II PREFACE DE L'EDITEUR
traducteur des Mondes célestes, terrestres et infernaux de Doni; à Roland Brisset, sieur Du Jardin, traducteur de la Dieromêne, de Grotto, et de VAlcée, d'Ongaro; à Jacques de Fonteny, traducteur des Bravacheries du capitaine Spavente, de François Andreini ; à Pierre de Larivey, traducteur des Nuicts de Straparole^ enfin, à Noël du Fail, etc.; mais il nous a été impossible d'asseoir nos suppositions errantes sur la moindre preuve.
Le privilég-e du roi, daté du 3 août 1605, lequel manque dans la plupart des exemplaires de l'édition de 1606, est accordé à Gilles Fiobinot, marchand libraire à Paris, avec permission d'imprimer ou faire imprimer V Histoire macaronique de Merlin Coccaie. Mais Gilles Robinet céda ce privilège à Pierre Pautonnier, libraire et imprimeur du roi, et à Toussaint du Bray, et le livre fut imprimé sans doute par Pierre Pautonnier. Au reste, tous les exemplaires que nous avons vus portent l'un ou l'autre nom de libraire, Pautonnier ou du Bray ; il n'y en a aucun qui ail le nom de Gilles Robinet, quoique ce libraire ait exercé jusqu'en 1627 ; on est donc autorisée conclure de: ce fait que Gilles Robinet n'a pas voulu mettre son nom au livre qu'il devait publier et qu'il laissa exploiter à se? deux cessionnaires.
Ce livre est intitulé : Histoire macaronique de Merlin Coccaie, prototype de Rablais (sic) où est traicté les ruses de Cingar^ les tours de Boccal, les adventures de Léonard y les forces de Fracasse, enchantemens de Gelfore et Pandrague , et les rencontres heureuses de Balde, etc. Plus rhorrible Bataille advenue entre les Mousches et les Fourmis. C'est un volume petit in-12, de six feuilles préliminaires, y compris le privilège, et de 901 pages; les deux derniers feuillets, chiffrés 899,900 et 901, sont en plus gros caractères que le reste du volume, et paraissent avoir été réimprimés comme car-
t'RÉFACE DE L'ÉDITEUR. III
tons. Il y a aussi, dans le volume, plusieurs autres feuillets (voyez les pages 502 et 503), qui sont évidemment des cartons destinés à supprimer quelques passages du texte après l'impression. Cette traduction, dont les exemplaires bien conservés sont fort rares et se trouvent presque tous divisés en deux volumes, a été réimprimée une seule fois, sans notes et sans préface, en 17d5, à Paris, 2 volumes in-12. Une partie des exemplaires porte la date de 1606, comme l'édition originale. Nous croyons ({ue l'édition de 1734 a été faite par Urbain Coustelier, avec privilège tacile.
« L'auteur de cette traduction n'est pas connu, dit Viollet-Leduc dans la deuxième partie de sa Bihliothèqiie poétique ; elle m'a paru fort peu exacte, autant que j'en ai pu juger; d'ailleurs, le patois de Mantoue est trèsdifficile à comprendre. Cependant l'original contient une petite pièce pastorale, \ni\iw\eQ ZaniloneUa, qui m'a paru un véritable chef-d'œuvre de naïveté et de grâce : le traducteur l'a entièrement passée sous silence. » Sans doute, cette traduction n'est pas scrupuleusement littérale, mais elle se recommande aux études des philologues, comme nous l'avons dit plus haut, par une prodigieuse abondance de phrases, de proverbes et de mots qui appai'tiennent à la langue conu'que et facétieuse. On doit s'étonner que Philibert-Joseph Leroux n'ait pas mis à contribution cet ouvrage singidier dans son Dictiomiairo comique^ safyrique, critique, burlesque, libre et proverbial.
S'il nous est permis de hasarder une conjecture sur l'auteur de cette traduction, nous rappellerons que Gilles Hobinot imprimait vers la même époque le Prélude poétique de Robert Angot, sieur de l'Esperonnière, et que ce poète normand, qui s'inspirait à la fois des poètes classiques de l'antiquité et des poètes italiens, a mis