L. III. ch. vil
l'on a décidé que depuis Condillac on ne peut faire un pas de plus sans s'égarer > Voici Cousin même introduit par ce dernier article. Ainsi révolte générale de l'individualité contre les règles qui la compriment et les formules qui la contrarient : nous sommes en pleine insurrection.
Le rêve de Mme de Staël, c'est une littérature européenne, un concert où chaque nation apporterait sa note originale, un commerce aussi où chaque nation s'enrichirait de ce qu'elle ne saurait produire. Le passage est curieux, d'autant qu'il relie V Allemaone a l'idée maîtresse de la Littérature :
« Les nations doivent se servir de guides les unes aux autres, et toutes auraient tort de se priver des lumières qu'elles peuvent mutuellement se prêter. 11 y a quelque chose de très singulier dans la différence d'un peuple à un autre ; le climat, l'aspect de la nature, la langue, le gouvernement, enfin surtout les événements de l'histoire, puissance plus extraordinaire encore que toutes les autres, contribuent à ces diversités ; et nul homme, quelque supé rieur qu'il soit, ne peut deviner ce qui se développe naturellement dans l'esprit de celui qui vit sur un autre sol et respire un autre air : on se trouve donc bien en tout pays d'accueillir les pensées étrangères ; car, dans ce genre, l'hospitalité fait la fortune de celui qui reçoit ^. »
Le conseil était bon et pratique : nous nous en sommes aperçus plus d'une fois en ce siècle, nous autres Français. D'une façon générale, les grands courants de la littérature au XIX*-' siècle ont été des courants européens.