‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 2)Chapitre 121 sur 206 · L'INDUSTRIE · texte numérisé non relu

L'INDUSTRIE

contre, celle de Tacier a augmenté dans des proportions considérables, s'élevant de 110000 i 900 000 tonnes.

Les industries textiles. — Les industries textiles ont également progressé. En 1871, l'importation nette de laines en masse était d'environ 90 millions de kilogrammes; depuis cette époque, elle est allée en augmentant graduellement, malgré quelques périodes d'arrêt. En 1886, elle s'élevait à 150 millions, et en 1896 elle dépassait 200 millions de kilogrammes, auxquels il faut ajouter la production indigène, évaluée à 40 millions de kilogrammes environ, pour connaître la consommation réelle de l'industrie de la laine. C*est donc 240 millions de kilogrammes de matière première que cette industrie met annuellement en œuvre, à peu près le double de ce qu'elle employait en 1869.

L'industrie cotonnière, qui n'utilisait pas 100 millions de kilogrammes de coton en 1869, en absorbe aujourd'hui plus de 150 millions.

Ces deux industries sont toujours parmi nos premières industries d'exportation. L'exportation moyenne annuelle de l'industrie de la laine avait été, pour la décade 1867-76, de plus de 1 million 1/2 de kilogrammes de fils, et près de 9 millions de kilogrammes de tissus; pour la décade 1887-96, elle a été de plus de 2 millions de kilogrammes de fils, et de plus de 17 millions de kilogrammes de tissus. L'industrie du coton a pu dans ces dernières années, par suite du développement de la filature, diminuer l'importation nette de ses filés. Pour 1887-96 elle a été en moyenne de 8 millions de kilogrammes, tandis que pour 1877-86 elle avait dépassé 11 millions de kilogrammes; pour la décade 1866-76, cette importation n'était que de 4 millions de kilogrammes. Notre exportation de tissus de coton a considérablement augmenté, s'élevant de 1740 000 kilogrammes, moyenne annuelle pour 1867-76, à plus de 13 millions de kilogrammes pour 1887- 96.

L'industrie iinière a vu diminuer l'exportation de ses tissus; pour 1887-96, elle n'a atteint en moyenne que 480 000 kilogrammes, à peine le quart de son chiffre pour 1867-76; par contre, l'exportation des fîls s'est accrue, passant de 760 000 kilogrammes à près de 3 millions de kilogrammes.

Seule, rexportation nette de nos tissus de soie n a guère varié, demeurant aux environs de 3 millions de kilogrammes.

En résumé, le total de Texportation nette de nos industries textiles a plus que doublé en quantité depuis vingt ans. Le chiffre moyen annuel pour 4867-76 était de 21 millions de kilogrammes; pour 1887-96, il était de 45 millions de kilogrammes environ. Mais, malgré cette augmentation considérable, la valeur avait diminué de plus de 1/6, passant de 668 millions de francs pour la première période, à 54^ millions de francs pour la seconde.

La baisse des prix. — La baisse des prix qui a eu lieu, à la fois, nous Tavons vu, pour les produits agricoles et pour les produits industriels, est le phénomène économique le plus important du dernier quart du xix* siècle, et celui qui a eu au point de vue social les plus heureuses conséquences.

Celte baisse est le résultat de Tapplication des multiples découvertes de ce siècle, en mécanique, en physique, en chimie, à rindustrie. Grâce au développement des moyens de transport, des régions éloignées, inutilisées jusqu'alors, ont pu être mises en culture : il en est résulté une augmentation considérable de la production du blé, notamment, la denrée alimentaire par excellence de près du tiers de la population du globe ; et, par suite de rabaissement des frets, ce blé a pu être transporté des pays producteurs aux pays consommateurs à des prix de plus en plus bas. L'industrie, de son côté, pouvait s*approvisioDoer d'un grand nombre de matières premières que l'éloignemeot maintenait autrefois hors de sa portée. D'autre part, l'utilisation de plus en plus grande, dans la fabrication, des forces mécaniques et l'emploi de méthodes nouvelles permettaient de diminuer dans des proportions considérables les frais de trans* formation des matières premières. La baisse des prix n'a été que la traduction économique de ces faits. Suivant les chiffres de la commission des valeurs de douane, le coton en laine qui valait 2 fr. 13 le kilogramme en 1873, ne valait plus que 0 fr. 94 en 1895; la laine en masse tombait de 2 fr. 70 le kilogramme à 1 fr. 41 ; les fers en barre voyaient leur prix baisser de 29 fr. le quintal à 11 fr. Pour les objets fabriqués, on enregislre

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