‹ Histoire littéraire du Maine. Nouvelle édition. Tome secondChapitre 31 sur 32 · MICHEL BUREAU · texte numérisé non relu

MICHEL BUREAU

6 juin 1518, et fut enseveli dans l’église de son monastère, près l'escalier du dortoir. Étant abbé de La Coù ture, 1l obtint le titre d'évêque d'Hiéraple. Ses armes, sculptées sur son tombeau, sur le siége abbatial placé dans le chœur, dansle chapitre, dans le réfectoire et dans plusieurs autres endroits de l'abbaye, étaient trois levrettes ou trois loups.

Dans le manuscrit que nous avons précédemment cité, se trouvent deux petits poëmes en distiques sur la mort de Michel Bureau. Le premier de ces poëmes contient l'éloge du vénérable abbé :

Plus ejus cunctos quam verbera verba monebant; Grata fuit facies sermoque gratus erat; Aspectu lætus, ridens, vultuque decorus, Incessuque gravis, subtilis ingenio ; Consilio prudens, cunctis in rebus agendis Providus, aut deses, nec piger arguitur.

Impavidus, constans, humilis fortisque, benignus, Concors, pacificus, dulcis et eloquio, Nullum lædebat, cunctis prodesse volebat Pauperibusque fuit semper aperta manus…

La Croix du Maine parle de plusieurs harangues prononcées par Michel Bureau devant les rois de France, et de plusieurs mémoires rédigés par lui sur la police et l'administration de la justice. Ces pièces ne

cardinal, qui est d'écarlate, estimée la plus riche couleur ou teinture en drap de laine.» La Croix du Maine, Bibliothèque Française.

sont pas parvenues jusqu’à nous. On lui doit attribuer avec plus de confiance un traité dont La Croix du Maine possédait, dit-il, un manuscrit sous ce titre : De libertate ecclesiastica. Guillaume Le Rouillé, qui était parent de Michel Bureau, cite, en effet, ce traité dans son Grand Coutumier : Vide etiam cognatum meum Michaelem Bureau, in tractatu suo de Libertate ecclesiaslica, quem in brevi tempore habebitis impressum, Deo permittente (1). Il ne faut pas mêler à toutle nom de Dieu ; en effet, quoique l'impression du traité de Michel Bureau, annoncée comme prochaine en 4509, n'ait jamais eu lieu, nous ne saurions admettre que Dieu ne l'ait pas permise.

Quoiqu'ilen soit, cetécritest perdu ; maison trouve, à la bibliothèque du Mans, un manuscrit de Michel] Bureau qui n’a été connu ni de La Croix du Maine, ni d'Ansart, ni des autres bibliographes. Cet ouvrage, inscrit au catalogue sous le titre de : Liber Evangeliorum dierum dominicalium, se compose d'extraits des EÉvangiles, disposés avec méthode pour tous les dimanches de l'année. Après la signature de Robert Gaucher, chantre de La Coûture (qui paraît avoir écrit ce volume, et qui s'est lui-même recommandé aux bénédictions des lecteurs dans ce vers léonin :

Dextera scriptoris benedicta sit omnibus horis),

(1) Grand Coutumier, art. 36, gloss. 1.

Page 1