S. MAMERT
siéme. Celles pour chacune des autres heures de chaque jour, sont marquées el de l'Evangile et des Epitres des Apôtres, excepté pour noue, à laquelle au lieu des Epi- Ires des Apôtres, on prescrit le livre entier de Tobie pour le premier jour, le livre entier de Judith pour le second, et If livre aussi entier d'Esther pour le troisième ; après quoi on lisoil l'Evangile comme aux autres heures de tierce et de sexte , niais non point à matines. La leçon de l'Evangile est différente à chacune des heures de chaque jour, et beaucoup plus longue qu'elle n'est ordinairement aux messes d'aujourd'hui.
Wit.rog. p. 136. '11 est certain que ce fut S. Mamert qui régla lui-même les pseaumes que l'on chantoit à la cérémonie des Rogations, et les prières que l'on y devoit réciter. 11 est encore certain que le même ordre qu'il avoit preserit, s'observoit encore par tout le monde, c'est-à-dire par toutes les Eglises où cette sainte pratique s'étoit établie environ 50 ans après S. Mamert , comme le témoigne S. Avite.
Tin. h. !■;. t. ig. 'Néanmoins quelques Sçavants n'osent pas assurer, que tout ce que nous venons de marquer de l'ancienne liturgie de l'Eglise Gallicane sur les trois jours des Rogations, vienne de S. Mamert. Au moins il est bien visible que ce n'est pas entieremement le même ordre qu'il avoit prescrit; puique S. Avite y marque des pseaumes , et que la liturgie n'en prescrit aucun. 11 paroît même que S. Mamert s'étoit borné à régler les prières qui éloient simplement nécessaires pour occuper les Fidèles durant la cérémonie publique, c'est-à-dire durant la procession et la station oui l'accompagnoit.
Mais, si l'on n'a aucune raison pour assurer que cet ancien ordre des prières publiques soit de S. Mamert , nous croïons aussi que l'on ne peut pas raisonnablement lui re-
Ëmis. nom. â4.pfJ fuser ' l'Homélie sur les Litanies, ou Rogations, qui est la
diiVm'fib: l'.i.v. 24e entre les 56 qui portent le nom d'Eusebe d'Emese. ' M. Dupin avoue qu'elle lui convient parfaitement bien ; et les principaux caractères de cette Homélie confirment ce
mis. p. 28i. 2. sentiment. En effet' elle a été prononcée devant un peuple déjà accoutumé à célébrer la cérémonie des trois jours des Rogations , afin de l'exhorter à assister avec une nou- 282.1. velle ferveur à cette même solennité qui approchoit. ' El-
le a été prononcée en un temps , où tout le païs trembloit
I \ I iiUE DE V [ENN E. . v Sll
à la vue (l'une Nation étrangère Ires-puissante, qui cependant aïant conquis le peuple qui éceutoit ce Sermon , l'avoii traité avec toute la modération donl auroienl usé les Romains mêmes, quoiqu'elle lut regardée comme une Nation barbare; 'qui aïantsçû se rendre victorieuse, n'avoit *. poinl -en devenir ennemie ; qui après sa victoire avoil laissé ses vaincus dans leur première liberté, et dans toute la tranquillité dont ils joûissoient auparavant. ' C'est ce que » -• L'Auteur de l'Homélie marque, comme -'étant passé depuis peu; et en quoi il l'ait observer au peuple à qui il parle, les effets de la miséricorde de Dieu. 'Il lui expose que i. c'esl a ces sortes de prières qu'ils avoienl déjà laites, et aux secours des Saints qu'ils avoient invoqués , qu'ils sont redevables ' de ce que Dieu avoit inspiré aux victorieux tant 2. de douceur pour leurs vaincus, et de ce que bien loin de les livrer cruellement à tant de maux qui les menaçoient, il s'etoit contenté de leur avoir procuré une humiliation salutaire.
Or tous ces traits ne peuvent convenir qu'à la Ville de Vienne et à S. Mamert son Evêquè. Cela est certain pour ce qui regarde les Rogations, que nous ne voïons point avoir été encore établies ailleurs en ce temps-là , si ce n'est à Clermont en Auvergne , à qui l'on ne peut pas appliquer les autres particularités. Il n'est pas moins certain que les autres circonstances ne conviennent qu'à la Ville de Vienne, ' qui sous l'Episcopat de S. Mamert passa tui. Und. p.ni| aux Bourguignons, plutôt par la concession des Romains, r.'ïiG.' que par le droit de la guerre. Les Bourguignons en étant les maîtres, lui conservèrent son ancienne liberté avec tous ses autres privilèges, et en firent la capitale de leurs Etats.
Il doit donc passer pour constant, que l'Homélie dont nous parlons est de S. Mamert de Vienne.' Il y marque Emis. p. 2&>. i. d'une manière fort touchante les motifs de ces prières publiques. » Nous y prierons le Seigneur, dit-il, de nous « délivrer de nos infirmités , de détourner ces fléaux de « dessus nous , de nous préserver de tout malheur , de nous « garantir de peste, de grêle , de sécheresse , et de la « fureur de nos ennemis , de nous donner un temps face vorable pour la santé du corps , et pour la fertilité de la «terre, de nous faire jouir de la paix et du calme, et de
186 s. MAMERT , EVÉQUE DE VIENNE.
V SIECLE
«nous pardonner no9 péchés. Quiconque secroil exemtde «toutes ces calamités , ajoûte-t-il , peut ne pas prendre pari ((à ces prières communes. »
Da Pin, ibidi Emis. 'M. 1 Mi Pin juge m11' l'Homélie sur la pénitence des Nijm.1' "J '' invites , qui suil immédiatement la précédente dans le même Eusebe d'Em se, paroi! être aussi l'ouvrage de S. Mamert. Bile a en effet tout l'air et le style de celle qui i M sur les Rogations. I /auteur y combat on particulier l'erreur dos Novatiens sur la pénitencce. Il peut y avoir dans le même recueil quelques autres Homélies de S, Mamert; mais nous n'avons pas la présomption d'entreprendre d'en faire le discernement.