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contre le dogme de riiifaillildlilé el les censures prononcées, Yon Scliulte projjosa d'établir une organisation erclésiasiicjue indépendante du Saint-Siège. Malgré Topposilion énerg-ique de Dollinger, qui lit observer qu'une pareilhî proposition était contradictoire avec l'idée de demeurer catholique et (lu'on n'aboutirait ainsi qu'à créer une secte de plus, l'idée fut adoptée à une forte majorité : h\ schisme dit des « vieux-catholiques » était consommé. — X"ayaut ])as d'évèque, les vieux-catholiques se mirent en rapport avec l'archevêque janséniste d'Utrechl, qui remplit à leur égard les fonctions épiscopales; puis, encouragés et soutenus par le gouvernement prussien, ils finirent par se choisircomme évêque propreté docteur Reinkens (juillet 1873), qui fut sacré par l'évèque janséniste de Deventer. Reinkens fut reconnu comme « évêque catholique » [lar la Prusse, le grand duché de Bade et la Hesse (1873-1874). La Bavière, quoique alors en plein Kulturkampf, refusa. — Pour grossir leur nombre, les vieux-catholiques tentèrent d'opérer leur fusion avec l'Église angdicane et l'Eglise grecque (sept. 1874), et acceptèrent dans leurs rangs une foule de gens et quelques prêtres, qui ne se recommandaient nullement par leurs sentiments religieux ou la pureté de leurs mœurs. Les secrets désirs de quelques-uns furent réalisés par le cinquième congrès vieuxcatholique tenu à Bonn en 1878, lequel abolit le célibat ecclésiastique. Cette décision provoqua la retraite des plus dignes parmi les chefs de la secte : Reusch, Menzel, Langen. Quant à Dullinger (7 1800), il persisla jusqu'à la fin dans son opposition, mais ne prit aucune part au culte nouveau.
Ce culte, avec l'appui des gouvernements, s'était cependant développé. Le grand-duché de Bade dès 1874 etla Prusse en 4875 avaient accordé aux dissidents tous les droits des catholiques, notamment la participation aux revenus ecclésiastiques et la faculté de se servir des églises; mais, Pie IX ayant défendu la simultanéité du culte (187o\ les vieux-caUioliques devinrent en fait les seuls maîtres des églises envahies par eux. Les gouvernements allemands espéraient, par cet appui donné aux vieux-catholiques, arriver à constituer des « églises catholiques nationales ». En 1878, ils /énoncèrent à cet espoir et laissèrent
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la secte livrée à ses propres forces. Elle a })erdu maintenant toute importance politique t-t religieuse.
Le Vieux- Catholicisme en dehors de 1 Allemagne. — Après l'Allemagne, cest la Suisse qui fut le plus troublée par le « vieux-catholicisme ». L'agitation commença à la suite de la déposition par 3Igr Lâchât, évèque de Bâle- Soleure, du curé d'Olten, Gschvvind, qui refusait d'adhérer aux décrets du Concile. Le gouvernement de Bàle prit le curé déposé sous sa protection, et favorisa la constitution d'une Eglise séparée dite « chrétienne catholique nationale », qui s'organisa dans une sorte de diète tenue à Olten le i"" décembre 18"2. Reconnue et encouragée par le gouvernement fédéral, la nouvelle Eglise adopta pour le culte la langue vulgaire, modernisa la liturgie, aliolit le célibat ecclésiastique et la confession, choisit pour évèque le professeur de théologie Herzog', qui fut sacré par Reinkens en septembre 1876, fonda enfin à Berne (1874) une Université qui réunit peu d'élèves et où professaient cote à cote des ecclésiastiques comme Herzog, Hirschwaldcr, l'abbé Michaut (de Paris), et des laïques comme Woker. Mais le vieux-catholicisme suisse ne tarda pas à être dominé par le radicalisme; et dès 1878, l'opinion publique s'étant retirée de lui, il commença à décliner comme déclinait à la même date le vieux-catholicisme allemand.
En dehors de l'Allemagne et de la Suisse, les vieux-catholiques n'eurent aucun succès. — En Autriche, ils durent opter entre deux partis : ou se constituer en Eglise dissidente conformément à la loi civile, mais en perdant alors leur titre et leurs droits de catholiques; ou rester soumis à l'organisation catholique officielle ^20 fév. 1872). Cette option ne satisfaisait nullement leurs désirs. Il se forma bien quelques paroisses, notamment à Vienne; mais en somme l'entreprise avurla. L'attitude du canonisteMaassen, l'homme le plus considérable du parti, ne fut pas étrangère à cet insuccès : il s'était nettement prononcé contre l'institution des communautés séparées et contre le servilisme dont la secte faisait preuve ailleurs envers* l'Etat.
Dans les pays latins, Italie, Es[tagne, France, le terrain est peu favorable à de semblables tentatives. De plus, les gouver-
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nements refusèrent leur appui. Aussi lu vieux-catholicisme ne put s'y établir et demeura le fait de quel<jues individualités isolées. La plus connue est celle de l'ex-carme llyacinllie Loyson, qui, après avoir illustré la chaire de Notre-Dame, quitta son couvent sans autorisation (ISBU), se maria, essaya de fonder à Paris une « église catholique gallicane » (1879), entra en communion avec les évèques protestants d'Ecosse, et finalement tomba dans un complet discrédit. Aujourd'hui on peut considérer le schisme vieux-catholique comme éteint.
Le Kulturkampf en Allemagne. — Si, au point de vue religieux, le vieux-catholicisme n'a pas eu de conséquences sérieuses, il en est autrement au point de vue politique. Il a servi en effet de prétexte et de point de déj)art au Kulturkampf (combat pour la civilisation) ', qui, après avoir sévi en Bavière, en Prusse, en Suisse, en Autriche, a gagné la Belgique et la France, et a profondément troublé, dans le dernier tiers du xix'^ siècle, les rapports de l'Eglise et de ces divers Etats. Bien que les principaux faits de cette crise aient été exposés précédemment à propos de chaque Etat particulier, il est indispensable d'en donner ici une vue d'ensemble pour marquer les caractères nouveaux de la lutte, préciser la situation faite aujourd'hui à l'Eglise catholique, et expliquer les raisons de l'évolution dont les uns se louent, dont d'autres s'inquiètent.
C'est au prince de Bismarck que remonte la responsabilité du
conflit. Il V fut poussé par son besoin de domination univer-
selle, son aversion pour tout ce qui n était pas germain, son
désir d'unifier l'Allemagne au point de vue religieux comme au point de vue politique, sous l'hégémonie de la Prusse. Personnellement, il alTecta d'abord l'indifférence, tandis qu'à son instigation les ministres bavarois Hohenlohe et Lutz prenaient une attitude menaçante vis-à-vis du Saint-Siège et du clergé infaillibiliste. Mais quand il eut vu se dessiner le mouvement vieuxcatholique, il pensa pouvoir s'appuyer sur lui et accentua son hostilité à l'égard de l'Eglise. Il exploita contre elle divers incidents causés par les dissidents; puis désigna, pour négocier
1. Cette expression a été employée accidentelleiaent par le député Virchosv. Elle a fait fortune et le méritait; car elle est caractéristique.
avec Pie IX, le cardinal de Hohenlohe, frère du ministre bavarois, très compromis par son attitude au concile du Vatican et ses attaches avec les vieux-catholiques. Le pape ayant refusé de le recevoir (mai 1872), Bismarck prononça la phrase célèbre : « Nous n'irons pas à Canossa », et entama la persécution en règle.
En juin 1872, les membres des congrégations religieuses sont frappés d'incapacité relativement à l'instruction publique; en juillet, les Jésuites sont expulsés du territoire de l'Empire, et peu après d'autres congrégations, considérées comme leur étant « affiliées » : Lazaristes, Rédemploristes, Prêtres du Saint- Esprit, Dames du Sacré-Cœur; en décembre, l'ambassade auprès du V^atican est supprimée. En mai 1873, le ministre des Cultes Falk, qui fut le véritable ministre du Kulturkampf, fit voter une série de lois {(ois de mai) qui devaient bouleverser l'organisation de l'Eglise en Allemagne, en abolissant à peu près tout droit de coercition disciplinaire sur ses membres et la possibilité pour elle^ de former et de choisir son clergé \
L'épiscopat allemand protesta naturellement contre ces mesures, destinées à soumettre l'Eglise à l'Etat (26 mai). Le ministre prussien répondit en établissant le mariage civil en Prusse et en exigeant des évêques un nouveau serment de fidélité, qu'il leur était impossible de prêter. On arrive alors à la période la plus aiguë du Kulturkampf. Les condamnations d'évêques se multiplient : en février 1874, l'archevêque de Gnesen et Posen, Mgr Ledochowski, que le tribunal royal « destitue » en avril ; en mars, l'évêque de Trêves, Mgr Eberhard, et l'archevêque de Cologne, Mgr Melchers; puis le coadjuleur de Posen, Mgr Janiszewski, etc. En même temps de nouvelles « lois de mai » obligent les chapitres cathédraux, en cas de A'acance épiscopale, à élire les vicaires capitulaires dans les dix jours et l'évêque dans l'année, et étendent à tout l'Empire la loi, limitée jusqu'alors à la Prusse, sur l'internement et le bannissement des prêtres (mai 1874). A la suite de l'attentat de Kullmann contre Bismarck (juillet 1874), celui-ci afTecta d'y