‹ Histoire littéraire de la Grèce moderne (volume 2)Chapitre 96 sur 135 · Chapitre Xn. — Poktcs hclUnùte.s : Lcvlnas. I · texte numérisé non relu

Chapitre Xn. — Poktcs hclUnùte.s : Lcvlnas. I

grande aisance. On dirait un grec ancien oublié parmi ses descendants. Ses compositions sont spirituelles, et ne manquent ni d'imagination ni de verve.

Nous n'avons pas d'éloge particulier à donner à sa langue. Elle ne lui est pas propre. C'est celle des poètes de l'antiquité, qu'il s'approprie comme de droit. Ses plus beaux ornements consistent dans ces épithètes expressives et poétiques, qui sont autant de couleurs que le poète emprunte toutes prêtes à leur palette.

Le plus long des poèmes de Levkias, une rhapsodie de 2 2 GO vers, chante le couronnement du Roi Othon. Le poète invoque la Muse en ces termes:

«Souvent, ô Muse, quand je t'invoquais autrefois, en Thrace, dans la fertile contrée des Daces, en Saxe la vénérée, ou dans l'Autriche traversée de larges routes, tu m'exauçais, et tu venais de l'Hélicon qui nourrit les abeilles aider ma faible voix à chanter de grands hommes ou des femmes glorieuses. Et plus que jamais tu te rendis à mes vœux quand, durant l'année qui vient de s'écouler, je t'adressai mes vœux dans Nauplie aux hautes murailles.

«Fille aînée du puissant Cronide et de la douce Mnémosyne, vénérable Calliopée, voici le moment où il est juste que tu me récompenses pour le culte que je t'ai voué ma vie durant, pour toutes mes journées de labeur, pour toutes mes veilles pendant les nuits sombres. Mon cœur brûlait du désir de te voir sourire à mes prières. Si j'ai jamais pu attirer ta clémence, viens aujourd'hui et soutiens moi. Plus qu'autrefois j'ai besoin de ton aide, car mon cœur m'incite à chanter comme je le dois mon grand Roi au moment où il monte sur

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le trône des illustres Danaens, et ceint son front du bandeau doré, à chanter ce jour glorieux, dont la mémoire ne périra jamais. Sûr de ta divine assistance, ô Muse, je commence avec joie ce chant harmonieux.

«La lune changeante, fouettant ses chevaux à la large encolure, tournait déjà à travers l'éther son char vers l'Océan, et l'avant- courrière lumineuse du soleil entrouvrait les portes de l'Olympe, en poussant vers le couchant brumeux les étoiles effrayées de la présence de la nouvelle clarté.»

Tout dormait encore dans le ciel et sur la terre, tout, excepté Jupiter. Il réveille les autres Dieux et les convoque en assemblée. Il y a bien long -temps qu'il ne l'avait fait. Il leur raconte, un peu au long, les événements qui se sont passés depuis, «car, dit-il, peu de mots ne suffisent pas pour dire de grandes choses.» Il leur annonce enfin que la Grèce est libre, qu'elle a un Roi, et que ce Roi va être couronné.

Là dessus il expédie Mercure à Lemnos pour intimer l'ordre à Vulcain de fabriquer une couronne, la plus belle que ses usines aient encore produite. Vulcain obéit. Il produit un ouvrage devant lequel pâlissent et le bouclier d'Achille, et tout ce que jamais l'art a produit ou aurait pu produire. Toute la couronne est couverte de bosselages et de gravures en nombre si prodigieux que le poète consacre 700 vers à leur description. Tout y est représenté, les monts et les mers, les îles et les cités, les temples et leurs statues, les flottes et les armées, tous les combats et toutes les naumachies qui ont illustré

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