État médiocre. Diarrhées cholériques
10 Octobre. — Érysipèles des plaies. Il y a trop de malades pour que la situation soit bien satisfaisante.
11. — « En trois jours 800 fiévreux, environ, sont entrés à Thôpital. Je dis environ, car le bureau des entrées n'a pu en relever le chiffre exact. M. Longet et moi avons donc chacun 400 malades. Sans doute nous pouvons parcourir nos salles, mais il est matériellement impossible de donner des soins suffisamment éclairés à tous ces pauvres gens. J'ai donc l'honneur, Monsieur le Médecin en chef, de vous prier de nous adjoindre deux médecins traitants (Servier) \ »
21. — Dysenteries, fièvres typhoïdes en grand nombre ; pourriture d'hôpital , érysipèles.
25. — « Je signale la présence d'un cheval mort sous les fenêtres des malades, depuis hier matin, ainsi que des tas de fumiers et immondices dans les cours. Avec notre grand nombre de malades graves des accidents sérieux peuvent s'ensuivre. » (Allaire) *.
4 Novembre. — « Je suis entré aujourd'hui à quatre heures et demie dans la cuisine de l'hôpital et y ai trouvé le désordre le plus complet. Elle était encombrée par des malades faisant fonctions d'infirmiers, sous la direction de l'un d'eux. La moitié des beaftecks préparés avaient déjà disparu, enlevés par les envahisseurs. Le bouillon est assez bon, mais les
' Nous n'avons pu le faire qu'en désorganisant d'autres services. * J'en ai de suite rendu compte au commandement, qui a donne les ordres nécessaires.
portions trop petites. Les potages consistent en riz à reîxu, vert, aigi^e et mauvais. Pour légumes, du riz aussi à Teau ; de sorte que le régime, qui devrait être réparateur, est représenté par un peu de riz à l'eau. Il n'est pas étonnant que nos soldats aillent mendier en ville et que nos diarrhéïques ne se relèvent pas. Les dames, dont le concours pourrait être si efficace pour la surveillance et pour la préparation des aliments, sont rebutées par l'accueil qui les attend lorsqu'elles se présentent à la cuisine. Ma chambre, et je ne suis pas le seul dans ce cas, ressemble à un magasin d'épicerie: vins rouges, vins de Porto, cognac, potages, lait concentré, chemises, caleçons, linge de tout genre, généreusement donnés par les sociétés de secours, l'encombrent. Je distribue moimême ou par l'intermédiaire d'une dame ce qui peut être donné directement. Mais ce qui doit passer par la cuisine, faut-il le livrer soit au gaspillage, soit à une préparation défectueuse? Comment faire? l'Administration a jeté le manche après la cognée : il faut que le médecin soit tout, fasse tout, surveille tout. Aujourd'hui un industriel de bas étage a été trouvé dans les salles, venant acheter des effets. Les malades ne pouvant plus sortir on vient les trouver ; la montagne vient à eux puisqu'ils ne peuvent plus aller à elle. Au milieu de tout ce désordre, que devient la médecine? Le rôle que nous remplissons ici n'est pas le nôtre ; notre sollicitude pour nos malades nous force à l'accepter, mais pour ma part je proteste énergiquement contre l'obligation à laquelle je suis réduit. » (Aronssohn.)
6 Novembre. — La concentration des malades dans le bâtiment A s'est faite dans le plus grand désordre, au lieu de s'opérer par service. Ils se sont trouvés
mêlés et il a fallu faire de nouveaux transports pour établir un peu de régularité. A certains escaliers il n'y a qu'un infirmier pour 45 blessés ; presque tous étant employés au déménagement du matériel les malades ont été, pour ainsi dire, abandonnés. Plusieurs services sont entièrement à organiser. L'établissement est dans un état de malpropreté indicible. Mais aussi tous les jours on nous enlève des infirmiers et beaucoup se sauvent. Le service devient impossible, car il n'y a plus de malades pouvant aider. Une cantine a été installée au rezde-chaussée. Il est bien désirable que les escaliers occupés par nos malades soient évacués par les soldats allemands. » (Aronssohn.)
Ecole d'artillerie (M. Vézien).
27 Août. — Situation assez bonne. Pas d'imminence d'épidémie.
5 Septembre. — - Diarrhées, peut-être dues aux raisins non mûrs.
8. — Situation médiocre. Plusieurs plaies prennent un aspect fâcheux et se couvrent de fausses menbranes.
11. — Les diarrhées diminuent. Un peu de pourriture d'hôpital.