‹ Histoire générale des Hongrois (volume 3)Chapitre 40 sur 132 · I.Hatvani, IV, 440 et · texte numérisé non relu

I.Hatvani, IV, 440 et

2. « Non dubitavit M. V. Dobisneque zelum erga Dei Scclesiam, .neque erga M*" V*" quacum arctissimis vinculis conjuncti sumas, propensissimam déesse voluntatem >. (Hatvani, IV, 456.)

3. Rodolphe Reuss : Graf Emst von Mansfeld, Braunschweig 186JS, p. 65. — Sur la fuite du prince d'Anhalt, dont parle Tauteur de ce savant travail, nous trouvons dans les mss Godefroy (portef. 490) une lettre de Bethlen adressée à ce prince en 1621, pour agréer ses excuses.

tint en échec, avec des succès variés, Tarmée impériale. La diète ouverte le 18 novembre était donc libre dans ses délibérations ; elle resserra son alliance avec la nation bohème, et la situation parut assez critique à Ferdinand pour qu'il désirât négocier. Mais le même motif pressait la majorité de donner satisfaction à ses rancunes accumulées. Aux offres royales, insuffisantes à la vérité, répondit le cri des révolutions : Trop tard ! Forgâcs qui défendit courageusement les intérêts de son souverain, faillit être jeté par la fenêtre, comme à Prague Slawata. Sans doute on ne refusa pas un armistice, utilisé pour la mise en pratique de la liberté de conscience; mais on ne put s*entendre, car il aurait fallu abandonner la Bohême, et le 25 août 1620, Bethlen fut proclamé roi de Hongrie.

C'était bien à cette proclamation que pouvait s'appliquer le mot de trop tard I Toutes les mesures étaient prises par les généraux catholiques pour une attaque décisive contre Prague, et les Tchèques une fois écrasés, la lutte devenait très-difficile à soutenir. Dans ces circonstances, il suffisait aux troupes impériales de tenir les insurgés hongrois en échec ; les Cosaques venaient les aider dans leurs ravages sur différents points du territoire, malgré les désaveux et les excuses du roi de Pologne. Les opérations militaires autour des places frontières étaient donc insignifiantes ; on attendait d'un autre côté de graves nouvelles. Dans l'intervalle Bethlen prenait aux yeux de l'Europe entière le rôle de l'un des chefs du parti protestant. « Dites à Monseigneur le > duc de Bouillon, écrivait le baron de Doua, qu'à mon avis « la guerre ne fait que commencer. Le nouveau roi d'Hon- » grie est monté de pauvre gentilhomme à cette haute « dignité; grand homme de guerre comme qui en personne

» a été en quarante- trois combats; d'un grand jugement, » rond en son parler, et qui est le tout, homme craignant » Dieu et de notre religion réformée ; en sorte qu*après le >» Grand Henri il n'y a tel roi au monde* t. Ce qui causait l'admiration et l'espoir d'un gentilhomme protestant causait naturellement Tinquiétude du gouvernement de Louis XIII : le duc de Luynes redoutait une prise d'armes générale des Huguenots excités par ces nouvelles lointaines ; et la politique extérieure de la France entre Henri IV et Richelieu (1610-1624), était toute favorable à la maison d'Autriche 2. Le duc d*Angouléme et le comte de Bé thune vinrent donc trouver Bethlen à son camp de Presbourg, et insister auprès de lui pour la conclusion de la paix.

Bientôt éclata la nouvelle de la bataille décisive perdue par les Bohèmes à la Montagne-Blanche, ce qui donna beaucoup de force aux nouvelles démarches des négociateurs français. Le découragement devint général, et Bethlen se vit accuser d'égolsme par plusieurs de ceux qui l'avaient encouragé jusque-là. Ce sentiment de lassitude augmenta lorsque Ferdinand, libre au nord de toute inquiétude, fit envahir la Hongrie par un mélange de troupes hongroises et de troupes nationales. Bethlen comprit bien qu'il fallait

Page 1