‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 121 sur 364 · LE JOURNALISME ; CAMILLE DESMOULINS · texte numérisé non relu

LE JOURNALISME ; CAMILLE DESMOULINS

/!> Le second fait, c'est l'avènement du journalisme. Il y avait eu antérieurement des journaux ^ : la puissance du journalisme date de la Révolution. C'est donc ici qu'il faut rechercher de quelle façon l'étonnant développement de la presse en notre siècle a pu affecter la littérature. Je ne prétends pas juger le journalisme en lui-même. Je ne l'envisage que dans son rapport à mon sujet.

Il se peut que, dans les matières d'ordre politique ou social, le journal soit l'expression de l'opinion publique : en littérature, comme en art, comme en fait de finances et dans toute matière trop spéciale pour qu'une opinion générale se forme spontanément, les journaux sont les guides de l'opinion, les porte-parole des écoles, les agents de la réclame esthétique ou commerciale. C'est par leur intermédiaire que les professionnels agissent sur le public. On a beau dire qu'il est impossible de persuader à un individu qu'il a du plaisir quand il n'en a pas : c'est possible ; mais il n'est pas du tout impossible de lui persuader qu'il faut avoir du plaisir, sous peine d'être un imbécile. Et il est très facile de lui persuader qu'il doit lire ce livre, voir cette pièce, de l'induire à connaître, et surtout à ignorer. Combien y a-t-il de gens qui, réellement, ne font pas dépendre leur jjlaisir ou leur désir de la mode : et la mode, à qui la demandent-ils? à leur journal. Le journal est le véritable héritier de la puissance des salons, pour la direction du goût littéraire.

Voici un second et plus grave effet de la même cause :

-- Journal encyclopédique, MM. Rousseau, Castillon. à Paris, et Castillon, à Bouil- 1 )n. les deux frères. — Journal du commerce, M. (N). — Gazette du commerce. M. (N). — Gazette comestible, M. (N.). — Avant-Coureur, M. de Lacombe. — Journal des dames, MM. Mathon de la Cour et Sautreau. — Journal ecclésiastique, n. l'abbé Dinouard. — Aucun de ces journaux n'était quotidien. La Gazette de France ttait hebdomadaire, le Mercure mensuel. — A consulter : E. Hatin, Histoire de la presse française, 1859-1861, 8 vol. in-8 ; Bibliographie hist. et crit. de la presse française, 1866, in-8.

INFLUENCE DE LA RÉVOLUTION SUR LA LITTÉRATURE

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