MARCEL, MEDECIN
bien Relatantes, puisque Suidas le qualifie un momie, mi un amas de toutes sortes de vertus, ou plutôt la vertu vivante même dans un corps mortel. ' La manière toute chrétienne i* u m* p don! il parle lui-même à ses enfants, confirme parfaitement '' '*' cette idée. En les exhortant à communiquer libéralement U tout le monde le recueil des remèdes qu'il leur adresse, il veut qu'ils le fassent surtout envers les pauvres et les étrangers. La raison qu'il en donne, c'est, dit-il, que le soin qu'on prend de ces sortes de personnes est plus agréable aux yeux rie Dieu, et plus honorable devant les hommes.
'Marcel étoit Gaulois, " et de la ville même de Bourdeaux, cod. Th. îm. selon plusieurs auteurs. Nous avons vu en effet sur le siècle * v>n »• Aus ? précédent, qu'il y avoit à Bourdeaux une famille de ce nom : t. i p.a896ÏMar! mais si nôtre Médecin étoit de cette famille, on peut assurer J9?^; ep ded que ce n'a pas été, comme ces mêmes auteurs le prétendent, en qualité de père de Marcel le Grammairien , qui paroît avoir été plus ancien que lui. Il suffit de se souvenir que nous avons montré qu'il étoit mort après avoir enseigné assez longtemps à Narbone, lorsqu'Ausone faisoit son éloge, et avant que Marcel se fût rendu si célèbre.
Celui-ci passa de Bourdeaux à la Cour de l'Empereur; et cod. Th. ibid. sous Théodose le Grand il fut Maître des Offices. Il conti- ibid. i suid. ibid nua d'exercer la même charge sous l'Empereur Arcade son fils : ' mais Eutrope ce fameux Eunuque, qui dominoit alors tu. EmP. t. s à la Cour, en déposséda Marcel, pour la faire passer à Osius p 430' son confident, et son principal ministre, quoique ce ne fût qu'un simple valet Espagnol. On a vu que Jule Ausone compatriote de Marcel, avoit été premier Médecin de l'Empereur Valentinien I. On peut croire que ce fut lui, ou le Poète Ausone son fils, qui introduisit Marcel à la Cour Impériale , et qui contribua à l'avancer dans les charges. Au reste, supposé que Marcel ait réellement professé la médecine, il ne doit point paroitre étrange, après ce que nous avons dit sur Jule Ausone , de voir que les Médecins des Princes fussent alors élevés aux premiers honneurs.
' Il y a deux loix de l'Empereur Arcade adressées à Marcel cod. Th. t. 2. p. en qualité de Maître des offices. Elles sont dattées l'une et ^ t- a' p- 148 l'autre de Constantinople l'an 395. ' Par la première, qui est < 2. P. 202. du premier jour de Juin, l'Empereur enjoint à Marcel d'envoïer en chaque Province des Agens ou Inspecteurs publics, et lui prescrit de quelle manière ils doivent se conduire dans Tome II. G
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leur charge* ' Dans l'autre loi, qui est du 1U' jour de Novem" brê, Arcade lui ordonne de chercher b'î] ne trouverqil poinj quelques hérétiques (>armi les nibih(ires Officiers (ïé son l'alais ; cl non-seiilniieiil de les casser, in;iis aussi «le le> lniiuiir
de la ville, et inèine d'en bannir ceux par la faute desquels ils cloiciil entrés dans ces charges. Cette 1°' es! ||n illustri monument en faveur de, la pureté de là Soi de Marcel ; et l'une ci l'autre marquent la confiance que l'Empereur avoit en son zèle et sa solicitude.
p. ii'ii i mm ' Marcel vécut jusques sous l'Empire de Théodose le jeu- ''' "'"' '" p'"'"' ne, comme il paraît par le lilre de l'ouvrage qu'il nous a laissé, dans lequel il prend la qualité d'Officier de Théodose l'ancien , avec celle d'Illustre, il fut marié, et eut des enfants de son mariage, desquels Libanius fait mention dans sa lettre 353 à Anatole. C'est tout ce que nous avons pu recueillir de remarquable sur la personne de Marcel.
SES ECRITS
Med. av. prjn t.2. ' y ''ouvrage de Marcel dans l'édition qu'Henri Estienne
Co,l. Theo.l. t. ;>
par. 3. p. 24:2.
nous en a donnée, et de laquelle nous nous sommes servis, n'a point d'autre titre que celui-ci de Médicamentis, des Remèdes. Mais l'Auteur dans sa préface le nomme un Recueil De empiricis remediorum physicorum, sive rationabilium confection! bus et annotationibus fartum unde collectis. Voss. nat.an. i.5. ' Vossius abrégeant ce long titre, le réduit à celui-ci : Des re-t medes empiriques, physiques et fondés sur le raisonnement. Ma., de me.i. pi\ ' Marcel témoigne avoir apporté tout le soin et toute p- ~42' l'exactitude possible à faire ce recueil. Il dit avoir imité en cela
l'exemple de plusieurs personnes studieuses, qui bien qu'elles ne fissent pas une profession expresse de Médecine, n'avoient pas laissé de s'occuper à en traiter. Non-seulement il profita de ses lectures, en recueillant soigneusement ce qui s'y présentoit de convenable à son dessein ; mais il inséra encore dans son recueil ce qu'il apprenoit des autres, et ce qu'il avoit éprouvé lui-même être utile à la santé. Il y joignit aussi' les remèdes les plus simples, que les gens de la campagne et le petit peuple avoient trouvé par hazard. Il ne se servit que des Médecins qui avoient écrit en latin. Entre les anciens il
nomme les deux Plines , Apulée , Celse Apollinaire et De-
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signatien. Entre ceux qui vivoienl peu de temps àvanl lui. ci qu'il qualifie sëf eoncitoïens, il nomme Sibure, Eutrope ci Ausone.
Le motif qui le porta a entreprendre ce travail, lui de n-i.i. fournir par la a ses entante un moïen présent pour remédier à leurs maladies, san6 être obligé «If recouru* aux Médecins. Si néanmoins ÎI s'agissoit de remède- composés, il les cxlinrtéà m n point user d'eoxHûêmes, sans j appejlerles Médecins tas plufi habiles. ' C'est de quoi il donne plusieurs raisons p. m. -/,$ lin'i sehsi
' 11 eut soin «If mettre à la tête de son recueil les différents ifcw. poids et mesures, avec les caractères qui servent à les exprimer selon l'usage de la Grèce, et les anciens Médecins. Un i- •>;; les y retrouve encore en latin, comme il témoigne les y avoir ci l'éditeur y a ajouté on grec ceux dont se servent les Grecs aussi dans la Médecine.
' La préface de Marcel et sa liste des poids et des mesures, p. 24i 250 est suivie de plusieurs letres de divers Médecins, dont il s'étoit proposé de suivre l'exemple. On y en voit deux d'Hippocrate , une de Largius Designatianus, une autre de Pline , deux de Cornélius Celsius, et une de Vindicien.
Tout l'ouvrage de Marcel est divisé en 30 chapitres, dans chacun desquels il assigne divers remèdes propres à guérir, comme il prétend, les différentes maladies du corps humain. ' On c. 20. p. 358. 1 c. trouve en plusieurs endroits de ce recueil, des preuves quicon- 3i' p' 3% firment que l'Auteur étoit Gaulois, et qu'il écrivoit pour des Gaulois. En effet, lorsqu'il nomme certaines plantes, il donne souvent les noms qu'elles portoient dans les Gaules. ; De me- c. 1 p. -s,i. me en parlant de l'hierabotane, ou peristereon, il dit ces paroles remarquables, quarn nos Verbenam dicimus. Or il est constant que les Gaulois nommoient ainsi cette plante.
Au Chapitre 23 Marcel avance comme une chose dont Mar. ibid. c. 23. il ne doutoit pas que la Couronne de Notre-Seigneur fut p' 34/' faite d'épine blanche.
Il mita la fin de son ouvrage, un petit Poëme en vers he- P. 412. 414. xametres, sur les différentes espèces de drogues dont il parle dans tout son recueil. Ce Poëme contient 78 vers ; et l'Auteur souhaite à ses lecteurs qu'ils puissent vivre autant d'années. ' Pierre Pithou nous a donné ce Poëme entre les autres pe- Epi. etPoë. vet. 1. tites pièces de Poésie des Anciens, imprimé en 1590.
.' Marcel dédia son recueil de remèdes à ses propres en- Mar. de med. pr.
l'unis, cl ne If publia que sous l'Empire de Théodore le jeune, vers les prr m i<,*r<s années de ee siècle.
ap ded. p àâS) [ Qhn remarque ;i\ec beaucoup du fondement que la plupart «les remèdes recueillis par cet auteur, sont autant de su-
c. j. p. î55£ |cq. perslilions. Telles sont en particulier ces observations qu'il
*p. p. :$5s. attache Ires-souvent à ses secrets : qtfil faut, par exemple.
c**8 pï 979. eueillir de l;i main gauche les simples qu'il prescrit, iiien n'est encore plus superstitieux que ce qu'il assigne contre les petites pailles qui entrent dans les yeux; il veut qu'ouvrant l'œil avec trois doigts de la main gauche sans anneau, l'on cra-
ep ded p ïmo. che trois fois, en disant autant de fois rica, rica, soro. ' Il est surprenant de ce que Marcel étant Chrétien , comme nous l'avons montré, et qu'il paroît par quelques endroits de son ouvrage, il se soit amusé à nous débiter des choses aussi vaines et ridicules, dont les Païens même se riroient. On croit y voir plusieurs de ces prestiges et rêveries dont Xenocrate Aphrodisien , et un certain Pamphile avoient chargé leurs écrits, au rapport de Galien. Il semble aussi que Marcel y a inséré d'autres choses obscures, à dessein d'y faire attacher quelque vertu secrète et cachée. Que l'on se souvienne de ce que nous avons dit de l'espèce de médecine en usage chez nos anciens Druides; et en lisant les secrets de Marcel, on conviendra que la plupart n'ont point d'autre origine.
Au reste, quelque peu estimable que soit l'ouvrage de Marcel, ii n'a pas laissé d'être cité par ceux qui ont écrit
je*. 1,4. en. p. après lui. ' Paulus i^Egineta en particulier le cite touchant les
507 • remèdes qu'il assigne pour les brûlures.
Mar. de med. eP. ' Jérôme Froben Imprimeur à Basle, paroît être le pre-
ded. P 240. mier qui a mis au jour le recueil de Marcel. Il en avoit déjà publié une édition dont on ne marque pas l'année, lorsqu'on 1535 Jean Cornaro à sa prière revit le texte de l'Auteur. Il se trouva fort défiguré; et ce ne fut qu'avec bien du travail que cet éditeur parvint à le purger de ses fautes. Cornara observe que Marcel dans son recueil a inséré l'ouvrage entier de Scribonius Largus , qui s'y trouve répandu en divers endroits. Ce Scribonius vivoit sous Tibère et Claude, Marcel néanmoins ne nomme point cet Auteur entre ceux dont il
P. 2*1. s'est servi. ■' C'est ee qui fait croire à Cornaro que c'est l'écrit
de Scribonius que Sibure aïant traduit de grec en latin, Marcel attribue au même Sibure, ^ui pouvoit avoir mis son nom à la traduction qu'il en avoit faite : mais nous avons