‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 295 sur 384 · V SI !.. I I · texte numérisé non relu

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chaste, illustre en toutes sortes de bonnes qualités, <t gouverne-il la Ville de Trêves avec une grande sag< 11 avoit de la bonté el de la politesse, el faisoit parottre une ame élevée au-dessus îles grandeurs du siècle.' 11 avoil m. uwl p même de L'éloquence; et semblable à César, et à ces au- 9M" ir - Capitaines Romains, qui sçavoient manier également la plume et l'épée, il conservoit la pureté de la langue Latine au milieu des barbares du Rhein, c'est-à-dire des Francs qui dominoient en ce païs-là.

' S. Auspice Evêque de Toul, (jui l'avoit connu dans sa n.i Qm. ùm. p. Ville épisoopale, ce qu'il estimoit comme une faveur, lui S(,'J' écrivit quelque temps après une letre en vers, que nous av. mis encore. Il y donne à ce Comte divers avis salutaires, et l'exhorte sur-tout à faire l'aumône, et à se préparer à l'Episcopat, qu'il dit lui être destiné. Vers le même temps, ou peu après, ' Arbogaste écrivit lui-même à S. sid. ibid.p.933. Sidoine dès-lors Evêque, pour lui demander quelque explication sur les livres sacrés, dont la lecture faisoit les délices d'Arbogaste.

' S. Sidoine y répondit par la 17e letre de son 4e livre, P. 952. aussi honorable à la mémoire d'Arbogaste, pour le soin qu'il prenoit de cultiver les letres, que le poëme de S. Auspice, pour les autres grandes qualités que l'on admiroit en ce Comte. D'abord S. Sidoine marque trois avantages principaux, qui relevoient le mérite de ses letres : la charité qui le portoit à aller, chercher une personne, aussi éloignée qu'il étoit de Trêves ; la modestie qui en lui inspirant une crainte qu'il ne devoit pas avoir, suffisoit pour faire son éloge; enfin une politesse qui lui faisoit dire d'une manière aussi agréable qu'élégante, qu'il ne regardoit ses propres letres que comme des inepties. ' Ensuite S. Sidoine le congratule de ce qu'au moins il p. 953. se trou voit une personne de son rang, qui retenoit quelque teinture de l'ancienne literature, et qui tandis qu'on voïoit la langue Latine éteinte dans la Belgique, en conservoit toute la beauté, qu'elle faisoit paroître dans ses discours familiers, comme dans ceux qu'elle prononçoit en public. Il ajoute que si Arbogaste prenoit soin de la cultiver par une lecture assidue, il verroit qu'il y a autant de différence entre un sçavant et un ignorant, qu'il y en a entre un homme et une bête. Du reste il le ren-

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