‹ Histoire intérieure de Rome jusqu'a la bataille d'Actium. Tirée des Roemische Alterhümer de L. LangeChapitre 66 sur 175 · IV. 2oj OCTAVE, nÉlUTIER DK r.ÉSAlt S · texte numérisé non relu

IV. 2oj OCTAVE, nÉlUTIER DK r.ÉSAlt S

la popularité d'Octave, aux jeux Appollinairos de juillet*. Les jeux furent donnés par M. Brulus alors absent de Rome ''; Brutus avait espéré que le peuple profiterait de cette occasion pour manifester son enthousiasme en faveur des conjurés. Les espérances de Brutus furent déçues, le peuple applaudit surtout les jeux célébrés en l'honneur des victoires de César [hidi victorise Cœsaris); cependant on avait encore refusé d'y laisser fig-urer la sella aurea^ En même temps apparut dans le ciel une comète ; le peuple considéra cette apparition comme une preuve que César était devenu dieu ; Octave exploita ces sentiments populaires et fit élever à César, dans le temple de Vénus Genetrix, une statue d'airain; au-dessus delà tête il plaça une étoile\

Octave avait gagné jusqu'aux officiers de la garde d'Antoine; ces derniers firent une démarche auprès d'Antoine pour lui demander de faire droit aux réclamations d'Octave \ Voilà pourquoi au mois d'août Antoine se vit obligé de s'expliquer avec Octave ^ de témoigner hypocritement de ses loyales dispo. sitions à l'égard du sénat et de la mémoire de César; voilà pourquoi il convoqua, nous l'avons déjà dit, le sénat pour le l'"" septembre : on devait y voter une résolution sur de nouveaux honneurs à accorder à César. M. Brutus et C. Cassius, qui, malgré le décret cité plus haut, n'avaient pas quitté l'Italie et avaient publié un édit' pour annoncer qu'ils renonçaient à leurs fonctions afin de faciliter la paix, et resteraient éloignés de Rome^ Brutus et Cassius écrivirent à leurs amis

^)App,, /-. <■., :i, 24.

•-) Cic, AU., lô, 10. 15, U. -1. 15. 12, 1. 15, 18, 2. 15, 2(), 1. 15, 2S. 15, 29, 1. 1(3, 1, 1. 10,2, 8. 10,4, 1. 'i. 10. 5, 1. /'////., 1, 15, MO. 2, 13, 31. 10, 3, 7. Plut., Brut., 21. App., h. c, 3, 23 et seq. Dio C, 47, 20 se li'ompe .

^) Dio C, 45, 0. App.. b. r., 3, 28. Nie. Dam., 28.

*) Dio C, 45, 7. Suet., Cxs., 88. Aug., 10. Obseq., 08. Cf. Ovid.. Met., 15, 745 et seq., 8i3 et seq. Verg., crt., 9, 47 et les sciiolies de Servius.

") App.. b. c, 3, 29. 32 et seq. Nie. Dam., 29,

6) Dio C, 45, 8. App., b. c, 3, 39. Nie. Dam., 29. Plut . AiiL, 10.

•) Cie., Fam., 11, 3, 3. Att., 16, 7, 1.7. Ad Unit., 1. lO, 4. Phil., 1, 3, 8. Vell., 2, 62. Dio C.,47,20.

8) Cf. Cic., Phil., 10, 4, 8.

d'assisler à cette séance du sénat dans Tintérèt de leur parti'.

Cicéron suivit le conseil de ses amis et revint à Rome pour la circonstance. Il s'était éloigné quelques jours après l'assassinat de César, au momentoùTon commençait les jeux de la Grande- Déesse-, par conséquent après le 3 avriP ; comme Brutus et Cassius, il n'avait pas osé revenir le l-^"" juin; ensuite, sur sa demande \ Dolabella l'avait choisi pour l'accompag-ner en Syrie en qualité de lieutenant^ ; il avait séjourné en Grèce ^ réalisant un désir qu'il avait formé depuis longtemps, et avait été voir son fils qui étudiait à Athènes '. La nouvelle attitude d'Antoine, les invitations de Brutus et de Cassius le décidèrent à revenir pour le l"" septembre ^ Prétextant les fatigues du voyage, il ne parut pas au sénat ce jour-là; dans cette séance le sénat vota, sur la proposition d'Antoine, le décret en l'honneur de César ^; Antoine se plaignit au sénat de l'absence de Cicéron et menaça de faire raser sa maison s'il ne venait pas' °. Il vint à la séance du 2 septembre; Dolabella présidait", Antoine était absent'^ : il prononça contre Antoine le premier de ses discours qui formèrent plus tard le recueil des Pliilippiques^'^. Craignant les vengeances d'Antoine'% décidé ànepas se poser en adversaire déclaré '% Cicéron parla avec une certaine modé-

') Cic, Att., 10, 7, 1.

'-) C\c.,Att., 14, 2, 1. H, 3, 2.

3) Cf. C\c., Ait., 15. 15. 3.

*) Cic, AU., 15,8. 1.

^j Cic, AU., 15, 11. 4. 15, 18, t. 15. 10, 2. lo, 2U, 1. 15, 29, 1. PhU., 1,2,6. Plut., Ck., 43.

6) Cic, AU., 10, 0, 1. Fam., 7, 19. 20.

") Cic, Af^, li, 7, 2. 14, 13, 4. 14, 10, 3. 14, 18, 4. 15, 21. 3. 15, 23.

«)Cic.,A«., 16,7. Fum., 12, 25. 3. Ad Brut., 1, 15, 5. 1, 10. 4. /'////., 1, 3. 2, 30, 76. Plut., Cic.,. 43. Cf. Dio C, 45, 15. 40, 3.

') Cic, Phil., 1, 6, 13. 2, 43, 110.

1") C\c., Phil., 1, 4, 11 et seq. 5, 7, 19. Plut., Cic., 43.

") Cic, Phil., 1, 11, 27. 1, 12,29.

'-) Cic, Phil.. 1,7, 10. 1, 13, 31.

*3) Cic, A'/ Brut., 2, 4, 2. 2, 5, 4. Plut.,C/c., 24. 48. App., h. c, 4, 20.

*') Cic, Att., 14,13, 2.

<■-■) Cic, AU., 14, 13 B. 14, 20. 5. 15, in, 2. 15,8, 1. 10, 3, 1. Fam., 11, 5, 2. 16, 23, 2. Phil., 1, 4, U. 1. 11, 27.

IV, 25] OCTAVE, IlÉlilTlICK DE CÉSAR 573

ration* et dévoloppa un programme politique qu'Antoine eût (lu approuver, si sa conversion avait été sincère. Cicéron se plaça sur le terrain de la légalité, admit en principe que l'on devait respecter les actes de César-, etpartit de ce principe pour attaquer la loi judiciaire et la loi sur l'appel, qui n'étaient pas encore votées; il termina en invitant solennellement les consuls à changer de politique \

Antoine fut très mécontent; les relations de Cicéron avec Brutus et Cassius\ les efforts qu'il avait faits pour entraîner Dolabella% ses rapports avec Octave l'avaient déjà fort indisposé contre le grand orateur''' ; Antoine convoqua le sénat pour le 19 septembre afin de répondre à Cicéron : il composa pour la circonstance un discours très soigné dans lequel il lit éclater toute sa colère \ Cicéron particulièrement invité à celte séance, ne s'y était pas rendu. Antoine, dans son discours, avait qualifié Cicéron d'inspirateur moral de l'assasssinat de César ^; Cicéron fut dès lors convaincu qu'il venait d'engager contre Antoine un duel à mort". Nous ne.pouvons pas dire si Antoine songea dès ce moment à faire périr Cicéron^". Cicéron le crut et quitta Rome où l'opinion lui était manifestement hostile ''. En publiant le pamphlet qui porte aujourd'hui le nom de seconde Philippiquc'-, Cicéron rompit le pont qui pouvait encore le rapprocher d'Antoine. Ce pamphlet est la réponse au discours prononcé par Antoine dans la séance du ^ÎJ'^

Confiant dans la force armée qui l'entourait et dans les légions qui venaient de débarquer à Brundisium, Antoine jeta de nou-

')Cr. Cu\. rhil , 2, 3, (3. 5,7, 19.

-) Cic, PhlL, 1, 7. 10 et seq.

^) Clc, Phil., 1, II, -21 el seq.

*) Plut., Ck:, i:-..

') Cic, AU., 14, 17 A.

°) Cic. P/i(7.,l, 11, 27.

0 Cic, Fam., 12, 2, 1. 12,25, 4. Phil., 5, 7, 19. 2, 17, 42. "jCic. Phil, 2, 11 el seq. Fam., 12, 2, 1. 12, 3. Cf. DioC, 45, 41.46,2. 46, 22.

«) Cic. u'i Brut., 1, 15, 6. Cf. Cic, Alt., 14, 3, 2. '») Cic, Fam., 12, 2, 1. 12, 25, 4. Phil., 5, 7, 19. 3, 13, 33. ") Cf. Cic, Att., 16, 8-15.

'OCic, Atf., 16, 11, 1.

'3) Cic, Phil., 2, 43, 110.

574 LA DISSUIJ TION DE LA ItÉPUIîLlQUE [IV, 2o

veau lo masque. 11 avait refusé d'ajouLer aux jeux romains un cinquième jour en l'honneur de César'; pour gagner les vétérans et leur prouver qu'il n'avait pas renoncé à l'idée de punir les meurtriers de César, il fit élever à ce dernier une statue sur les Rostres ayccVinscv'n^tion paroiti opt/me ?7îento-; dans une assemblée convoquée par Ti. Cannutius, le 2 octobre, il qualifia de traîtres les assassins de César et même Cicérone II voulut donc se réserver pour lui seul le mérite de poursuivre ces assassins; pour cela il fallait écarter Octave; il imagina donc de répandre le bruit qu'Octave avait voulu attenter à ses jours; l'accusation ne produisant pas l'effet espéré, il n'osa pas la porter devant les tribunaux'. Il quitta Rome le 9 octobre" pour aller recevoir les légions à Rrundisium; il avait déclaré auparavant que, même après son consulat, il resterait dans les environs de Rome avec son armée, et traiterait la ville comme il l'entendrait ^

Menacé décidément par Antoine \ Octave résolut d'opposer la force à la force ; il se rendit en Campanic pour gagner à sa cause les vétérans de César, surtout ceux de la YI1° et de la VHP légion * ; il leur avait déjà envoyé des agents pour les prévenir de ses intentions ^ Il donna à chacun 500 deniers (2,000 serterces) ; il eut bientôt un corps de 10,000 soldats (evocati), qu'il amena dans les environs de Rome avant le retour d'Antoine '". Pendant qu'il négociait avec les vétérans,

») Cic, Phil., 2, 43, 110.

^) Cic, Fam., 12, 3, 1.

3) Cic, Fam., 15, 3, 2. 12, 23, 3.

*) Cic, Fam., 12, 23, 2. Suet., Aug., 10. App., b.c., 3, 39. Nie. Dam.,

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