‹ Histoire littéraire de la Grèce moderne (volume 2)Chapitre 28 sur 135 · Chapitre III. — A. R. Rangahé · texte numérisé non relu

Chapitre III. — A. R. Rangahé

a. Hymnes religieuses.

«Hymne à Dieu.

«Tous les êtres visibles ou invisibles te glorifient, ô créateur !

«Les hymnes chantées par les langues, les sentiments exaltés des âmes, te portent le tribut de tes propres œuvres.

<:Tu as dit, et le soleil et les étoiles, et le ciel et la terre, sont sortis du néant.

«:Tout t'adore; l'amour des cœurs est ton temple.

«La vie est ton don magnifique, et. Seigneur, tout ce qui respire chante tes louanges.

«Tu as suspendu au ciel le soleil comme un grand luminaire, et tu y as semé les étoiles.

«Tu as réglé les saisons: Quand tu souris, les prairies se couvrent de fleurs;

«Dès que ta main divine s'ouvre, la terre se remplit de tes présents;

«Le monde tremble devant ta colère, dont l'hiver est l'image.

«Toute la nature est un temple, sur le quel rayonne un seul mot: Dieu!^

b. Poésies patriotiques.

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«sur la mort de Th. Colocotroni.

«S'abattant coup sur coup, le tranchant du faucheur infatigable a enfin terrassé le grand chêne aussi. Il t'a moissonné, ô soldat du Christ, ô le premier des braves!

«Les flots du peuple se pressent derrière ton cercueil dans la voie du deuil, comme autrefois, quand

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tu menais les myriades à la gloire, et qu'elles te suivaient pleines d'enthousiasme.

«On t'enterre. Le laurier poussera spontanément sur le sol oii l'on te dépose, et la porte des deux, couronnée de rayons, s'ouvrira pour te recevoir. Mais attends. Ne te presse point.

c Assieds-toi au seuil du 'tombeau; arrête-toi au bord de l'éternité, avant de te plonger dans les ténèbres, et tourne ta face vers la vie.

«Jette sur la carrière que tu as fournie un dernier et long regard, comme un rayon qui s'éteint, et montre avec fierté aux légions des morts les traces que tes pieds ont imprimées sur la terre.

«Un siècle de nuits d'hiver et un linceul de neige s'étendent sur ta patrie. Où les Muses formaient autrefois des danses, des furies hurlent aujourd'hui, respirant le carnage et le feu.

«Le démon de la désolation et de la mort y promène sa rage, et la ronce croît sur les parvis des temples dorés.

«Les chefs-d'œuvre de l'art ne sont plus que de la poussière et des monceaux de pierres informes. Une nuit immense a couvert la terre de la lumière, et l'oubli règne sur la patrie de la gloire.

«Gémissant, traînant avec désespoir leurs chaînes ignobles, les fils des anciens héros fuient en tremblant au fond des cavernes et des forêts.

«Cependant, au-dessus de la terre asservie rayonnent des cîmes élevées, comme des phares qui dominent l'Océan. C'est là, ô vigilantes sentinelles, qu'on entendait vos armes gronder, comme le tonnerre au milieu de l'orage.

«C'est là que, voisins des astres, vous leviez la tête

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