‹ Histoire grecque (volume 3)Chapitre 11 sur 19 · S II · texte numérisé non relu

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les hommes et les partis.

Pendant que ces événements avaient lieu dans le Péloponnèse,les anciennes rivalités entre les partis avaient subsisté et avaient fait voir assez clairement leur influence sur la politique extérieure.

Les partisans de la paix trouvaient que vouloir dissoudre la ligue du Péloponnèse était une entreprise aussi inutile que criminelle : ils cherchaient à démontrer à leurs adversaires combien ils s'étaient trompés sur le compte de Sparte, en la représentant comme un Etat en pleine dissolution, et aussi au sujet de la confiance que méritaient les alliés. Alcibiade, de son côté, pouvait affirmer avec raison que ce n'étaient pas ses conseils qui avaient causé l'insuccès final, mais bien l'indécision des Athéniens. Car si l'on prend, disait-il, les généraux

^) Voy. ci-dessus, p. 286.

^) *ETt\ TYjç ...l'ôoc TrpuTavïîaç ôeuTÉpaç TrpuTavsuoudv]; 'E),XYivoTa[jLÎacc —

TpiaxoffTT, TifiÉpa xf.ç TipyTaveiaç '!T[apéôo[xev xpyfftjou KuCtxï]voy CTaTÎipa;

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AY5[j.o(76évo'Jî (C. I. Attic, I, n. 180, 1. 10-14, d'après la restitution de Kirchhofî). Une pareille somme avait dû être versée déjà par les Hellénolanies aux mains de Démoslhène dans la première prylanie de l'arehontat d'Antiphon (418), mais on l'avait employée à un autre usage [ibid., 1. 1-9).

3) Thucyd., V, 81.

♦) Thucyd., V, 82, 1.

tantôt dans un parti, tantôt dans un autre; si, tout en faisant la guerre, on veut conserver les apparences de la paix; si l'on fait partir des troupes isolées qui n'agissent point de concert et irritent l'ennemi sans pouvoir le vaincre; on aurait tort de compter sur le succès. On a chance, avec ce système, de manquer les meilleures occasions et de convertir en accidents fâcheux tous les avantages qui se présentent. Il fallait donc prendre une décision. L'antagonisme des partis était devenu intolérable. On pouvait se demander si Nicias avait raison ou si c'était Alcibiade ; mais ce dont on ne pouvait douter, c'est qu'une politique qui oscillait sans cesse entre ces deux hommes devait être désastreuse. Il fallait ou chercher sérieusement à s'entendre avec Sparte ou faire énergiquement la guerre .

Dans ces circonstances, il ne restait que l'ostracisme, qui avait autrefois décidé entre Aristide et Thémistocle, entre Périclès et Thucydide, et réussi à délivrer l'Etat de compétitions intolérables. C'était un défi que se lançaient les deux hommes d'Etat, car ils s'étaient probablement entendus à l'avance pour inviter les citoyens à exprimer leur volonté en pleine assemblée du peuple. Pour que le gouvernement put suivre avec fermeté une ligne de conduite, il fallait que l'un des deux adversaires cédât la place à l'autre.

Pendant qu'on se préparait à trancher la question et que les deu'x chefs s'efforçaient de discipliner leurs partisans, Hyperbolos réussit, d'une manière inattendue, à reprendre de l'ascendant à la tribune, en mettant à profit l'inquiétude qui précédait le moment décisif et en excitant le peuple par des discours effrontés, aussi bien contre Nicias que contre Alcibiade. Or, comme aucun des deux chefs n'était rassuré sur l'issue de la lutte et ne trouvait au fond son avantage à se défaire de son adversaire au moyen d'une faible majorité, comme aucun des deux n'était bien décidé à abandonner aux hasards d'un vote populaire sa position et son avenir politique, il arriva qu'au dernier moment Nicias et Alcibiade s'unirent contre un tiers et que, peu avant le vote, les deux partis reçurent l'ordre d'inscrire sur les tessons le nom d'Hyperbolos, qui par ses violences s'était rendu odieux et insupportable à tous les deux. On raconte qu'Hyperbolos vécut six ans dans

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l'exil et mourut en 411 (01. xcn, 1)'; d'après cela l'ostracisme doit avoir eu lieu en avril 418 ou 417 (01. xc, 2 ou 3) -.

C'est ainsi que la journée qui devait décider du sort d'Athènes n'amena aucune solution décisive ; pour le plus grand malheur delà ville, les choses restèrent au même point. Le mal était d'autant plus grand que l'ostracisme tomba en discrédit parce qu'un homme peu estimable et assez insignifiant, qui ne jouissait de la confiance d'aucun parti et n'avait pas à proprement parler d'adhérents, s'était vu frappé de cette manière. « Ce n'est pas pour de pareils hommes, dit le comique Platon, que l'ostracisme a été inventé ^ ». L'ostracisme ne fut pas officiellement aboli, mais on ne s'en servit plus jamais depuis.

Quant aux détails de ce singulier événement, il courait déjà là-dessus dans l'antiquité plusieurs versions, entre lesquelles il nous estimpossiblede choisir. Outre Nicias etAlcibiade, nous trouvons par exemple mêlé à la lutte des partis, et d'une façon pour nous inexplicable, Phaeax, fils d'Erasistrate, un personnage qui avait rempli les fonctions d'ambassadeur'* et qui était un des familiers de Nicias ^.

*) ''Ynipëokô-^ Tiva xwv 'A6/)va''ü)v, [jlo-/9y)pov àvôpwTTOv, tI)(Tirpaxi<T[X£vov où 5tà o'jvajxÉw; xat a^iu) [lol-zoç cpôêov, à),).à ôià Tiovr,piav xoi ala/j-jv/jv ttj; uô),£a); àTroyxeîvouffi (Thucyd., VIII, 73.3).

-) La date du dernier ostracisme (qui n'a jamais été légalement aboli) est fixée d'après l'interprétation que donne Cobet {Plat. Com. Beliq., p. 143) d'un passage de Théopompe, cité par le scoliaste d'Aristophane (ad Vesp . 1008), où il est dit qu'Hyperbolos, mort en 411 à Samos d'après Thucydide, a vécu six ans en exil. Cf. Vischer, Alkibiades und Lysandros, p. 57. KiHciiHOFF (in Hermes, I, p. 5) tient pour la date de 418. Cf. aussi Gilbert, Beiträge, p. 231.

^) où yàp ToioÙTwv £c'v£x' odtpa-/' e'JpîOo (Melneke, Corn. Reliq., II, 669).

*) Voy. ci-dessus, p. 261.

'■') Plutarque se trouve en présence de deux traditions qu'il conserve côte à côte dans la Vie do Nicias {^ H), et dont l'une, celle de Théophraste, parlait d'une rivalité politique entre Alcibiade et Phœax, l'autre (ol uXeioveç. peut-être d'après Théopompe), d'un conflit semblable entre Alcibiade et Nicias. Zurbohg (in Bennes, Xll, p. 198 sqq. XIII, p. 141 sqq.) suppose que Nicias a mis en avant Phœax, et Alcibiade Hyperboles, chacun se dérobant derrière un agent insignifiant : mais une pareille tactique n'est guère admissible quand il s'agit d'ostracisme, où la personne est tout. On dit qu'Hyperbolos avait fait de l'opposition aux deux rivaux à la fois, et je suis persuadé avec Seliger (in Jahrbb. für Philol., 1877. p. 745) que le fait n'est pas controuvé. Il est impossible d'éclairer tous les détails d'une affaire

Un fait pourtant est certain : c'est que Tostracisme, qui était si intimement lié à la constitution athénienne et qui avait tant contribué au développement de l'Etat, supposait dans l'esprit public un état de santé qui n'existait plus. La république n'avait plus la force nécessaire pour éliminer les éléments qui l'entravaient ou la troublaient. Le peuple manquait d'unité et de sérieux; il n'avait pas cette netteté de vues qui eût permis à une imposante majorité de suivre un programme politique ; il n'y avait pas d'homme non plus qui possédât pleinement sa confiance. D'ailleurs, dans les circonstances présentes, l'exil d'un puissant chef de parti pouvait être pour l'Etat la cause de nouveaux et de plus grands dangers. Car on ne pouvait pas admettre qu'un homme comme Alcibiade pût consentir^ en s'inclinant devant la volonté du peuple, à passer tranquillement dix ans à l'étranger ; on devait craindre de le pousser immédiatement dans le camp ennemi; et c'est ainsi que des chefs de parti pouvaient être, loin d'Athènes, bien plus dangereux à l'Etat qu'en restant dans la ville. Il paraissait donc plus commode et plus sur de garder les deux hommes d'Etat, qui devaient se faire mutuellement contre-poids. Le jour où cette décision fut prise fut aussi celui du dernier ostracisme, un jour de malheur pour Athènes, un triste symptôme de la décadence de la vie publique et le signe précurseur d'un avenir désastreux.

Des deux hommes d'État qui recommencèrent alors à mener la lutte des partis, Alcibiade était, comme on le pense bien, le plus actif et le plus énergique. Il réussit bientôt à convaincre ses concitoyens que les derniers succès de Sparte, dont on avait profité pour l'humilier, n'étaient pas durables. En effet, une entente sincère entre Argos et Sparte était aussi impossible qu'entre Athènes et Sparte. A Argos, les deux partis rivaux s'observaient avec une haine féroce, tout prêts à recommencer la lutte. Ce fut Bryas, le chef des Mille, qui donna le signal des hostilités enj^troublant par un

qui sort tout à lait de l'ordinaire et sur laquelle les anciens n'étaient déjà plus d'accord. Zurborg ne parvient pas, cette fois non plus, à ébranler ma pleine confiance en la véracité de Thucydide, à qui fait écho le comique Platon.

298 jusqu'à la. fin d^: l'expédition de sicile

acte d'odieuse violence la célébration d'un mariage bourgeois. La fiancée enlevée par son ordre se vengea en lui crevant les yeux pendant qu'il dormait * ; puis elle chercha un refuge auprès du peuple, qui se souleva en masse contre le militarisme insolent des oligarques et renversa, après qu'il eut duré huit mois, le gouvernement appuyé par Sparte.

Athènes ne prit aucune part à ces événements, mais à Sparte on avait appris à temps la révolution qui s'annonçait ; sur les instances du parti Spartiate, on alla jusqu'à remettre à plus tard la célébration des Gymnopédies, pour pouvoir agir à Argos en temps utile. Mais lorsque les Spartiates apprirent à Tégée qu'Argos était entre les mains du parti populaire, ils s'en retournèrent chez eux, et rien ne put les empêcher de terminer tranquillement leur fête *. Cependant le traité entre les Argiens et les Spartiates n^était nullement rompu ; bien plus, le nouveau gouvernement envoya des ambassadeurs à Sparte pour y demander formellement le maintien de l'alliance ; Argos voulait demeurer dans la ligue péloponnésienne. Mais à Sparte se trouvaient aussi les représentants du parti oligarchique banni, qui se considérait toujours comme la véritable Argos, et qui protesta contre la demande des démocrates. Après de longues négociations auxquelles prirent part aussi les alliés, on se prononça contre le gouvernement nouveau ^ ; les Péloponnésiens devaient, par un effort commun, rétablir à Argos l'ancienne constitution. Mais les alliés n'avaient jamais fait preuve de beaucoup d'ardeur pour de semblables expéditions '', parce qu'ils voulaient que chaque Etat put modifier à son gré sa constitution ; c'est pour cette raison que Corinthe ne prit point part à l'entreprise "\

Les Argiens, après avoir été éconduits à Sparte, durent

1) Pausax., II, 20, 2.

2) Thucyd., V, 82, 1-2.

•'') È/ÔôvTwv TTpIffêïwv aTTÔ T£ Twv £v Tr, 7tô).£i xai Ttov sSw 'Apysi'wv, Ttapôvxwv TE Tta)v $u[i[iâ>;(i)v xai pr,0£vTwv 7io)./wv àç' êxatépuv, s'yvoxiav aôixstv touç £v tt) nôXet (Thucyd., V, 82. 3).

*) Voy. vol. I, p.492.

^) Thucyd., V, 83, 1. Les Corinthiens se comportèrent encore de la même façon plus tard (Xenoph., Hellen., III, 2, 25).

se joindre de nouveau aux iVthéniens pour pouvoir tenir contre Sparte et le parti banni ; on envoya une ambassade à Athènes, et Alcibiade fit consciencieusement ce qu'il put pour que, cette fois, l'alliance fùtplus solide*. Aidé d'un grand nombre d'ouvriers de l'Attique, il dirigea lui-même la construction des longs murs grâce auxquels Argos ne devait plus faire qu'un avec les îles et les côtes qui composaient l'empire athénien^: car, maintenant comme autrefois, une ville entourée de murs et communiquant avec son port était pour Sparte aussi imprenable qu'une île. Les Spartiates firent une invasion et détruisirent une partie des murailles du port; mais la ville elle-même tint bon^ et Alcibiade, pour prévenir une nouvelle défection, fit conduire sur les vaisseaux athéniens trois cents Argiens, partisans de Sparte, pour les faire garder à vue dans les îles. C'est ainsi que, pendant l'été de l'année 417 (01. xc, 4), Argos fut unie à Athènes plus étroitement que jamais, et les anciens alliés d'Argos commencèrent à se remettre de la terreur que leur avait inspirée la défaite de Mantinée.

L'autre région où la paix de Nicias n'eut jamais d'ell'et et où la guerre a\'ait continué sans interruption, était celle des villes chalcidiques, sur la côte de Thrace. Il avait été décidé par le traité de paix qu'Amphipolis aussi bien que les autres villes seraient remises aux Athéniens; mais, au moment de les rendre, on avait fait tant de restrictions que Tintention de créer des difficultés aux Athéniens était manifeste; on semblait s'appliquer à ne jamais faire cesser dans ces contrées les causes d'intrigues et de dissensions. Les villes devaient payer un tribut, mais seulement pour contribuer à la sécurité des mers, et non comme membres de la confédération athénienne; car elles devaient être indépendantes et maintenir pleinement leur neutralité entre Athènes et Sparte ; les Athéniens ne devaient chercher que par la douceur à les faire entrer dans leur confédération; aussi ne devaient-ils jamais leur demander un tribut, supérieur à celui qu'avait établi Aristide^

1) Thccyd., V, 82-84. Le texte original du traité dans le C. I. Attic, I, n. 50.

*) Cf. E. CuRTius, Peloponnesos, II, p. 384. ^) Voy. ci-dessus, p. 192.

300 jusqu'à la fin de l'expédition de SICILE

On voit, en examinant ces dispositions, qu'elles n'ont dû être prises qu'après de longs pourparlers, et que les Lacédémoniens, probablement à l'instigation des Corinthiens, voulaient profiter de cet état de choses artificiel pour garder un pied dans la maison. Le traité de paix distingue deux groupes parmi les villes de la Chalcidique ; d'abordMécyberna, Sané et Singos, qui avaient, il nous est permis de le supposer, une garnison lacédémonienne au moment de la conclusion du traité ; en second lieu, Argilos, Stagire, Acanthos, Solos, Olynlhe et Spartolos '. Parmi ces dernières, Olynthe n'a certainement jamais accédé au traité, et il est problable que les autres ne l'ont pas fait non plus, car il est attesté qu'un certain nombre de villes de la Chalcidique ne s'y sont jamais conformées et sont entrées avec Corinthe dans la ligue argienne *.

La partie septentrionale du territoire de la Chalcidique, celle qui tient à la terre-ferme, avait donc fini par échapperaux Athéniens. Ils avaient cherché à prendre une position d'autant plus forte dans les trois presqu'îles; ils avaient mis une garnison de clérouques athéniens dans Potidée, vainement assiégée par Brasidas ^ ; nous pouvons supposer qu'ils en firent autant à Torone après la prise de cette ville par Cléon *. Scione aussi, qui s'était donnée à Brasidas et que Sparte avait abandonnée dans le traité, fut prise d'assaut par les Athéniens; ses habitants furent mis à mort et la ville donnée à des Platéens ^.

) aTtooôvTwv 'AOrjvaîot; Aaxsîaïaôvioi xai oî $'j[i[xa^ot 'A[j.cp;VoXiv. oTa; 5ï •TTQ^.Et; Tiaploocav AaxsSatjiôvioi 'A6r,vatot;, ÈËIçttio àirtivat oitoi av ßo'jXwvrat «•jTOu; y.ai Ta la-jxtuv e-/ovTa;" xàç ce TtôXctç cpspoOffa; tov çôpov tov Èti' 'Aptffxeiooy a-jTovo[j.o'j; sfvai. clir/.a oï |xt, llintui èittçlpîiv 'AO/iVaioy; [irfiï Toù; l-j[L\}.iyo'j; Ètc\ xaxô), a7ro6t5ôvTwv tÔv çôpov, Inzior^ al <77tovôa\ èylvovTO. eWt ôà acos* "Apyt),©; — Taystpo; Axavôoî Sxw).o; "0),'jvOo; S7tâpT(D>.o;. Çu[X[X!i-/oy; ô'eïvat (irj^STSpwVj (iv^te Aaxeôat[Aùvtwv (xtiTe 'AOr,vai(j)v r^v 5k 'AO/;vaîot TrcîOaxri xàç 7rô).îtç, ßouXo(Aeva; TauT«; £5£<TT(i) ^•jy.y.i-^o\)ç uotEîdOat a-jToù; 'AfJr,va''ot;. Mr,xy6îpvaîou; 5ï xa\ Savaiou; xai -^tyyaîouç oîxetv xà; 7rô),£tç Taç éauTwv, xaôâîtep 'ÛXijvôtot xa\ 'Axâvôtot (Thlcyd., V, 18, 5).

*) Voy. ci-dessus, p. 270.

•^) Thucyd., IV, 135. La clérouchie est mentionnée ailleurs (II, 70). Cf. Kirchhoff, lieber die Tributp/tichtigkeit der Klertichien CAbh. d. Berl. Akad,, 1873), p. 7.

*) Thucyd., V,3. Torone devient clérouchie d'après Kirchhoff, op.ciY.,p. 10.

.^) Thucyd., V, 2, 1. Cf. Kirchhoff, op. cit., p. 8, et ci-dessus, p. 270.

Athènes était donc complètement maîtresse des presqu'îles de Pallène, de Sithonia et d'Akté ' ; le montant du tribut n'était pas très sensiblement diminué, de 12 à 13 talents environ ^ Mais la forte cohésion du territoire colonial de Thrace était détruite, Tautorité de la capitale ébranlée, puisque les villes rebelles pouvaient réussir à la braver. La perte d'Amphipolis était plus grave encore que tout le reste, et la possession de l'embouchure du Strymon par Eïon était une compensation insuffisante.

Comme les villes se voyaient hors d'état de résister à la longue, elles furent obligées de chercher du secours; d'autre part, les Athéniens devaient, eux aussi, chercher sur le continent un appui contre ces mêmes villes, dont la situation donnait lieu à bien des diflicultés.Voilà comment la côte de Thrace fut continuellement le foyer de secrètes menées, le théâtre de guerres incessantes, .une contrée que les flottes athéniennes devaient constamment surveiller.

C'est ainsi que, déjà en 421 (01. lxxxl^c, 4), les villes qui avaient refusé d'adhérer au traité de Nicias ' se joignirent avec les Corinthiens à la ligue argienne: les Corinthiens à leur tour invoquaient des traités qui, disaient-ils, ne leur permettaient pas d'abandonner ces villes; Corinthe, comme métropole, prétendait avoir à remplir certains devoirs, et les villes trouvaient en elle un appui. La conduite peu loyale des ambassadeurs lacédémoniens qui, malgré l'ordre péremptoire des autorités, n'avaient pas livré les villes \ avait accru leur audace. Aussi, peu de temps après, la ville de ïhyssos, situéeprès de l'Athos, fut enlevée aux Athéniens par un coup de main '■",

') ilxiwvaiwv ùï xa\ Topwvaîwv xai SepfxuXîwv xat si' xtva äX>.Yiv TtÔAtv e/oyiiv 'AOovatot, 'AO/jvatov; ßouXoucaOai mp\ a-ji&v xa\ twv aUwv TiôXsiov oxi av ooxri aO-cot; (Thucyd., V, 18, 8j.

^) Les tributs payés par les villes étaient à la cote suivante :

Potidée 6 talents (15 talents depuis la 19« année).

Torone 6 talents (12 tal. depuis la 30« année).

Scione et Thrambos . 6 talents (plus tard 9 tal.) .

Acanthos 3 talents.

Olynthe 2 talents,

3) Thucyd., V, 26, 3. Cf. 30.

*) Thucyd., V, 21.

°) Thucyd., V, 35. Cf. Kühler, Delisch-attischer Bund, p. 177.

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