I.'^H INFILTKATION DKS EAIX DE PLUIE
d'averses, dépassa loo mètres de hauteur, fournissant ainsi aa réseau des canaux inférieurs de la grotte, une mise en charge de lo atmosphères. Ces crues peuvent.se produire sept heures après les fortes chutes de pluies sur le plateau. Aussi quel travail d*usure ne peuvent manquer de produire de pareilles chasses! Il y a dans toute la caverne d'innombrahles marmites de géants qui atteignent /i et 5 mètres de diamètre. Et que dire à ce propos de géologues qui continuent à penser que la pluie toute seule avec son allure d'aujourd'hui n'a pas suffi au creusement d'un minuscule sillon comme la vallée de la Seine .^
Au sud-est d'Adelsberg s'étend le fameux lac de Zirknitz ou de Jessero, dont l'étendue varie avec l'état des crues de a lOO a 5 600 hectares et qui peut s'emplir en trois jours et se vider en deux semaines. C'est un émissaire de la Poïk. Arago(' ) en a donné une description exacte quant à la géographie, mais à laquelle il a joint la fantaisie du récit de Valvasor, qui visita le lac en 1687 et qui donna sur sa faune des détails qu'aucun naturaliste sérieux n'a pu retrouver. Voyons ce morceau, qui n'est nullement du style des spéléologues modernes :
(( Vers le milieu de Tété, si la saison est sèche, le niveau du lac baisse rapidement, et en peu de semaines, il est complètement à sec. Alors, on aperçoit distinctement les ouvertures par lesquelles les eaux se sont retirées, ici verticalement, ailleurs dans une direction latérale, vers les cavernes dont se trouvent criblées les montagnes environnantes. Immédiatement aprcs la retraite des eaux, toute Tétondue de terrain qu'elles couvraient est mise en rullure, et au bout d'une couple de mois, les paysans fauchent du foin, là où, quelque temps auparavant, ils péchaient des tanches et des brochets. Vers la fui de l'automne, apK*s les pluies do celte saison, les eaux reviennent par les mêmes canaux naturels qui leur avaient ouvert un passage au moment de leur disparition. Il suffit mrme quelquefois d'une abondante pluie d'orage sur les montagnes dont Zirknitz est entouré, pour que le lac s<)ut(*rrain déborde et aille, pendant plusieurs heures, couvrir de ses eaux le terrain supérieur. On a remarqué par ces diffcrcMiles ou\ertures du sol, des différences singulières : les unes
(') \otices scientijii^ues. tnme III. p. 291, Pari>, i-Sjfk