PRÉFACE
Ij'Qrieiit attire aujourd'hui Tatteation générale. Les peuples qui fhabiteDt excitent l'intérêt à plus d'un point de vue. Il y en a un qui, par le nom qu'il porte, par ses grands souvenirs, par les nobles efiforts qu'il a iiadts pour renaître à l'indépendance, s'était acquis toutes les sympathies. Le philheUénisme était un tribut que les esprits élevés, que les nobles cœurs payaient à ce qu'on admirailt dans la Grèce ancienne, à ce qu'on attendait de lar Grèce moderne.
Mais la réaction ne tarda pas à se manifester. La Grèce, a-t-on dit, n'a pas répondu aux espérances qu'on avait conçues d'dle. Elle n'a pas fidt revivre les beaux jours de Tendes, Elle ne s*est pas couverte de nouveau des chefe-d'cBUvre de Phidias, et les philosophes et les poètes ne l'entourent plus de son ancienne auréole.
On n'a pas tort <le parler ainsL La Grèce est en efifet bien loin encore des jours de son ancienne gloire. Mais art-on assez tenu compte des difficultés contre les
quelles elle avait à lutter, des efforts qu'elle a faits pour les vaincre? Nous n^avons pas eu en vue d'écrire son apologie. Mais il nous a semblé qu'tm tableau succint de ses premiers essais en littérature après sa renaissance pourrait être le bienvenu pour ceux qui veulent porter sur elle un jugement fondé sur l'équité et sur la connaissance des faits, et qui pensent en même temps que les progrès intellectuels sont la meilleure mesure du développement des peuples.
Nous ne pouvons cependant pas dissimuler nos regrets d^avoir dû nous livrer à ce travail lorsque nous étions loin de *a Grèce, et privé des sources qui nous auraient fourni une matière plus abondante. Nous n'avions d'autre ressource que nos notes et les informations que nous puisions à notre mémoire. Cest à cette circonstance qu'on doit attribuer les omisions tout involontaires qu'on pourrait nous reprocher, et on en doit inférer que la littérature grecque est plus riche que notre modeste travail ne la représente.