait réussi dans la mission contraire. Mais c est encore l'Empereur qui désirait le plus la paix générale ; ni lui ni les princes d'Allemagne ne voulurent faire marcher leurs troupes contre le parti national hongrois. Charles-Quint prit même une part active, au moyen de deux conseillers, Tarchevéque de Lund et Cornélius Scepper, à une double négociation avec Zàpolya et avec la Porte *. Les hostilités furent ainsi suspendues assez longtemps, pendant que Jérôme de Zara provoquait à ConstanlinopleTenvoi de la première ambassade ottomane en Autriche. Un traité en résulta, qui ne laissa plus aucun prétexte à Ferdinand pour s*iudigner de la platitude de son adversaire : non-seulement, dans une cérémonie fictive, il offrait à Tambassadeur les clefs de Gran, mais le padischa s*engageait à le