S. SIDOINE, EVÊQUE DE CLERMONT
de la mère d'un Arite, que l'on croit avoir été l'Enipereur de ce riom,
S. Sidoine naquit \<- •>" jour de Nov< mbre vers l'an e $0, ' dana la \ill<' de Lyon, quoique ses ancêtres pus- î'i'VV ^x- lisent être d'Auvergne. 11 reçut un»' éducation conforma .'' \ j; à sa naissance : '' et si-tôt qu'il l'ut m âge, il s'appliqua à » L'étude des [êtres et des sciences. ' Il eut pour maître dans hVi,-*Sir la poésie le Poëte Hoëne,d et ce semble aussi Viotor au- 1 2JJ'# J" ^ JJ tre habile Poëte, qui fut Questeur sous Antheme. c 11 étun •L«.ep.i.p dia la philosophie sous Eusebe, dont il bue beaucoup la science et la sagesse. Ce fut peut-être du même qu'il ap- • ««■ p. "* prit l'arithmétique, la musique, et L'astrologie, qu'il dit être des parties essentielles de la philosophie. ' Enfin il L- 1. ep. i. p. étudia généralement toutes les sciences qui dépendent des letres ' et prit une assez grande connaissance du Grec, l s.eP. 3. P. iss. pour être en état de le traduire en Latin. 'Mais il fit sur- »• ep. 21. p. tout ses délices de la poésie, qu'il aima dès l'enfance,8 et • i.8.ep.*.p.49i. qu'il cultiva beaucoup jusqu'à un âge avancé.' Il avoit vu. àSar. tant de facilité à y réussir, que souvent il faisoit des vers sur le champ, et de toutes les sortes. Il nous en reste encore plusieurs, qu'il fit ainsi sans préméditation.' Il n'avoit Cr. t. hist. Pr. 1. pas moins de facilité à parler éloquemment en prose : de sorte que sans se préparer, il faisoit souvent des discours polis et achevés, sur tous les sujets qui se présentoient.
' Entre les personnes avec qui il avoit été élevé dans ses Sid.i.3.ep.i.tra. premières années , ou avec qui il avoit étudié , il nomme Avite son cousin par les femmes, et de même âge que lui ; ' Probe qui épousa depuis sa cousine germaine, mais 1. *• ep. p. 229. qui étoit plus avancé que lui dans ses études ; ■ Faustin ep. 1. p. 248. plus âgé que lui, qui étoit aussi d'une naissance illustre, et qui depuis fut fait Evèque;' Àquilin son compatriote de 1. 5. ep. 9. p. 310. même âge que lui, et uni avec lui par une amitié, qui continuoit entre leurs familles depuis plusieurs générations.
'Sidoine après s'être suffisamment formé dans l'étude, toi. um. p. im. ' songea à s'avancer dans les dignités; il ne fit pas moins si.i.i.i.ep.3.p.ai. paroitre d'ambition pour y arriver, qu'il avoit montré d'émulation pour se perfectionner dans les sciences. ' Sava- su. vit. à sav, ron veut qu'il ait fait d'abord profession des armes; mais il y a plus d'apparence qu'il suivit le barreau. ' Avant que 1. i.eP. 3. P. 21. d'entrer dans les charges, Sidoine épousa Papianille ' fille car. 23. ▼. 430.
v sir. eu:
■ — } 21 ' d'Avite, <]ui lui depuis Empereur es i-55, ' el iœur d'Eer i. s. «p. 11. p. les. dice et' d'Agricole, dont le premier est célèbre dans l'hisep. i. p. iuo-iiu. iituv. Ce mariage lui apporta la terre <r A \ i i«i<- en Auvergne, dont il l'ail un grand éloge dans une de ses lelres, et qu'il aiiimii particulièrement, paie*' qu'elle étoit du pa- Tiii. ibid. p. 198. trimoine de sa femme.' il «ait au moins quatre enfants de sw.'i.5.ep.9 p.s4i. Papianille, ' un garçon nommé Apollinaire, " ei trois fil- • i. Y «P .ij. i. s. les : Sévérienne qu'il élevoit chez lui, Roscie dont il con- SPGr. t.Phist.Fr.i fia le soin au\ taules paternelles de cet enfant; '' et Al- 3- ' '• -• 1-- chiine, ou Alcime, dont parle S. Grégoire de Tours. sir. in sifl.p.923. 'Apollinaire épousa une Placidine, qui donna à son ma- M4, ri un iils nommé Arcade. De cet Arcade vint une fille- de
même nom que sa grand'niere, qui fut donnée en ma- Fort. i. i. c. m. riage à Léonce II, depuis Evoque de JJourdeaux,' comme
le dit Fortunat au premier livre de ses poésies. Tin. ibid. p. 200 1 ' Avite aïant été déclaré Auguste le 10e de Juillet 455, sir.inSid.p..ii9i. ^ ensuite a Rome< g Sidoine l'y suivit, et y prononça
son panégyrique en vers, en présence du Sénat et du peuple Romain, le premier jour de l'année suivante, auquel sid.i.9.ep.i6.p. ce Prince commençoit son Consulat. ' Cette pièce fut fort 6i2 1 car. s. \. 7-10. app]auc]ie - mais son auteur n'en tira point d'autre fruit,
Tiii. ibid. que le vain honneur d'une statue d'airain. ' Le règne d'A-
vite fut de très-peu de durée, n'étant pas allé au bout de ibid. isid. car. 4. l'année 456. ' Sidoine prit les armes, ou pour défendre son v-1113, beau-pere, ou pour le venger. Mais il fut obligé de cé-
der, et de recourir à la bonté de Majorien successeur d'Avile, qui le reçut fort bien, et lui accorda entièrement Tiii.ibid.isid.car. sa grâce. ' De sorte que quand ce Prince alla à Lyon sur o.v. 574-080. ja £m je 1-an 4»^ Sidoine y prononça son panégyrique
aussi en vers, et prit même la liberté de lui demander quelques effets de sa libéralité, en faveur de la Ville de Lyon sa patrie.
sid. vit. à sav. ' Majorien aïant reconnu le mérite de Sidoine, ne se contenta pas de lui accorder ses demandes, il voulut encore le mettre au nombre de ses amis. Ce fut ce Prince, plutôt qu'Antheme qui ne régna qu'après Sévère, en 467,
Tiii. ibid. p. 201. qui éleva Sidoine à la dignité de Comte, dont ' il étoit
202- revêtu dès 461. Il exerçoit même quelques autres emplois
à la Cour sous Majorien, et s'en acquittoit parfaitement.
sid. vit. ibid. ' Mais il paroît qu'il passa tout le temps du règne de Sévère, dans sa belle maison d'Avitac, uniquement occupé
de
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de l'étude des belles letres, dea ses affaires domestiqui el <lu soin de recevoir et de visiter ses amis.' En decrï- , ,c|,,, vaut de quelle manière il passoil le temps avec eux, il »■ « « • marque la paume, les dez, 1rs livres, l'entretien, le dîner après onie heures, ample, mais de peu de plais à la mode des Sénateurs, la méridienne . la promenade à cheval , le bain el le souper.
An thème étant parvenu à l'Empire l'an 467, ■ man- TilL m da ;'i Sidoine qui étoil alors à Lyon, de l'aller trouver ■ sù.i.i ép.s.p à Rome. Sidoine s'y rendit,' chargé de faire quelques de- '9 mandes au nom de l'Auvergne. Il y lit encore en vers lé panégyrique de cet Empereur, en présence de qui il le prononça le premier jour de Janvier de L'année suivante iliS. Basile son ami, qui avoit beaucoup de crédit auprès d'Antheme, et qui avoit procuré à Sidoine une audience favorable pour prononcer le panégyrique de ce Prince , lui en obtint encore' la charge de chef du Sénat de Ro- „,„, , 9 l(i me , et de Préfet de la Aille. Il paroît que cette digni- p 6Ï3! té , ' qui avoit les mômes privilèges que celle de Préfet Till 1 ,nQ du Prétoire,' flattoit agréablement l'ambition de Sidoine. Sid , ( Au bout de quelque temps, Antheme a le fit aussi Patrice; 66." après quoi il ne lui manquoit plus que le Consulat pour ' ,5-ep-6*'>arriver aux plus hautes dignités, auxquelles les particuliers pouvoient alors aspirer.
' Sidoine ainsi élevé à tous les honneurs de la robe, étoit sPiC. t. .-,. p.579. regardé dans Rome comme le maître de tous les autres. 1 Tous plioient sous son autorité , et en recevoient com- P. sso. me de l'oracle de leur Prince, les ordres de leur conduite dans l'administration civile , de même qu'ils recevoient de son éloquence les règles, pour s'exprimer d'une manière noble et élevée. Mais ce qui est encore plus glorieux pour Sidoine que tous ces honneurs , ' c'est qu'il sçut s'en p G79 acquitter d'une manière digne et de l'estime et des éloges des Saints même de son temps. Ce fut après son retour dans les Gaules' que Mamert Claudien , dont nous avons C1 M (liî an parlé, lui dédia vers 470 ou 471 son ouvrage sur la na- r- !a*5- *■ ture de l'ame. Sidoine le lui aïant fait entreprendre , l'obligea depuis de le donner au public. Dans le titre de l'épitre dédicatoire, qui sert de préface à cet ouvrage , Claudien qualifie Sidoine Patrice, ancien préfet, un homme très-docte, et très-excellent ;' et dans le corps de l'on- i.i.d.p.tow.i. Tome IL A a a a
v SIECLE, '
vrage il le nomme son très-cher frère.
On voit par-là que S. Sidoine n'eloil pas encore K\e-
Tiii. ii.i.i. i». '2i7. que.' Mais sur la lin de l'an 171 an pins-tard il passade létal séculier el des premières charges de la Cour, à l'humilité ei à la Sainteté de l'Episcopat, comme il dit lui-
Sid. i. s. ep. i.p. même,' el fut contraint de se charger de la conduite de
^i'i'n. l'Eglise de Clermont, n dont le diocèse comprenoit alors
toute l'Auvergne. Le premier soin de S. Sidoine, lorsqu'il se vit Evêque, fut de se purifier comme le publicain par une humilité profonde, et par la confusion de se voir /'levé à un état si Saint, après avoir mené une vie qui répondoit si peu à la Sainteté de cet état. Plusieurs de ses tetres, et presque toutes celles qu'il écrivit depuis qu'il fut Evêque , sont remplies des marques de cette humilité salutaire, par laquelle il se rabaissoit autant à ses yeux, qu'il avoit désiré auparavant de s'élever aux yeux du monde.
Sid. i.9. ep.a.p. 'Ce fut par un principe de cette humilité, qu'il refusa à S. Euphrone d'Autun de travailler à quelque ouvrage sur une matière ecclésiastique ; se jugeant incapable de
. 4. cP. 22. F exécuter, et coupable d'arrogance s'il l'entreprenoit. ' La
même raison le porta à s'excuser d'écrire sur l'histoire , comme Léon ministre d'Euric Roi des Yisigots, tâchoit de le lui persuader. ' Il renonça aussi à la poésie par le même principe,' et avoit même honte de penser à tant de vers qu'il avoit faits autrefois , et dont il eût voulu abolir et supprimer la plus grande partie. Seulement il se réserva d'en faire quelquefois en l'honneur des SS. Martyrs;' et s'il en a fait d'autres étant Evêque, ce n'a été que dans quelques occasions fort rares. ' Il se contenta de travailler en prose , ' et de composer des letres. n II tâchoit même de changer peu à peu son style , et de s'en former un autre
eP. io. plus conforme à sa profession, ' c'est-à-dire moins étudié,
et plus approchant de la manière dont on parloit communément.
En un mot Sidoine ordonné Evêque 9 devint un homme
ep. 22. tout nouveau, ' qui ne songeoit plus qu'au culte de Dieu ,
qui ne travailloit plus que pour la vérité ou pour l'utilité , dont toute l'ambition étoit de se rabaisser , et de de-
î. 7. eP. h. venir inconnu. ' Ce ne fut plus qu'un homme de jeûnes et de prière, occupé à toutes sortes de bonnes œuvres. Il ne
i. 4. eP. 2. distribuoit pas? ' mais il prodiguoit ses biens aux pauvres jus-
. ep.
cp.
Till
ibid.
Sid
ep.
ep.