‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 2)Chapitre 106 sur 206 · LES GUINÉES, LE DAHOMEY · texte numérisé non relu

LES GUINÉES, LE DAHOMEY

de Ouidah, et, le 19 avril 1878, par le traité de Ouidi^h avec le Dahomey, fait confirmer notre droit sur Kotonou, qu*il nous avait déjà cédé en 1864. Le traité de protectorat (1863) sur le Porto-Novo, où règne le roi-Toffa, fut renouvelé en 1883.

Le Dahomey était le plus puissant État indigène du littoral de Guinée. Une longue série de rois, dont les tombeaux sont dans la ville sainte de Cana, avaient, à force de razzias et de massacres, soumis les tribus des Bariba, Nago et Djédji. La religion, toute fétichiste, se confondait avec Tadoration de la royauté. La superstition et une raison d*État terroriste s'étaient liguées pour créer ou maintenir les « grandes coutumes », c'est-à-dire les massacres périodiques qui faisaient d'Âbomey, la capitale, un charnier. Ce sauvage despotisme s*appuyait sur une organisation militaire permanente comprenant 3000 c amazones », 7 ou 8000 guerriers soldés, et que renforçaient à Toccasion une réserve et même une levée en masse.

En septembre 1885, pour se conformer à l'article 35 de l'acte de Berlin, exigeant que tout protectorat se manifestât par une occupation effective, la France installa de petites garnisons à Kotonou et à Porto-Novo. Glé-Glé, roi du Dahomey, nous signifia qu'il ne reconnaissait plus le traité de 1878, et qu'il revendiquait comme lui appartenant Kotonou et Porto-Novo. Il nous sommait de les évacuer sans délai. En mars 1889, il fit envahir le royaume de Porto-Novo, où des milliers de captifs furent enlevés. Deux croiseurs mirent à terre des compagnies de débarquement qui rassurèrent les populations et les ramenèrent dans leurs villages.

Le docteur Bayol, alors lieutenant-gouverneur des Rivières du Sud, reçut l'ordre de se rendre à Abomey et de négocier avec Glé-Glé. Le 21 novembre, la mission était reçue dans la capitale. Après un mois de séjour S elle dut quitter Abomey (28 décembre). Trois jours après on annonçait la mort du roi Glé-Glé

\. Rien ne fut négligé pour la frapper d'horreur et de crainte : elle fît son entrée dans le palais entre des tètes d'hommes fraîchement coupées et des mares de sang humain. Glé-Glé et le prince héritier Kondô se refusèrent & tout traité qui ne les reconnaîtrait pas souverains de Kotonou et Porto-Novo. Kondô oâa dire que « la France était gouvernée par des jeunes gens, qu'elle devait abolir la République et rappeler ses anciens rois ».

et ravènementy au milieu de vastes massacres rituels, du prince Kondô» sous le nom de Behanzin ou d'Hossu-Boouélé (roi requin).

Guerre et traité de 1890. — Du Sénégal et du Gabon étaient arrivés 400 tirailleurs, avec quatre canons de 4. Us furent placés sous les ordres du commandant Terrilloa, qui occupa fortement Kotonou. Il eut à le défendre contre 15 ou 20 000 soldats ou amazones. Il les battit en une douzaine de rencontres, notamment auprès d^Atchoupa» où ils perdirent 1 500 des leurs. A la fln de mai 1890 arriva le contre-amiral de Cuverville, mais avec des instructions qui réduisaient sa mission à c la clôture, par voie transactionnelle, de Tincideot du Dahomey ». Il n eut dès lors qu'à déléguer le chef de bataillon Audéoud et le P. Dorgère, qui se rendirent à Abomey, et en revinrent avec un projet de traité. Behanzin reconnaissait nos droits sur le port de Kotonou et le royaume de Porto-Novo. En échange, la France s'engageait à lui verser annuellement une somme de 20000 francs (3 octobre).

La guerre de 1892 : oonqudte du Dahomey. — Aux yeux de Behanzin, ce versement annuel n'était qu'un tribut payé par la France. En outre, les 20 000 francs lui semblaient une insuffisante indemnité pour la perte du revenu que lui procuraient annuellement ses douanes maritimes.

Avec Targent de la France, avec le produit de son trafic d'esclaves, il acheta des munitions et des fusils à tir rapide aux maisons allemandes de Ouidah, du Cameroun et de Hambourg. Dès janvier 1892, il enlevait des milliers de captifs en territoire français. En mars, il saccageait les villages du Porto- Novo. Ballot, lieutenant gouverneur, arriva sur la chaloupe canonnière la Topaze : attaqué par 400 Dahoméens, il eut quatre hommes blessés à son bord (27 mars). La France dut se résigner à une expédition décisive. Six croiseurs ou canonnières furent envoyés à la Côte des Esclaves, les garnisons de Ouidah et Kotonou renforcées, des bateaux construits tout exprès pour la navigation sur les lagunes maritimes, un wharf établi à Kotonou, un crédit de trois millions voté par les Chambres.

Le corps expéditionnaire, composé de troupes blanches, de

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