CHAPITRE IX
de cavalerie le 7* corps. Le 2« corps de cavalerie déboucha par Ouvarowa au-delà de la Lossmina ^ pour surveiller la petite plaine entre le village de Loguinowa et la Lossmina, et couvrir le flanc droit du 7* corps.
Un brouillard très-épais^mpêcha de découvrir les colonnes de Ney qui s'avançaient vers la Lossmina; ce ne fut que lorsqu'elles furent parvenues jusqu'à la distance de a5o pas des batteries russes, qu'elles furent accueillies par 4o bouches à feu tirant à mitraille. Loin d'être déconcertées par cette réception, elles passèrent le ravin de la Lossmina , et se jetèrent sur les batteries russes avec une fureur et un courage admirable; mais le général Paskewicz, qui se précipita sur elles à la baïonnette à la tête du régiment d'Orel , et des Ô® et 4a* de chasseurs ^ parvint à les repousser avec l'aide d'une charge brillante du régiment des hulans de la garde; ces derniers, à cette occasion, enlevèrent une aigle. Des colonnes qui avaient passé la Lossmina à la droite de la grande route , furent aussi chargées et culbutées par le régiment des grenadiers de Pawlowsk , qui en fit un grand carnage. Malgré le mauvais succès de cette première attaque , l'ennemi se voyant dans une situation désespérée , résolut de faire une nouvelle tentative pour s'ou-
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vrir le passage l'épée à la main. Vers les cinq heures il reparut de nouveau , et ses colonnes , quoique cruellement mitraillées par une batterie russe de vingt-quatre pièces établie à la droite du grand chemin , avançaient avec une rare intrépidité. Des rangs entiers tombaient et se trouvaient remplacés sur-le-champ par ceux qui les suivaient et qui venaient mourir à la même place. Tout le corps de Ney fut ainsi passé par les armes , et éprouva des pertes accablantes pendant un certain temps : les ennemis , quoique exténués , firent preuve de l'opiniâtreté la plus héroïque ; mais enfin voyant l'inutilité de leurs efforts, ils lâchèrent le pied et se retirèrent en désordre , à quelques werstes en arrière.
Le maréchal Ney voyant l'impossibilité absolue d'éviter la perte du gros de son corps qui ne présentait plus qu'une masse informe de bataillons désorganisés, se mit du moins en devoir d'en sauver une partie. A la tête d'environ 4 mille hommes de troupes moins en désordre que le reste, il se dirigea, à l'entrée de la nuit, vers le village de Syrokorenié pour y passer le Dnieper sur la glace encore très-faible. Pendant qu'il était occupé à ce passage, il fut atteint par le régiment de kosaques du colonel Czernozoubow , qui lui enleva encore lo ca-