RAOUL, ARCHEVÊQUE DE CANTORBÉRY
Quand la mort d'Anselme vint, en 1109, affliger régUse de Cantorbéry , le siège de cet illustre prélat demeura vacant durant cinq années. Pressé de lui désigner un successeur, le roi ne voulait pas faire un cboix téméraire; il cherchait et ne trouvait pas un homme digne d'Anselme et de Lanfranc. Enûn, après bien des sgournements , il prit le parii de convoquer son conseil à Windsor , et de lui demander son avis sur cette grande question. Le roi penchait , disait-on , pour Tabbé d'Abendon ; mais cet abbé , de race lombarde, entreprenant, nisé, impérieux, avait peu de partisans dans le conseil. La délibération fut longue , animée. — « Et d'ailleurs , ainsi s'exprimaient quelques membres , n'avons-nous pas eu déjà trop d'archevêques étrangers? le pays ne manque certes pasd^hommes recommandablos à plus d'un titre : nous avons RAOUL, évéque de Rocbester, qui sera l'égal des anciens par son renom , qui surpassera et les anciens et les modernes par fameniié de son caractère.
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Si Ton regarde à sa naissance, il est de Tilliislre race des Ncnnands ; si Ton interroge sa vie , elle est ir* réprochable. Il est le seul dont la piété puisse braver les atteintes de Tenvie, car elle est discrète et modeste. Si Ton recherche ses titres littéraires , il a épuise toute la science d*Âtbènes. Exigez-vous de leloquence? la parole découle de ses lèvres comme un ruisseau de miel : ^joutez à cela , qu*il se distingue par I elocution pure, élégante, qui est particulière aux gens du Maine, sa patrie! • (i) Ces raisons déterminèrent la nuqorité; les suffrages furent pour Raoul, et le roi sanctionna Tavis de ses conseillers. L élection de Raoul eut lieu le 26 avril 1114, aux applaudissements du peuple et du clergé.
Raoul, entré fort jeune an monastère de Saint-Martin de Séez, avait été appelé par ses frères, après dix ans de séjour , au gouvernement de cette abbaye. Les persécutions de Robert de Belléme , gouverneur de la pro* viBce, Tobligèrent à chercher un refuge en Angleterre. Il j fut long-temps sans (^mploi , parcourant les monastères : partout on lui faisait bon accueil , car ragrc'ment de son commerce ne le recommandait pus moins que ses bonnes mœurs. Ce n*élait pas là toutefois une condilioa fort honorable. A cette époque , une foule d*abbés normands avaient passé le détroit pour venir exercer en Angleterre tm singulier tratic : la marchandise qui était Tobjet de ce négoce* , r était ( il faut bit*n croire , puisque les historiens nous le témoignent ) des
(I) • Si elocfiientitiii eiigts , ineneo quodam lap&u ex ejus c*rf* •ttH ontk> : cui accedU genialis loci , id est Cœiioiiiaiiici . aci*untos et qoâsi dcpexus sernio. • Willioluias MalfiH>Nl»iinenMS ; de €uâ§ fW(^. «MflonaR , lib. t. ûe Episc. Caotiiar. , ad cakcn.