Chapitre IV. — Philosophie
il fait jireuve d'un esprit profond et curieux, cultivé l^ar la connaissance de ce que les anciens et les modernes ont écrit sur ces graves questions. — Le professeur N. Chortakis de Crète est auteur d'un excellent traité de logique et d'un autre à'' anthropologie, pour lesquels il a mis en contribution les meilleurs ouvrages allemands. Un recueil des sciences jikilosophiques sous le nom du professeur Philippe Jean fut publié sans l'aveu de ce savant par un de ses auditeurs. S'il n'a pas le fini que son auteur lui eût donné, il n'en représente pas moins ses idées saines et sa méthode forte et concise.
R EN lÉ R I.
Marc Reniéri Cretois, directeur de la banque nationale de Grèce et ancien Ministre plénipotentiaire à Constantinople, un des hommes les plus éclairés et des esprits les plus fins de son pays, est l'auteur d'un essai sur la philosophie de l'histoire., aussi éclatant par la forme que profond par la pensée. Un autre ouvrage du même auteur, une prétendue biographie des philosophes Blossius et Diophanes., dont l'un avait été l'instituteur des Gracques, n'est en effet qu'un roman philosophique, où les idées les plus justes et les plus élevées en fait de politique et de philosophie, et surtout de la philosophie apphquée à la science du gouvernement par les Stoïciens, sont exposées avec une incomparable élégance de style. Ce charmant ouvrage, dont la lecture procure autant de plaisir que d'instruction, est si ingénieux, et
2 12 //. Partie. — Livre I. — Prosateurs.
traité avec une telle vraisemblance, que des savants allemands, prenant au sérieux sa partie historique, ont cru qu'elle pouvait donner prise à leurs critiques. Il en a été fait une traduction en italien.
P. A. Braïla Arméni de Corfou, ancien secrétaire général du Sénat des îles ioniennnes, plus tard Ministre et envoyé de la Grèce à plusieurs cours étrangères, est un des esprits les plus profonds et les plus ouverts aux spéculations philosophiques dont s'honore la Grèce. Plusieurs travaux d'un mérite de premier ordre sont sortis de sa plume. Nous croyons devoir en donner une courte analyse :
I. Essai sur les idées premières et les principes^ 185 1. Dans ce travail, qui a été cité avec éloge à l'académie des sciences morales et politiques de France (Mém. de l'Acad. 1852, T. II) l'auteur recherche s'il y a en nous des éléments rationnels indépendants de l'expérience , et quels sont ces éléments. Il soutient que l'esprit ou l'âme est une force rationnelle, comme toutes les forces de la nature, mais ayant conscience de sa rationalité, et essentiellement libre. La rationalité se décompose en plusieurs éléments : Substance en rapport avec une forme, temps et espace infinis, identité, causalité, finalité. Ces éléments constituent Vidée de la raison ou Vidée rationnelle de l'être. Parmi ces éléments il