Chapitre IL — Pro&atcurs. — Philologie
taillé sur la langue vulgaire et sur les améliorations dont elle est susceptible. Il y donne, à titre d'exemples, plusieurs lettres et traités inédits de Bulgaris^ Théotokis, Balaiws, Pézaros, ainsi qu'une dissertation pleine de notions précieuses sur les Albanais et les autres peuples qui habitent l'Epire.
Ce sont surtout les livres servant à l'étude du grecancien qui se multipliaient de plus en plus, en raison de l'augmentation du nombre des écoles et de l'ardeur toujours croissante de la jeunesse, qui semblait pressentir les approches de la révolution.
Georges Aenian d'Hypate, professeur de grec dans les maisons phanariotes, et plus tard sénateur et Ministre, a publié à Constantinople, sous le nom d'Ariane, une grammaire qui rompt avec les méthodes anciennes pour en adopter une plus simple et plus facile.
Le plus ancien recueil d'extraits d'auteurs, destiné à faciliter l'enseignement, est celui de Jean Patoussa d'Athènes, en quatre Volumes. Une mention beaucoup plus honorable est due à VEncydo'péclie d'Etienne CoMiTAS'), qui, en 12 volumes, comprend, outre une grammaire, un traité de rhétorique et un autre sur l'art poétique, de longs textes, d'ouvrages entiers des meilleurs prosateurs et de tous les poètes classiques, avec des notes historiques et littéraires. Une autre encyclopédie, beaucoup moins étendue, en 4 volumes, publiée peu
ï) Vienne, 1812— 14.
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après') par le savant moine Théoclite Pharmakidés, a le mérite d'un choix plus éclairé des éditions auxquelles les textes furent empruntés.
Un ouvrage important et de longue haleine fut entrepris à Constantinople sous les auspices des plus savants Phanariotes par une société de gens de lettres, parmi lesquels il faut citer en première ligne le Phanariote Charles Guica, le médecin Vlastos et le professeur LoGADES . C'était un grand dictionnaire hellénique, indiquant les diverses acceptions des mots dans leurs variations chronologiques, avec de nombreux exemples à l'appui, puisés dans les textes des auteurs les plus accrédités. Les savants de Constantinople ont été les premiers à tracer le plan réalisé plus tard par les grands philologues de nos jours, par Dindorf et Hase: ils ont entrepris de compléter le Thésaurus de Henri Etienne, et de l'arranger par ordre alphabétique. Les quatre premières lettres de cet immense dictionnaire parurent, sous le titre ^'' Arche {KiScotoq)^ à rim.primerie de la grande école du Phanar, en très-grand in-Folio, et le manuscrit complet se trouve déposé dans la bibliothèque patriarcale de Constantinople. Il y restera probablement à jamais inédit, après l'édition française du Thésaurus \ mais il sera du moins un témoignage de l'érudition et de l'activité des philologues grecs à la veille de la délivrance de leur pays.
1) Vienne, 1815.
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Un autre dictionnaire en 3 gros volumes in 4°, publié») par Tarchimandrite Anthime Gazés sur la base de celui de Schneider, était plus à la portée du public, et a rendu de plus grands services à la jeunesse qui se livrait aux études classiques.
Un des hellénistes les plus savants et les plus actifs à cette époque fut Néophite Doucas, qui, après avoir publié une fjraminaire très-détaillée, à laquelle il donna le titre de Terpsithée., s'est surtout voué à V édition d'anciens auteurs. Il publia Thucydide avec une traduction et de nombreuses notes qui ne sont pas toujours irréprochables, et avec une carte. Spyridion Vlandis a publié l'ouvrage de Longin »sur le Sublime* *), et tout Xénophon, en 4 volumes.
Un profond connaisseur de la littérature ancienne, Lampros Photiadés, composa outre plusieurs autres ouvrages grammaticaux, une excellente Métrique, qui fut complétée et publiée en un gros volume par Zénobius Popp, le savant gouverneur du Baron Simon Sina^); et le prêtre Charisios Megdanos a écrit une Poétique, à laquelle il a donné le titre prétentieux de CalUope rapatriée'^).
N. D. Darvaris, qui a étudié d'abord en Grèce, ensuite en Allemagne, s'occupa surtout de la composition de livres scholaires et de manuels propres à répandre
I) Venise, 181 1. — 2) Vienne, 1802. — 3) Vienne, 1803. — 4) Vienne, 18 19.
Rangabé, Littérature néo- hellénique. f
98 Livre II I. — Renaissance. — De 1800 h 1821,
les connaissances utiles. Son Encyclopédie néo -hellénique a exercé l'influence la plus salutaire sur l'éducation du peuple. Afin de familiariser la jeunesse avec les grandes idées de l'antiquité, il traduisit en grecmoderne plusieurs ouvrages des anciens. Son guide de la vie est un excellent livre de morale pratique.
Ayant aussi en vue l'éducation populaire, Capetanaki publia, à Vienne, en grec et en français, un ouvrage de luxe, V Iconologie (galerie de tableaux) de Bertuch, un magnifique recueil en 1 2 volumes, illustré d'un très-grand nombre de belles gravures d'objets tirés de l'histoire naturelle et d'autres sujets curieux.
Le moine Gabriel Calonas a publié une pédagogie').
Le Magazin des enfants, un recueil en plusieurs volumes, contenant des narrations morales et instructives, d'un style approprié au jeune âge, a été pendant longtemps le seul livre qui offrît à l'enfance une lecture agréable et utile.
Le savant médecin De m. Alexandridés a composé un dictionnaire turco-grec et une grammaire du turc*); et G. Bajatzi a publié une grammaire de la langue roumaine (ou Macédonovlaque, comme l'auteur l'appelle)').
Une traduction des Psaumes, de l'hébreu, a été publiée à Venise 4) sans nom d'auteur.
I) Vienne, 1800. — a) Ib. 1812. — î) Ib. 1813. — 4) Ib. 1804.