‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 269 sur 384 · op. 11. p · texte numérisé non relu

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de envers auir - anus illustres, pour j prendre son, lu ment dans le premier voiage qu'il (Il à Bourdeaux. [lé avoient lié entre-eux une amitié fort étroite, el B'ecri-

voient souvent l'un à l'antre Lampride le faisoit quelque- ... fois en vers, afin d'inviter Sidoine à lui répondre de même; "' '' '"' et il este encore nue letre de ce dernier en ce genre

de style poétique.' Comme Lampride en plaisantant avec v 1073.1 ., ses amis, avoil donné à Sidoine le nom de Phœbus, Sidoine par représailles lui avoil donné celui d'Odrysius, ou Orphée, à cause de la douceur d< ses vers*

Entre les Poètes qui vivoieni alors dans les Gaules, i.9.cp.i3.p.uio. Léon .Ministre du RoiEuric passoil pour le premier; mais on donnoit le second rang à Lampride, qui se distinguoit car.o. v.sn. sur-tout par son feu el sa> vivacité. ' Il étoit un de ces i.9.ep.i3.p. 1110. quatre Poêles célèbres, que l'Empereur Majorien assem- ,lli" bla en i(>i dans une Ville des Gaules» et <jui compose* ivnt à l'envi chacun un poëme sur un ouvrage de Pierre Secrétaire de ce Prince. C'est ce que nous avons rapporte ailleurs plus au long, en remarquant que de ces quatre poèmes, il ne nous reste plus que celui de S. Sidoine.

Dans le second voïage que ce Prélat lit à Bourdeaux i.8.ep.9.p.io68.| en 476, pour aller trouver le roi Euric. et lui deman- ftîVi^p.m d r la fin de son exil, ' il y reçut une letre de Lampri- sid. ibu. p. 1067. de, qui se plaignoit de son silence, et le prioit en vers de i("'slui répondre aussi en vers. S. Sidoine lui écrivit au boni de deux mois, que l'état de ses affaires ne le mettoit pas fort en humeur de faire usage de sa Muse ; n'étant pas aussi heureux que lui à être bien auprès du Roi, et à s'enrichir de ses bienfaits. 11 lui lit néanmoins un petit poëme, où il décrit ions les Peuples au pied d'Euric pour lui demander ou sa miséricorde, ou son amitié, ou son secours, s'ils ne pouvoient obtenir autre chose.

'Lampride vèquit au moins jusqu'en l'année 479, qu'il ep. n p. 1073.

lui étranglé misérablement dans sa propre maison par

ses gents. S. Sidoine son ami fui très-sensiblement affligé

d'une mort si funeste. ' Ce qui le touchoit le plus, c'est p. 1078. 1079.

qu'il sembîoit que ce genre de mort fût une punition de

la curiosité sacrilège de Lampride, qui s'étoit fait faire

autrefois son horoscope par des Astrologues Africains ;

ceux de cette nation étant plus portés que les autres à

ces folies. Ils lui avoient prédit que le jour du mois et

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de l'année qu'il mourut, seroil pour lui un jour climatérique et sanglant. G'esl ainsi, dit S. Sidoine, que tous ceux qui sont assez téméraires pour vouloir pénétrer dans des secrets, qu'il ne leur est pas permis de rechercher, méritent qu'on leur prédise les malheurs dont leur curio* site criminelle les rend dignes. Et ce qui est <'!in,p; plus déplorable, c'est qu'ils sonl en grand danger d'abandonner la foi catholique. Ces dernières paroles de S. Si-

TM.ibid. p. 271. doine ' font craindre que Larapride n'eût le malheur d'en*» brasser l'Arianisme, lorsqu'il entra sous la domination «les Goths, qui étoienl alors les maîtres de Bourdeaux.

sm. ibid.p. 1076. Cela n'empêcha pas que S. Sidoine ne pleurât ame* rement sa mort, comme celle d'un intime ami, et qu'il ne consacrai à sa mémoire une espèce d'Oraison funèbre dans une de ses letres à Loup, autre homme de letres, et de ses amis comme Lampride. Suivant le portrait qu'il nous en a tracé dans ce monument. « Lampride n'étoit « pas sans défauts : mais ses bonnes qualités l'emporloient « au-dessus. 11 étoit prompt à se mettre en colère pour le « moindre sujet ; niais c'étoit moins l'effet d'un fonds de « malice, que de la vivacité de son tempérament ; et d'ail- « leurs les saillies de sa colère étoient sans suite. Quoiqu'il « constant dans ses desseins, il étoit néanmoins inébran- « lable dans sa fidélité envers ses amis. 11 étoit peu sur ses « gardes, parce qu'il ne se déficit de personne; et se croïoit o toujours en sûreté , parce qu'il n'étoit point malfaisant. » Quelque ennemi qu'il eût, il ne médit jamais de lui; et » cependant il n'eut presque point d'amis qui fussent à cou- » vert de ses reproches et de ses railleries piquantes. Il » étoit d'un abord difficile , mais fort affable , quand on » l'avoit une fois abordé. On le souffroit néanmoins avec » ces défauts, et l'on n'avoit pas lieu de le regreter. »

p. io76. 1077. ' De la personne de Lampride , S. Sidoine passe à ses

écrits , dont il ne nous reste plus rien. Ses pièces de prose , dit-il , étoient vives, exactes , régulières , et ses poèmes polis, tendres, ingénieux. Il n'y a point de genre de

P. io77. poésie dans lequel il n'excellât. ' Il y faisoit même paraî-

tre des beautés comparables à celles d'Horace et de Pin-

p. 1074. io7o. dare. ' Il avoit sur-tout un talent particulier pour les vers

1077, lyriques , l'élégie , la tragédie , la comédie , la satyre , et

l'épigramme. De sorte que S. Sidoine ne fait pas difficulté

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