Voir ci-dessous, p. 2G
24 LE MONDE ROMAIN JUSQU'EN 39o
Pour le service du })alais nous trouvons une série de corps dont chacun a un chef :
1° Agentes in rébus, courriers de izouvernement. parmi lesquels sont les inspecteurs de police {curiosi) ;
2° Pour le palais en voyag-e : mensores (maréchaux des log-is) ; stratores (écuvers, sous un cornes stabuli); lampadarii; decanl (ces derniers faisant des saisies au nom de l'empei-eur);
3" Officium adinissionum : huissiers introducteurs {invitatores) ou audienciers [cancellarii) , sous un magister admissionum;
4" Les hureaux (scrinia), chargés de la correspondance de l'empereur.
Tous ces employés sont sous les ordres du maître des oftîces. Il a la police et la justice du palais, et, par les hureaux, intervient dans l'administration générale; mais chacun des Inireaux et services a un magister ou chef.
Pour le service privé de l'empereur, nous trouvons des employés aussi nomhreux, dont la plupart sont des eunuques : Cubicularii, sous les ordres du priinicerius sacri cubicuU: ministeriales dominici, gens de service, pages, architectes, sous les ordres du caslrensis sacri patatii; employés du vestiaire sous les ordres d'un comte, co?7ies sacrse vestis; cornes donorum, intendant des maisons de résidence ; sikntiarii et ostiarii (huissiers). Ce personnel est sous les ordres du préposé à la chambre sacrée {prœposilus sacri cubicuU).
Tout cela est organisé régulièrement pour un service })ermanent. Ce monde de fonctionnaires, passant leur vie dans le palais, gouverne le palais et l'Empire.
La sacro-sainte hiérarchie. — Tout fonctionnaire reçoit directement de rempereur sa nomination (codicillus dignilatis), avec une instruction sur ses fonctions. 11 est inscrit sur un registre du personnel. Nommé pour un an. il est indétinimenl renouvelahlc. Il a un salaire en argent, hien réglé à partir du v° siècle. Il est [iris dans les classes hautes de la société, à divers degrés de la hiérarchie selon la nature de sa fonction; car il y a une hiérarchie de litres correspondant au rang social. Va\ tète sont les illustres, les chefs des sept hranches de l'administration (préfets du préh»ire et de la Ville, maîtres de la milice, préposé
LA CRISE DE L EMPIRE AU IIP SIÈCLE 2o
à la chambre sacrée, maître des offices, questeur du palais sacré, comte des largesses sacrées, comte des affaires privées) et les «•omles et ducs de la jiarde. Ensuite viennent les spectabiles : ofticiers qui ne sont pas chefs de service {primicerius sacri cuhiculi, jirunicerius notariorum, magisti^i scriniorum) , chefs de la chancellerie, gouverneurs des crrandes provinces, vicaires, comtes et ducs. Puis les clarissimi : sénateurs sans fonctions, gouverneurs de province. Enfin les titres inférieurs de perfecttsshni et efjreQii étaient donnés à des fonctionnaires plus modestes. Le rang' acquis par ces fondions se conserve après qu'on est sorti de charg-e et passe dans la famille : de là cette formation de classes sociales de fonctionnaires. Toute cette hiérarchie participe au caractère sacré de l'empereur qu'elle sert : elle est dite sacro-sainte.
Les fonctionnaires sont en service régulier {in cula j^iôsiti) ou extraordinaire (vacantes). Quand ils ont quitté le service, ils sont honoraires [honorarii). Il y a de plus des litres honorifiques spéciaux : i" patrice (patricius), dig-nité personnelle accordée depuis Constantin à ceux qui ont rempli de g-randes fonctions; c'est une dignité très haute, sans attribution directe; 2° comte (cornes), titre donné comme distinction à des fonctionnaires civils et militaire, il y a trois ordres de comtes depuis Constantin. Pati'ices et comtes joueront un grand rôle au v'^ siècle.
Les fonctionnaires impériaux reçoivent leurs délégations selon des règles nouvelles : : 1" ils ne sont pas les délégués de tout le pouvoir impérial; 2" ils n'exercent pas ce pouvoir complet (imperium) délégué pour une région déterminée; ils ont des pouvoirs d'une certaine nature : militaire, judiciaire, financière. Il y a sept ordres de fonctionnaires entièrement distincts : administration et justice, finances divisées en deux ordres (sacra* /arr/itiones, res jirivatœ), armée, législation, service du palais, service privé de l'empereur. — 3" Le fonctionnaire n'est ])lus tlirectement en communication avec l'empereur; il faut passer pour chaque service par une hiérarchie qui aboutit à un chef de service, lequel est en rapport avec le souverain.
Voici comment se g-^roupent les services :
Les préfets de la Ville et du prétoire (pnefecti Urbi, piwfecti
26 LE MONDP: romain .IUSOU'EN 39o
prœtorio) sont comme des minislres de rintérieur administrant chacun une partie de l'Empire; ils diriiient l'administration et la justice. Il v a un préfet de la Ville pour chaque capitale (Rome, Constanlinople) et deux préfets du prétoire dans chaque Empire. Ce sont les préfets du prétoire de Gaule. Italie, Illyrie, Orient. Au-dessous de chacun est une hiérarchie à ses ordres : les vicaires et leurs suhordonnés, qui sont les gouverneurs.
Le préfet du |»rétoii'e surveille les gouveiMieurs, leur transmet les ordres du pouvoir central, reçoit les appels de leurs jugements, dirige les services d'intérêt général comme les postes. Le g-ouverneur, agent essentiel, rend la justice dans le chef-lieu de la province {) netro polis) \ c'est sa principale affaire; il transmet aux cités les ordres du j)ouvoir; il doit les visiter: sa surveillance et son autorité pèse chaque jour plus lourdement sur ce qui leur reste de liberté.
Pour l'administration des provinces, les cadres se sont compliqués en se perfectionnant. Le principal est toujours la cité, mais ses curiales sont devenus des agents financiers, des percepteurs de l'empereur. En Gaule, entre le Rhin et les Pyrénées, il y a 120 cités, beaucoup plus (ju'au temps de Strabon, car il s'est fondé des villes nouvelles.
Au-dessus de ces cités, plus nomlu'euses et plus petites, est la^;rou/wce; elle aussi est plus petite. Dans chaque province est un agent de l'empereur, le président {prœscs), chargé de lever les impots et de rendre la justice. Quelquefois ce gouverneur porte les titres anciens de proconsul, consulaire, correcteur. Il y a au iv" siècle 108 provinces (au lieu de 47), aux(|ii('llrs il faut ajouter les 12 régions italiennes. La (raule. qui n'avait (jue six provinces, en compte maintenant 1". Au-dessus des provinces sont les diocèses ou vicariats, division nouvelle. Il y a 1 i vicaires. dont chacun est le chef hiérarchi(|ue d<'s présidents et le subordonné du préfet du préloire.
Les quatre chefs des services civils sont :
1" Le maître des offices, qui est aussi le chef de laiMUiM':
2" Le i/uiesto)- sacri jxilatii, (pii pi'(''pare les lois (d joue, dans une certaine mesure, le rôle d'un ministre de l'intérieur;
3" Le comte des largesses sacrées (cornes sacrarinn largitionum)