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que nos vaisseaux tentaient de s’ouvrir des voies nouvelles sur toutes les mers , une société, qui prit le titre d'association africaine, se constitua à Londres, en 1778, dans le but d’envoyer à ses frais des hommes hardis et intelligents explorer les contrées jusqu'alors inconnues de l'Afrique centrale. De la formation de cette société date une ère nouvelle ur l'histoire du continent africain.
Le premier voyageur de l’association africaine était ce même individu qui, comme nous l'avons raconté dans un précédent chapitre, avait essayé de se rendre par terreau Kamtschatka, avec l'intention de traverser le continent américain jusqu'aux États-Unis. Ledyard, ainsi se nommait cet individu, arriva au Caire au mois d'août 1778, et s’occupa pendant quelque temps à recueillir des renseignements près des marchands d'esclaves, et à se familiariser avec les mœurs du peuple. Il se préparait à se joindre à une caravane pour aller à Sennaar , d’où il comptait se diriger à l’ouest vers le Niger, lorsqu'il fut subitement atteint d'une maladie bilieuse qui l'emporta en pe de jours.
M. Lucas, le accés irannidiot de Ledyard, avait habité seize années Maroc, et il savait parfaitement l'arabe. L'association ayant accepté l'offre de ses services, il partit de Tripoli, au mois de février 1789 , avec la caravane qui se rendait dans le Fezzan, province située au milieu méme du grand-désert. M. Lucas nous a donné une excellente description de la capitale de cette province, nommée Morzouk , et ses habitants lui fournirent en outre des renseignements très - précieux concernant les pays de l’intérieur.
Cependant, les difficultés presque insurmontables que présentait un voyage au travers du désert de Sahaa déterminérent l'association à chercher une autre voie pour parvenir dans l’intérieur de l'Afrique, et l'attention de ses principaux membres se porta naturellement sur les districts populeux qui avoisinent la Gambie. On crut qu’en prenant cette nouvelle route on parviendrait plus promptement et plus sûrement jusqu'aux contrées qu’arrose le Niger. En1791, le major Houghton se rendit à Bambook par le pays de Mandingo. De Bambook ilse dirigea sur Tomboucton, mais à Jarra ou Yarba il fut
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dévalisé et massacré parles Maures, où, si l’on en croit d’autres récits, il y mourut de la dyssenterie.
Les tristes résultats des expéditions de Ledyard et de
Houghton ne découragèrent point l'association africaine. Elle trouva toujours , en effet, des voyageurs assez hardis pour tenter de nouveau une entreprise si évidemment dangereuse, Un Écossais, nommé Mungo Park, qui avait déjà visité les Indes orientales, éprouvait depuis long-temps le plus vif désir d'explorer des contrées inconnues ; en conséquence il offrit volontairement ses services à l'association africaine, qui, connaissant son courage et son intelligence , s'empressa d'accepter une proposition aussi avantageuse.
Le 21juin1795, M. Park arrivait à Jillifrée, sur la rive septentrionale de la Gambie. De là il se rendit à Pisania, où il résida quelque temps dans la maison du docteur Laidley, apprenantla langüe mandingo, étudiant les productions et les coutumes du pays, ets’efforçant de recueillir des renseignements sur la géographie de l’intérieur auprès des marchands d'esclaves, qui, peutsêtre par jalousie commerciale, le voyaient avec un vif mécontentement entreprendre un pareil voyage. Cc fut le 2 décembre de la même année qu'il se mit en route, accompagné de deux esclaves noirs nommés Demba et Johnson. Demba, jeune homme vif et intelligent, connaissait quelques-unes des langues de l’intérieur ; quant à Johnson, il avait été esclave à la Jamaïque et :. Wa l'anglais. Sa suite se composait en outre de deux slatecs noirs, ou marchands d'esclaves , et de deux nègres, dont l’un exerçait la profession de forgeron et retournait dans son pays natal, après avoir été plusieurs années au
- service du docteur Laidley. Tous ces individus témoignaient
à leur chef le plus profond respect, et plus d’une fois leur esprit et leur bonne humeur firent oublier à M. Park les fatigues de la route. Les nègres allaient à pied , chassant leurs ânes ge eux. M. Park montait un petit cheval plein de couge et d'ardeur ; son bagage se composait de provisions pour deux jours, d'un petit assortiment de grains de verre, d'ambre et de tabac, qui devait lui servir à se procurer des provisions nouvelles, de quelques habits, d’un parapluie , d’un sextant de poche, d’une boussole, d’un thermomètre, de deux paires de pistolets et de deux fusils.
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Trois jours après leur départ de Pisania, les voyageurs arrivèrent à Medina, capitale du Woolli, ville de mille habitants, éntourée de murailles de terre et d’une palissadé de pieux pointus et de broussailles épineuses. Le vieux roi reçut Mungo Park avec une franche cordialité ; mais il lui donna le conseil de renoncer à un voyage si dangereux. Toutefois M. Park ne se laissait pas facilement effrayer. Il prit à son service trois chasseurs d’éléphants qui devaient l'accompagner en qualité de guides dans les déserts compris entre Woolli et les frontières du Bondou, et il se remit bientôt en route. A peine fut-il arrivé à Fatteconda, capitale de ce dernier royaume , qu'on lui intima l’ordre de se rendre immédiatement en la présence du roi. Redoutant la rapacité bien connue de ce monarque, il eut soin d’emporter avec lui les présents qu'il lui destinait, c’est-à-dire un peu de poudre, d’ambre et de tabac et son parapluie; mais il mit son bel habit bleu afin d'être plus sûr de le conserver. Le roi, qui regardait tous les blancs comme des marchands, fut étrangement surpris d’apprendre que M. Park ne désirait acheter ni des esclaves ni de l'or, et que la curiosité seule lui avait fait entreprendre un pareil voyage. Les-présents lui causèrent de vifs transports de joie, surtout le parapluie, qu’il ouvrit et qu'il referma plusieurs fois de suite, à la grande admiration de ses courtisans. Ses premiers trausports calmés, il commença un long panégyrique des hommes blancs, vantaut leurs grandes richesses et leur humanité ; puis il fit un éloge magnifique de l'habit bleu de M. Park, n'oubliant pas les boutons jaunes qui lui plaisaient beaucoup , et il finit par déclarer que , si on lui cédait cet habit, il le porterait dans toutes les cérémonies publiques et qu’il instruirait l'univers entier de la générosité de son ancien possesseur. Park comprit qu'une pareille demande équivalait à un ordre, et se débarrassant avec une aflliction profonde de son bel habit bleu il le pe à posa aux pieds du roi qui, en reconnaissance de ce don , lu” fournit toutes les provisions dont il pouvait avoir besoin, et l'exempta des droits de douane.
Le lendemain matin, on vint prévenir notre voyageur que les femmes du roi désiraient le voir. « Je ne fus pas plutôt entré, dit-il, dans la cour réservée à ces dames, que le sérai
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Qura : les unes me demandaient des médecines, Bfambre ; toutes voulaient absolument se faire ER en Afrique, la saignée passe pour le spécifique
Sant. Elles étaient au nombre de dix ou de douze, la plupart jeunes et jolies, et portant sur leurs têtes des ornements d’or et des grains d’ambre. Elles se moquèrent de moi avec gaîté et avec esprit, mais surtout de la blancheur de ma peau et de la proéminence de mon nez. — Ce n’est pas
lnature qui vous à créé ainsi, disaient-elles ; on vous a fait bare quand vous étiez enfant, en vous baignant dans du
t,.et on a donné à votre nez sa forme actuelle en le pinçant een le tirant tous les jours , jusqu'à ce qu'il eût acquis les dimensions voulues. — Quant à moi, je n’essayai point de leur prouver le contraire, et je leur adressai plusieurs compliments sur la beauté africaine. Je vantai la couleur huileuse et éclatante de leur peau , et la dépression charmante ue leurs nez; mais elles me répondirent que les flatteries, ou, selon leurs propres expressions, que la bouche de miel n'était pas estimée dans le Bondou. Toutefois, en échange du temps que j'avais bien voulu leur donner, ou de mes compliments , qui, malgré leur incrédulité apparente , parurent leur causer un véritable plaisir, elles nous offrirent du miel et du poisson, qu’elles envoyèrent à notre logement. »
Au-delà de Fattecanda, la route traversait un pays tellement infesté de voleurs, que les guides jugèrent prudent de voyager la nuit. Aucune parole ne fut prononcée pendant Ggile partie du voyage, et les hurlements des bêtes féroces jent seuls les solitudes silencieuses des forêts. Çà et BJoups et des hyènes glissaient comme des ombres au fiers des arbres. À Joag, la première viile que rencontra la petite caravane , le magistrat vola à M. Park la majeure partie de son bagage. Assis devant la porte d'une maison de cette ville, il s’amusait à mâcher quelques brins de paille, lorsqu'une vieille esclave lui demanda en passant s’il n'avait pas gdipé. Il ne lui répondit rien d’abord , car il ne la comrs da pas; mais l'interprète ayant appris à cette vieille femme que les agents du roi avaient dépouillé son mattre de tout ce qu'il possédait , elle déposa à terre le panier qu'elle portait sur sa tête, et offrit à l'étranger malheureux quelques
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