‹ Histoire littéraire de la grèce modernChapitre 138 sur 256 · Chapitre IL — A. Souiêos · texte numérisé non relu

Chapitre IL — A. Souiêos

la première, est absolument le même. Ce sont toujours des pamphlets et des odes politiques, d après la manière de Barthélémy, arrangées dans un cadre plus large. Le dialogue et les incidents qui ont un caractère diflérent ne sont que des accessoires qui servent à les souder ensemble.

Le premier chant de VErrant commence par une diatribe métrique, qui répète et résume tous les griefs contre le gouvernement d^alors et contre les Bavarois, contenus dans les précédentes satires d'A. Soutso. C'est un adieu lancé à la Grèce par un citoyen qui la quitte €p(mr aller ah? — Oît va (Hun pas rapide la vague qui raccompagne^ oît va Voiaeau maritime^ qui change mille fois sa route dans les airs, > C'est ce que dit le poète; mais ce n*est pas là où va son héros; car, après avoir adressé une ode à la mer, une ou deux doléances, très éloquentes toujours, à la Grèce, le Child- Harold grec aborde en Italie, qu'il salue en strophes empruntées la plupart à son aîné d'Albion, et se rend droit à Rome, dont la gloire bien ancienne et bien sou. vent chantée, lui donne occasion dé redire ce que personne n'ignore. Ici des amis qu'il avait quittés depuis six ans l'accueillent avec joie et l'entourent. tMais il les tient h distance ; le doigt du silence ferme ses lèvres. Il est arrivé comme le nuage qui court et qui couve des orages dans son sein%. C'est qu'il était très-pressé de revoir son amante, une grecque établie à Rome; il avait même appris, je crois, qu'elle

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était malade. Il court donc chez elle; elle n'y est plus! Nul ne sait lui dire où elle est aUée avec ses parents. Sans songer à se renseigner à la police, il se voit réduit à errer dans Rome, et à chanter, £aute de mieux, la basilique de St. Pierre, c^'on dirait construite par /es doigts de Dieu qui ont construit les Alpesi^ (Qui ne connaît: which vies in air with farths chiftf structures^ ect.?), le Panthéon, le Colisée, la fontaine de Trêves. Soudain il jette un cri déchirant, il reste comme firappé par la foudre. H a aperçu dans les flots de la fontaine Timage de son Aglaé. Son amante lui adresse des reproches amers de ce qu'il l'avait trahie et abandonnée pour aller se battre au service de son pays. Assailli de terribles remords, se sentant le cœur déchiré comme Caïn^ il s'évanouit, et elle disparaît

Nous croyons avoir déjà entendu cette même histoire quelque part. N'est-ce pas le Voyageur de son frère qui a aussi abandonné son amante pour aller combattre en Grèce, et qui reçoit d elle également de terribles reproches ? Les héroïnes des deux frères ont l'amour bien peu patriotique. L'autre aussi s'est évanoui, et son amante a disparu de même comme un fantôme. Cependant le héros d'Alexandre n'est pas long-temps sans re* cevoir ime lettre anonyme, qui lui dit qu' Aglaé a été conduite à Paris par ses parents. Des considâiUions politiques sur l'Italie, sur la Suisse et sur le reste de l'Europe, que VErrant traverse sur les pas de la fugitive, terminent le premier chant

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