‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 2)Chapitre 108 sur 206 · IV. — Le Gabon, le Congo, VOubanghi, le Tchad · texte numérisé non relu

IV. — Le Gabon, le Congo, VOubanghi, le Tchad

Le Gapbon. — Une partie de l'estuaire du Gabon avait été acheté par la France, en 1839, à un chef noir nommé Denis. En 1849, avec des esclaves enlevés aux négriers, nous avions fondé, sur la rive droite de l'estuaire, un village appelé « Libreville ». Cinquante ans après, la colonie gardait son insignifiance première. Libreville n'était toujours qu'une agglomération de

LE GABQN, LE CONGO, L'OUBANGHI^.XE TCHAD 73o

3000 noirs, dispersés sur sept kilomètres autour de lestuaire. Quelques cases de traitants et quelques huttes de douaniers y formaient nos seuls c établissements ».

Pourtant Paul du Chaillu (1857-1859), Serval et Griffon du Bellay (1862), le lieutenant Aymès (1867), Marche et le marquis de Compiègne (1872-1874), le docteur allemand Lenz (1873); s^étaient avancés à des centaines de kilomètres dans Tintérieur et avaient signalé la richesse de ces régions.

Lies missions Savorgnan de Brazza : formation du Congo fïrançais. — Leurs découvertes allaient être dépassées par celles de Savorgnan de Brazza et de ses émules. Brazza, Ballay et Marche, de 1875 à 1878, explorèrent la région comprise entre la petite colonie française et la rivière Âlima. Vers le même temps, Stanley, au nom de c TAssociation internationale africaine », patronnée par le roi des Belges, menaçait de livrer, soit à celui-ci, soit à l'Angleterre, toute TAfrique centrale. Piquées d'émulation, les Chambres françaises votèrent un crédit de 100000 francs pour permettre à Brazza de compléter ses explorations. La mission fut placée sous lautorité du ministre de 1 instruction publique. De 1879 à 1882, Savorgnan fondait Franceville sur le haut Ogôoué, Brazzaville sur la crête de Tescalier que descend le Congo. Il signait avec Makoko, roi des Batéké, un traité qui cédait à la France tout le territoire autour de Brazzaville et reconnaissait son protectorat sur les deux rives du Congo entre Brazzaville et le conQuent de TOubanghi. Les Chambres françaises ralifiërent ce traité et votèrent un nouveau crédit de 1 275 000 francs (10 janvier 1883). Savorgnan de Brazza repartit, cette fois avec tout un élat-major de savants et d'explorateurs, avec 60 Européens civils, militaires ou marins, 25 tirailleurs algériens, 2 850 noirs, terrassiers, porteurs et pagayeurs, plus un matériel considérable. Du 21 avril 1883 au 26 mai 1885, il explora les rives de rOgôoué, du Kiliou-Niari, de l'Alima, de la Sangha, de l'Oubanghi, de divers affluents, opéra 4 000 kilomètres de levers hydrographiques, fonda vingt-six stations qu'abrita le drapeau tricolore. La mission française se trouva bien vite en conflit avec < l'Association internationale j». C'est alors qu'interviennent

l'accord entre Jules Ferry et Strauch, président de cette association (23 et 24 avril 1884), accord qui réserve à la France un droit de préemption sur le Congo belge; puis la conférence internationale et TActe de Berlin; enfin les traités avec l'Allemagne» le Portugal, et avec le nouvel c État libre du Congo » (5 février 1885, 29 avril 1887). En dépit de regrettables sacrifices de territoire, nous restions, pour une dépense totale de 2 055 000 francs affectée aux missions Brazza, presque sans avoir tiré un coup de fusil, en possession d*un domaine évalué alors i 800000 kilomètres carrés et d'une admirable fécondité. Le 26 mai 1885, la mission confiée à Brazza par le ministère de rinstruction publique avait pris fin : elle faisait place à la colonie de « TOuest africain », relevant du ministère de la marine. Le soin d'administrer la colonie, d'en continuer Texploration, d en développer les ressources, était confié à Brazu avec le titre de « commissaire général du gouvernement ».

Vers le lac Tchad : missions Grampel et Dy bo^wski (1891). — En 1888, Crampel avait découvert la rivière Djah, un affluent du Congo, mais, attaqué par les Mïan, il avait été blessé et forcé de rétrograder. En 1890, il fut chargé par le Comité de l'Afrique française de traverser, en parlant de rOubanghi , une région marquée en blanc sur les cartes, d'atteindre le fleuve Chari, qui se jette dans le lac Tchad, et, par Kouka, capitale du Bornou, de revenir sur la Méditerranée. Il atteignit le Chari, mais, le 8 avril 1891, à El-Kouti, il fut assailli par des musulmans esclavagistes, et massacré avec presque tous les siens.

Une seconde mission, confiée par leCotnité à Jean Dybowski, devait appuyer et ravitailler la première. En octobre 1891, Dybowski quitta Banghi, sur TOubanghi, suivit la trace de la mission Crampel, arriva chez les N'Gapou, qui lui donnèrent des détails sur le désastre d'El-Kouli. 11 tomba sur les assassins, en tua onze, reprit une partie des objets enlevés à Crampel. Il dut rétrograder, faute de vivres, sans avoir atteint El-Kouti, mais après avoir aO^ermi les droits de la France sur le territoiro situé entre TOubanghi et le Chari.

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