‹ Histoire générale du IV siècle á nos jours (volume 2)Chapitre 114 sur 173 · Du héros ou dieu Ogma ou Ogmé · texte numérisé non relu

Du héros ou dieu Ogma ou Ogmé

2. L'Ecosse actuelle, dont le nom vient des Scots, immigrés d'Irlande.

chure de la Tyne (H 9), l'autre par Sévère, de l'embouchure de la Clyde au Firth of Forth (208).

Au delà de ces murs, les Gaëls au corps peint (Picti, les Pietés) maintinrent leur sauvage indépendance; en deçà, le pays fut administré à la mode romaine.

Des routes traversèrent les forêts et les marécages, des villes s'élevèrent, des colonies de citoyens romains furent fondées. Le sol fut occupé par de riches propriétaires qui le firent exploiter par le système du colonat ou fermage servile usité dans l'Empire romain. Les querelles de tribu à tribu cessèrent, et Tordre matériel fut maintenu. Néanmoins cette occupation resta superficielle : la langue celtique ne disparut pas devant l'usage du latin; il n'y eut pas de fusion intime entre les deux races. La Bretagne n'était rattachée à l'Empire que par un lien administratif assez lâche ; c'était moins une province qu'un pays de protectorat. Les Romains l'abandonnèrent après les premiers revers que leur fit subir l'invasion germanique, et les Bretons les virent partir sans regret \

//. — Période anglo-saxonne.

Les invasions germaniques. — Les invasions germaniques dans l'île de Bretagne commencèrent au iv° sièle. Des bandes de Saxons s'y établirent en 365; elles n'en furent chassées que trois ans plus tard, par le père du grand Théodose. En 381, les légions de Bretagne proclamèrent empereur Maxime, gouverneur de la province, et l'entraînèrent en Italie contre Valentinien II. Sur leurs talons, les Scots d'Irlande et les Pietés de Calédonic envahirent et ravagèrent le plat pays; Stilicon les refoula dans leurs montagnes (400) ; mais l'invasion de la Gaule par d'autres Barbares le força bientôt de rappeler ses légions sur le continent. Elles ne devaient plus jamais reparaître dans la grande île. Le pays, livré à lui-même, retomba dans l'anarchie

1. Sur les divisions de la Bretagne romaine, voir ci-dessus, p. 38-39.

d'où les Romains l'avaient tiré à grand'pcine. Il offrit une proie plus facile aux pillards du nord. Leurs ravages s'étendirent jusqu'à la Tamise. Un roi des Bretons du sud, un « usurpateur *, Vortigern, appela contre eux des auxiliaires saxons. Ceux-ci, conduits par Hengist, abordèrent dans l'île de Tanet \ Quoique peu nombreux, ils aidèrent à repousser les envahisseurs calédoniens; puis, séduits sans doute par la richesse d'une contrée fertile et civilisée, ils prétendirent y rester. On leur coupa les vivres. Alors ils se révoltèrent. Ainsi, croit-on, commença, au temps où régnait l'empereur Marcien (450-455), une lutte qui se termina au bout d'un siècle par l'établissement définitif des tribus germaniques sur le littoral maritime de la Bretagne.

Ces tribus appartenaient à trois peuples principaux : les Jutes y dont le nom s'est perpétué dans le Jutland actuel, les Angles, qui paraissent avoir émigré en masse, et les Saxons, rameau détaché de la grande famille demeurée sur le continent. Elles avaient gardé les institutions et les mœurs belliqueuses de la pure Germanie. Elles rencontrèrent une résistance acharnée. D'ailleurs le détail de l'invasion ne saurait être donné avec certitude, tant les souvenirs écrits que nous en avons sont obscurs ou imprégnés de légendes. Les récits d'origine bretonne vantent les exploits d'Ambrosius Aurelius, chef romain, dont les parents avaient été massacrés par les envahisseurs, et qui résista victorieusement aux Saxons; ils parlent d'une grande défaite que les Bretons de l'ouest, ou Gallois, infligèrent aux Barbares à Mont-Badon (près de Bath?) et qui assura la tranquillité du pays durant une génération. Les récits d'origine saxonne ignorent ces revers; ils enregistrent au contraire les succès remportés par Hengist et son frère Horsa (455-473), par Aella et ses trois fils (477-491), par Cerdic et son fils Cymric, fondateurs du royaume de Wesse'x (519-527); enfin par Port et ses deux fils, qui s'établirent à Porlsmouth. Plus tard, vers le x° siècle, la légende vint embellir et fausser cette histoire déjà peu sûre : elle raconta toute une vie de Vortigern, le

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