‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 100 sur 408 · III. — LES ÉCRIVAINS SCIENTIFIQUES · texte numérisé non relu

III. — LES ÉCRIVAINS SCIENTIFIQUES

Au moment où se forme une langue, rapport des écrivains scicntiflqHes est des plus utiles. Chacun d'eux, en obligeant le vocabulaire à exprimer des choses nouvelles, l'exerce et reurichit. Sans compter que ces écrivains sont presque toujours des hommes de volonté ardente et de sensibilité profonde. Le savant est un poète. 11 trouve souvent pour exprimer son idéal, pour racontor ses recherches et ses souffrances, des accents d'une sincérité touchante et éloquente.

NARD PALISSY (1510-1589). — Palissy mérite une place d'honneur dans l'histoire de la volonté et dans celle dos lettres, par ses Discours admirables de la nature des eaux et fontaines ^ etc. Cet ouvrage est celui d'un homme formé par la dure leçon des voyages, des travaux et des soulTunccs. Qui n'a lu le récit de ses expériences laborieuses, quand il cherchait le secret de Vémail ? Mais aussi qui ne s'est étonné parfois que le nom de ce potier soit resté si célèbre? C'est que la gloire de Palissy n'est point d'avoir trouvé un émail, mais de l'avoir cherché scientiflquement, — et surtout d'avoir fait, à propos de ces recherches, des observations qui sont d'un savant de génie.

BufTon et Cuvier l'ont considéré tous deux comme un précurseur des plus grandes découvertes géologiques des temps modernes. — Quant au mérite de Palissy écrivain, il est dans Ténergie et presque dans la violence de son style : il y a de l'héroïsme dans cette prose solide et fière (2).

AMBROISE PARÉ (1510-1590), célèbre chirurgien des armées françaises sous Henri II, Charles IX et Henri 111, a raconté ses campagnes^ en un style simple et clair. 11 réunit ses divers écrits en 1575 sous le titre de : Œuvres diverses de AI. Ambroise Paré, Aujourd'hui, rien de plus naturel qu'un chirurgien expose en français le résultat de ses recherches, ses méthodes d'opération, etc. Mais, à la fin du seizième siècle, c'était une grande témérité. Les médecins parlaient et écrivaient en latin' ; et Ambroise Paré souleva des

(1) Extraits de Claude Fauchet dans les Morceaux choiaiM^ d*E. Talbot, p. 170. CI) Morceaux ehoUig, 2* cycle, p. tib

colères qui scrnblnicnt niors lùgîtim et d'iivoir enriclii iioirc littérnliirc na

Il Tniit donc le loticr de ( îïc cl scienliflquc (1),

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