CHAP, XIX, LES BOUCANIERSS
faire, dit Dampier, ne sepvirent à rien, car îlg restaient immobiles comme des statues , se regardant les uns legautres, et se jetant des grimaces de singes. Ces pauvres créatüres ne semblent pas accoutu:déés à porter des fardeaux ; et je pense qu'un de nos mousses, à dix ans, ferait autant de besogne en ce genre qu'un homme pris parmi les plus robustes d'entre
| sont je les pa yeux de l'atteinte des mâuches (si importunes ici qu'un éventail même n'en préserve pas le visage), en sprte que, dès leur enfance, ils n'ouvrent jamais les yeux aussi librement que les autres hommes, et paB. suitene peuvent distinguer. les objetéM'en jetant la tête en arrière comme s'ils regardaient à quelque chose d’élevé. Ils ont de gros nez en forme de poire , des lèvres épaisses, des bouches largement fendues ; les deux dents de devant de la mâchoire supérieure manquent à pFesque tous; ils n'ont point de barbe; leurs cheveux sont courts, noirs et crépus; leur peau, d'un noir de charbon, comme celle des nègres de Guinée. Leur unique nourriture est le poisson qu'ils ‘cltérchent us eaux basses ;.ils font pour cela de petites écluses ou bat xavef des pierres le long des petites criques de la mer. fous est arrivé, un jour que nous chassions en bateau parmi ces iles, de voir une bande d'indigènes passer à la nage de l’une à l'autre , car ils n'ont ni barque , ni canot , ni radeau d'écorce. » Dampier quitta le Cygnet aux iles Nicobar et regagna l'Angleterre en 1691. Le capitaine et la plus grande partie de l'équipage continuèrent à pirater dans les mers ‘indiennes, jusqu’à ce que, après diverses aventures, ils parvinrent à Madagascar, dans la baie de Saïnt-Augustin, où leur vaisseay fatigué coula sur ses ancres. Quelques-uns de ces bandits s'embarquèrent sur des navires européens, et d'autres resté rent au service des petits rois de l'ile.
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308 voyAGES MODERNES DE DÉCOUVERTES. LIY. IV.
L'association des boucaniers dônna naissance à un plus grand/tiombre de navigations aventureuses qu’il n’en avait été fait däns un aussi court espace de temps au nom de tous les états de l'Europe. Ceux qui cotimandaient dans la mer
a Sud étaient presque tous Anglais ; beaucoup d'entre eux étaient évidemment d'habiles marins , et leur mérite ne se bornait point là. Dans les récits de Dampiét et de Cowley, les dängers et les travaux d'une vie erran pparurent mélés à beaucoup de plaisirs et de vives joies ;'un voyage autour du monde ne fut plus considéré comme tenant du prodigé. Les ‘marins devinrent plus audacieux, et cessèrent d'associer les idées d'éloignement et de danger. A partir de sir Francis Drake, la marine anglaise accrut rapidement son pouvoir et sa renommée, envoyant de toutes parts les marins les plus intrépides et les plus habiles ; ce qüi doit d’ailleurs ajouter'à sa gloire, c'est que la première expédition équipée dans le seul but de faire dés découyertes géographiques , Sans complication“d'intérèts politiques®ou commerciaux#soit partie d’un port de la Grande- -Bretagne. Éà
Dans le cours de l’année 1699, l'Angletérre étant en paix avec les autres états maritimes de l'Europe , Guillaume IIT ordonna qu’une expédition eût lieu pour’ la recherche de nouveaux pays, et pour l'examen de quelques contrées déjà découvertes, en particulier de la Nouvelle-Hollande et de la Nouvelle-Guinée. Dampier s'était fait des titres à l'attention
jéspar la relation agréable qu'il avait écrite dé ses
s me boucanier , et le comte de Pembroke le choisit
riger l'expédition nouvelle, Le Roebuck, vaisseau de la marine royale , fut équipé tout exprès et fourni de provisions pour un long voyage. Dampier se dirigea d'abord vers la Nouvelle-Hollande, Comme il en approchait, il trouva Ja mer couverte de plantes à une très-grande distance de la côte, et des baleines en quantités extraordinaires. Dampier y abordæaprès un voyage de six mois , par le 26° de latitude sud , et jeta l'ancre, peu de jours après, dans la baie même à laquelle Dirk Hertoge , le premier qui eût découvert ce pays, avait légué son nom. Il vit là des kanguroos, dont il donne l'étrange description qu'on va lire : — « Les seuls animaux de terre que nous y vimes consistaient en une espèce de ra-
plus avait tous mer