‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 259 sur 384 · S. IL ECRITS QU'ON LUI ATTRIBUE · texte numérisé non relu

S. IL ECRITS QU'ON LUI ATTRIBUE

Pierre des Noels croit sans nulle difficulté devoir Bon. 27. mai. p. donner à S. Eutrope, dont nous venons de faire l'éloge, les écrits' queGennade dit avoir été composés par Genn. nt. w. c. un Prêtre de même nom. Ce sont deux letres qu'Eutrope avoil écrites en manière de livres de (•(insolation, à deux sœurs qui a voient renonce au monde pour se consacrer entièrement au service de J. C. et que leurs parents pour cette raison avoient déshéritées. Ee style de cet ouvrage , ajoute Gennade, est clair et élégant ; et Eutrope y joint le raisonnement à l'autorité des Ecritures.

Nous avons parmi les ouvrages faussement attribués Hier. t. 5. p. 33à S. Jérôme une assez longue letre sur le même sujet ; et *' il n'y a pas lieu de douter que ce ne soit un des écrits d'Eutrope , quoiqu'elle soit sans nom d'auteur. Du reste on y trouve tous les caractères que Gennade vient de marquer.

Elle est adressée aux filles de Géronce, pour les porter p. 33. à mépriser leur héritage, 'dont elles avoient été privées p. 34. pour avoir pris le parti de suivre Jésus-Christ. L'auteur y p. 34. 30. emploie et la force du raisonnement et grand nombre de passages de l'Ecriture, pour exhorter ces Vierges Chrétiennes à souffrir Chrétiennement l'injustice que leur faisoit Géronce ; 1rs assurant que le Seigneur seroit lui-même leur héritage.

D'abord il ne paroît pas grande difficulté à donner cet ouvrage à S. Eutrope Evêque d'Orange. Car bien que 'Gennade ne qualifie cet écrivain que simple Prêtre, on Genn. ibid. pourroit croire aisément que le mot Presbyter qu'il emploie . se seroit glissé dans cet article' pour celui de Pon- c. 63|not. p. 29 tifèœ. La même chose est arrivée dans l'article de S. Eu-

0 0 o ij

\ SIECLE

m S. EUTROPE EVÊQUE D'ORANGE.

cher Evêque de Lyon, qui par cette erreur ne se trouve avoir que la qualité de simple Prêtre', d'ans presque tous les imprimés du même Gennade.

Néanmoins ta lecture de l'écrit dont il est ici question , ne permet pas qu'on en croie auteur le S. Prélat . donl Hier. t.». p. 35. nous pari on?. La raison en est sans réplique.' Il est visible que cet écril Put composé, torque S. Patalih de Noir él Thérasie sa femme ne faisoient que de renoncer au monde \ et qu'ils vivoient encore l'un cl l'autre. Ainsi ce fui ou à la lin du IV siècle, ou dans les premières années du siècle suivant, que cel éCril parut au jour pour la première l'ois, et par conséquent lorsque S. Eutrope d'Orange n'étoit peut-être pas encore au monde. 11 n'y a donc nul fondement pour lui attribuer cet ouvrage, qui nous paroît le même que celui donl Gennade fait mention.

Mais il y en a , ce semble , un suffisant, pour croire que le Prêlre Eulrope, dont parle cet écrivain, étoit Gaulois. Gar outre que ce nom étoit alors assés commun dans nos Gaules, comme on l'a pu remarquer dans le cours de cette histoire , cet Eutrope parle de S. Paulin , né à Bourdeaux ainsi qu'on l'a vu , comme le connoissant personnellement, et comme étant du même pais. ' Bailleurs le rang que lui donne Gennade selon Tordre chronologique , en le plaçant immédiatement après S. Paulin , et l'observation que nous avons si souvent faite sur ce que les Ecrivains dont parle Gennade, sont Gaulois pour la plupart, concourent merveilleusement à appuier nôtre opinion.

S. VERAN,

EvÈQEE DE VeXCE.

Genn. vir. ni. c. 'n aint Veran étoit fils de saint Eucher Evêque G3- & de Lyon , et frère de saint Salone Evêque de Ge-

nève , desquels nous avons parlé. En faisant l'histoire de ce dernier , nous avons fait par avance celle de saint Veran , au moins pour la plus grande partie. 11 y a cependant cette différence entre les deux frères , que nous sçavons beaucoup plus de choses de l'Episcopat de saint Veran, que de celui de S. Salone; et qu'au contraire nous

Genn. c. 19.

s. veran . evêqi E de vence, m

a\ mus plus de connoiasance de l'éducation de S. Salone . que de celle de S. Veran. Mais nous devons juger qu'elle lui la même, comme étant fils d'un même père, qui ue

prenoil pas ins de soin pour l'un que pour l'autre.

Ainsi il ii y a pas lieu de douter que S. Veran n'ait été élevé à Lerins sous la discipline de S. Honorât, et des autres grands hommes qui 3 brillerenl après les commencements de ce V siècle, tant par l'éclat de leur vertu, que par la réputation de leur sçavoir. En effet ' l'Eglise de Ven- i*rin. p ce dont il l'ut Evêque, tient qu'il avoit été moine de Lerins, al disciple de S. Hilaire d'Arles; el un ancien catalogue des Saints qui sont sortis de ce désert, y met S. Veran Ëvêque de Vence. De même,' Salvien, qui très-pro- Sair.ep. s.p.m bablement fut aussi moine à Lerins. recorinoît pour ses disciples les deux flls de S. Eucher, et témoigne espérer qu'ils reconnoîtront la peine qu'il a prise de les instruire, par leur intercession pour lui auprès de Dieu.

Outre ce qui est commun à nôtre Saint avec son frère, comme nous l'avons déjà rapporté,' Ton trouve que l'E- çonC.i.4j>.i038j vèque Veran écrivit à S. Léon, et qu'il en reçut réponse. ,,' i;.,.' Il y est qualifié chef de la province d'Embrun où est Vence ; et il y est dit qu'il ordonna l'union des Eglises de Cémele et de Nice dans la même Province. En 4G3, ou 464 ' le Conc. îbid. Pape Hilaire écrivit aux Evoques des Gaules, entre lesquels p' étoit Veran , ' à qui le même Pape avoit écrit en parti- p. 1046. culier, comme il marque, pour sommer de sa part S. Mamert de Vienne , de ne plus entreprendre sur l'Eglise de Die. ' Le même Pape commit encore à Léonce d'Arles , p. 1038. et aux Evêques de Veran et Victure le jugement de quelques affaires, qui regardoient Ingenuus d'Embrun, Métropolitain de Vence et de Nice. C'étoit à l'occasion des plaintes d'ingenuus contre les entreprises d'Auxane , que Ton croit avoir été Evêque d'Aix , et qui avoit ordonne un Evêque à Nice ou à Cémele , afin que ces deux Eglises eussent chacun le leur , contre le décret du Concile , qui avoit réuni ces deux Sièges.

'S. Veran paroit avoir été comme le chef du Concile rai. aa. p. rao. tenu sur cette affaire : ce qui semble un peu surprenant. Mais c'étoit peut-être ou son ancienneté ou son mérite qui lui avoit donné ce rang , soit par commission , ou par concession , soit au défaut du Métropolitain malade , ou

\ S1ECLI

«7S s. VERAN, EVÊQUE DE VENCE.

occupé à d'autres affaires. <>n peul juger par-là h <!<• l'es-* lune <|u i l'on faisoit de S. Veran tanl à Rome que dans les Gaules . e1 du zélé qu il avoit pour le maintien de la discipline ci des canons. Il n 'en avoit pas moins pour maintenir la pureté de la foi , comme il paroîl par la letre qu'il écrivit avec S. Salone el Cérece au Pape S. Léon, comme on l'a vu ailleurs plus en détail.

conc. ibid. L'Evêque Veran et les autres Prélats de la province

adressenl au même Pape , au sujet de la réunion des di u\ Eglises de .Nice et de Céraele, des relations auxquelles il lit

Tiii. ibid. réponse Mais nous n'avons point ces pièces/ qui nous

fourniroieni sans doute de grands éclaircissements, si elles étoienl venues jusqu'à nous.

conc. ibid. p. 104*. si S. Veran est' l'Evoque aérien qui se trouva au fameux Concile d'Arles tenu en 475 sur l'affaire du Prêtre Lueide , il sera certain que ce Prélat aura vécu au moins jusqu'à ce temps-là. Du reste on ignore l'année de sa mort.

Le,in- ibid- ' L'Eglise de Vence honore sa mémoire le 9e ou le 10e jour

de Septembre , et conserve son corps dans un tombeau de marbre.

Nous avons parlé par avance des écrits de S. Veran , lorsque nous avons traité de ceux de S. Salone , parce qu'ils sont communs l'un à l'autre.

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