‹ Histoire géologique de la pluieChapitre 9 sur 62 · ÉROSION EN AUVERGNE · texte numérisé non relu

ÉROSION EN AUVERGNE

les exemples de cette espèce qui conduisent inévitablement à la conclusion, que l'immense soustraction de matière qui a eu lieu dans la formation lacustre de la Limagne, s'est effectuée pour la plus grande partie, graduellement et progressivement et a marché

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Fio. 3. — Résumé de l'histoire de la dénudation du sol par érosion pluviaire, qui nous -< procure la preuve irrécusable du creusement des vallées par la succession des pluies grâce à rintcrvention d'une série bien des fois séculaire d'éruptions volcaniques dont chacune fixe une région de la surface du sol au moment même où elle s'est produite. La superposition des crises volcaniques aux résultats de l'usure continué du sol par la chute de la pluie permet de mesurer l'intensité de celle-ci malgré sa tranquillité apparente. L'observation de ces faits, vérifiables par tout le monde, nous a été prouvée par l'illustre géologue anglais Poulctt-Scrope; mais on me permettra de constater que j'ai été le premier à en faire ressortir les conséquences irrécusables qui en découlent quant à l'erreur commise par Cuvier dans son interprétation cataclysmienne du creusement des vallées. Les chiiïres représentent les altitudes au-de^sus do la mer.

de concert avec Tenvahissement accidentel de portions de cette vallée et de ses vallons tributaires par des laves qu'émettaient, dans leurs paroxysmes éruptifs, les volcans des hauteurs voisines. Est-il admissible seulement d'avoir recours à des conjectures vagues et hypothétiques, alors que nous ne pouvons concevoir aucune force érosive, graduelle et progressive, autre que celles qui sont encore en travail partout où les pluies, les gelées, les torrents et la décomposition atmosphérique agissent sur la surface du globe ? Nous devons donc rapporter à ces agents les effets en question, effets dont personne ne peut les déclarer incapables, si on leur accorde un temps indéfini. »

La figure 3, reproduite d'après Poulett-Scrope, montre que les intervalles qui séparent nos quatre coulées ont été interrompus à beaucoup de reprises par des produits analogues, de sorte qu'on

UCISSKLLEMENTS PLUVIAIBES

peut dire (jue la région d'Auvergne a conservé les testes inscrits dans son sol, d'une part par la pluie, qui peut être considérée comme une action continue, et d'autre part par réruption

volcanique, phénomène intermittent.

Et tandis que dans la vallée de la Seine (fig. 4), nous n'apercevons pas de procédé pour débiter le phénomène continu en tronçons bien distincts, au contraire, en Auvergne, nous y pouvons faire des étapes bien distinctes.

Déjà nous avons dit que les érosions parisienne et auvergnate sont contemporaines Tune de Taulrc. Il reste à ajouter que la dernière représente une soustraction pluvjaire de terrain bien supérieure à Tautre.

Pour le premier cas, il s'agit d'un sillon qui, en moyenne, ne représente pas plus d'une dizaine de kilomètres de larf^e et de i5o mètres de profondeur, tandis que le Plateau Central a perdu 600 mètres d'épaisseur sur toute sa surface par le fait exclusif de la pluie. Eln effet, comme nous l'avons vu dans l'introduction, la masse de pluie et de neige tombée en Auvergne est presque le triple de celle que reçoit la région parisienne. Mais nous reviendrons sur cette passionnante question à propos du creusement des vallées ordinaires.

Pouletl-Sciope, qui écrivait si peu de temps après Cuvier, n'a pas tire de ses lumineuses observations les conséquences générales que j'ai élé le premier, et jusqu'à présent le seul, à signaler quant à l'allure du pbénomène pluviaire. J'ai le droit de considérer comme une découverte qui m'appartient cette application d'une si grande importance pour la (Géologie générale des faits précédents à Tliistoire de la vallée de la Seine, l'auteur anglais s'étant borné à des développements sur la région d'Auvergne et sur la vallée de la Loire.

Fm. 4. — Progrès «le rérohion pluviaire des vallccH ordinaires: i.

Surface initiale du sol où la plus grande alU'rahilitê a déterminé un concours de ruis»clleinenU qui ont ébauché le {>etit ra> incluent II qui deviendra une ligne de valh'e (ou ùna vallU)' — a. Surface postérieure à la précé<lcntc où le sol a perdu 1 epai^seu^ correspondant à la distanctr verticale des deux profils 1 et II; coupe de la ligne <Ie vallée qui corres()ond à une érosion plus inten>e, duc à la pente plus accusée du sol. — III.

Etat plus avancé du phénomène :

l'érosion, quoique générale, s'accentue sur les régions inclinée^ et augmente à chaque instant les lentes des flancs de la vallée qui s'accusent de la même façon pour les épo<}ues I V et \ , q«ii ont succédé à répo<{ue III.

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