ÉPILOGUE
qualités ont suivi le soldat jusque dans nos ambulances. Nous avons tous, gens du monde et médecins, admiré la résignation des blessés et leur soumission digne aux rigueurs de la guerre. Chacun de nous a été touché de la confiance qu'ils nous témoignaient., de la reconnaissance qu'ils accordaient à nos soins. La douleur semblait plutôt exalter qu'attiédir leurs sentiments généreux. Apportés à l'ambulance avant la fin d'une bataille, ils s'informaient avec anxiété, près des survenants, de ce qu'on faisait là-ba^. De bonnes nouvelles les enlevaient un instant à la sensation de leurs propres maux ; ils étaient tout à la joie. Au récit de mauvaises nouvelles, ils baissaient la tête et, s'oubliant encore, disaient tristement: Pauvres camarades I
Notre malheureuse ville, si française, si longtemps flère de sa couronne virginale, a voulu consacrer, par un témoignage durable, ses sympathies envers cette armée, non moins qu'elle, digne d'un meilleur sort, et qui n'avait, ainsi qu'elle, succombé qu'à la faim. Le 7 septembre 1871, Metz inaugurait, au milieu du concoure immense d'une population sombre et recueillie, un monument à la mémoire des braves morts dans ses murs.
D'un style grandiose et simple, ce monument ^ se
* Dû au talent bien connu de M. Demoget.