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ORIGINES ET INFLUENCES DÉTERMINANTES

Les origines du romantisme nous sont déjà partiellement connues. Nous avons vu, à travers le XVIII® siècle français, croître l'individualisme, sous la double forme d'expansion sentimentale et d'amour de la nature. Nous avons noté, dans la société du temps, des indices d'exaltation passionnelle, et de dépression mélancolique ; nous y avons vu se faire la liaison des images du monde extérieur et des dispositions intimes de l'âme. Nous avons vu, en deux maîtres de la langue, en Rousseau et en Chateaubriand, ces deux grandes tendances se déterminer, et de l'un à l'autre, les facultés discursives, le raisonnement, les idées s'atténuer, l'émotion grandir et la puissance poétique. Nous avons saisi, sous la superstition des règles et la routine du goût, des curiosités, des tentatives qui ne se rapportaient plus aux modèles classiques ; et Mme de Staël, avec un style tout classique, nous a fait la théorie d'une littérature romantique. Tous les sentiments romantiques ont été éprouvés, essayés au XVI II® siècle, non pas à la fin seulement, mais à travers tout le siècle. On peut dire que le romantisme sentimental s'est révélé en grande partie avant la Révolution. Ce qui reste à découvrir et surtout à

ses actes (d'où il perd vite la faculté d'agir), et ne peut exprimer aucune pensée qui ne la contienne (d'où la pente rapide vers le lyrisme).

2. Il faut noter que les classiques et les romantiques ne distinguent "' les uns ni les autres Boileau de Voltaire et Voltaire de Viennet : les classiques du siècle se croient les représentants de l'art de Racine, et les romantiques jugent nécessaire de démolir Racine pour écraser Étienne de Jouy.

LE MOUVEMENT ROMANTIQUE

réaliser, c'est le romantisme artistique. C'est la forme convenable à cette matière nouvelle. Le XVIII^ siècle ne réussit pas à libérer sa sensibilité des habitudes intellectuelles et des habitudes de style que l'esprit classique avait formées. Et naturellement, le sentiment, lorsqu'il put se donner la traduction verbale qui lui convenait, en fut renforcé, multiplié, renouvelé. Des états impossibles à concevoir, tant que dura la langue classique, apparaissent dans l'expression romantique ^.

Aux origines françaises se joignent les origines étrangères Ces Influences, dont j'ai marqué précédemment le progrès jusqu'aux approches de la Révolution, se sont depuis trente ans précisées, étendues ; des œuvres considérables ont pénétré chez nous, apportant une force nouvelle aux Instincts romantiques. L'Angleterre a eu Byron, comme Chateaubriand désolé et voyageur, pathétique et pittoresque, mais de plus ironique, satanique, et surtout poète en vers ; elle a eu Walter Scott, qui, rejetant le costume épique et les sujets antiques, vulgarisait toutes les nou-

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