‹ Histoire générale du IV siècle á nos jours (volume 3)Chapitre 31 sur 206 · LE ROYAUME DES PAYS-BAS 25S · texte numérisé non relu

LE ROYAUME DES PAYS-BAS 25S

c takkiens » vainqueurs au premier tour furent battus au ballottage ; ils revinrent à la Chambre au nombre de 46 (dont 35 libéraux avancés) contre 54 c an ti takkiens » (dont 24 catholiques). Le ministère fut formé par les libéraux modérés, et leur allié Yan Houten fut chargé de préparer une nouvelle interprétation de la réforme de 1887. Le projet Yan Houten a été adopté en 1896. Il donne le droit de vote à tous les Hollandais mftles à partir de vingt-cinq ans, et aux conditions suivantes : 1^ payer un impôt direct (si c'est Timpôt foncier, il suffit de payer un florin; cette disposition très favorable aux paysans est une concession accordée au parti conservateur); 2'' être householder ou lodger dans les conditions indiquées plus haut, ou bien être propriétaire ou locataire d*un bateau de 24 tonneaux au moins; 3* gagner depuis un certain temps des appointements ou un salaire de 570 francs par an au moins, ou bien avoir une inscription de 100 florins au livre de la Dette publique, ou un dépôt de 50 florins à la Caisse d'épargne. Certaines capacités donnent le droit de suffrage. L'obligation du vote, réclamée par les catholiques, n*apas été établie. La réforme de 1896 a porté le nombre des électeurs hollandais à 700 000 (un par 7 habitants). On a déjà vu que sa première application (1897) avait été favorable aux libéraux progressistes.

En somme la vie politique hollandaise est toujours dominée par les mêmes questions que la vie politique belge : les écoles, le sufl'rage, le service personnel. Mais le parti libéral a eu plus de chance en Hollande qu'en Belgique. Comme ses adversaires cléricaux sont une coalition peu cohérente de calvinistes et de catholiques, ils n'ont jamais pu le déloger longtemps du ministère. Son œuvre scolaire a été entamée, mais non détruite comme celle du parti libéral belge. Comme la Hollande n'est pas un pays industriel, les radicaux et les socialistes n'ont pu y prendre la force qu'ils ont en Belgique, et contraindre les libéraux à leur céder le suffrage universel. Le vieux parti libéral libre-échangiste, qui eut une si grande importance politique dans l'Europe occidentale au milieu de ce siècle, a été écrasé partout ; il n'occupe plus le pouvoir que dans un seul Etat, le royaume des Pays-Bas.

///. — Le grand-duché de Luxembourg

depuis i8i5.

Le grand-duché de Luxembourg avait été donné en 1815 au roi des Pays-Bas comme indemnité pour les domaines allemands de la famille d*Orange-Nassau annexés à la Prusse. Il faisait partie de la Confédération germanique. La ville de Luxembourg était une place forte fédérale, occupée par une garnison prussienne. Le grand-duché avait sa constitution particulière et il n*était rattaché aux Pays-Bas que par une union personnelle.

Les habitants du Luxembourg étaient catholiques et la plupart d*entre eux parlaient français. Lors de la révolution de 1830 ils se révoltèrent avec les Belges. La ville, seule occupée par la garnison prussienne, ne bougea pas. Lors du traité de 1839 la plus grande partie du Luxembourg devint une province du royaume de Belgique. Un petit morceau de Tancien grand-duché, avec la forteresse, resta sous la domination du roi des Pays-Bas. C*est le grand-duché actuel. Il continua à faire partie de la Confédération germanique jusqu^à ce que celle-ci eût été dissoute après les victoires de la Prusse (1866).

Alors se posèrent deux questions : 1** Le Luxembourg resterait-il indépendant? 2^ La garnison prussienne évacuerait-elle la capitale? Napoléon III fit proposer Tachât du Luxembourg au roi de Hollande, qui accepta les ouvertures de la France; mais le ministre de la Prusse, Bismarck, intervint et empêcha la vente. Une conférence internationale se réunit à Londres et décida que le grand-duché serait un Etat indépendant et neutre, sans armée, et que les fortifications de la capitale seraient rasées. Le roi de Prusse avait déjà retiré sa garnison du Luxembourg. Le premier ministre belge Rogier avait demandé sans succès à la conférence d*annexer la partie indépendante à la province belge de Luxembourg (1867). Le grand-duché resta, avec sa constitution particulière, sous ladministration du roi de Hollande. Mais quand Guillaume III mourut (1890), il ne laissa

qu'une Glle. Or le grand-duché est héréditaire de mâle en mâle dans la famille d*Orange-Nassau. Il fut donc complètement séparé des Pays-Bas cl forma un Etat minuscule sous le gouvernement d'Adolphe, duc de Nassau, dépossédé de ses États allemands par la Prusse en 1866, mais réconcilié depuis avec Tcmpereur-roi Guillaume II.

Le grand-duché a 220 000 habitants. Il a un Parlement nommé par les citoyens qui payent au moins 10 francs d'impôt. La majorité appartient aux libéraux, dont plusieurs sont partisans du suffrage universel. Ils ont fait adopler une loi scolaire analogue a la loi belge de 1879. Les cléricaux forment le parti français. La langue officielle est le français; la majorité des habitants parle allemand. Le Luxembourg fait partie du Zollverein (depuis 1843); ses chemins de fer appartiennent à une compagnie allemande.

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HirromK oévÉïiALS. XII.

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