‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812 (volume 2)Chapitre 12 sur 208 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

et descendit ensuite la rive droite de cette rivière, pour menacer la gauche des Français. La !i* ligne des Russes se forma en colonnes de marche, et suivit de près la i^^ ligne pour être à même de la soutenir. La cavalerie du prince Repnin, la réserve et l'avant -garde marchaient à quelque distance en arrière du corps de bataille.

Le général Verdier, vivement pressé , dut ac- . célérer sa retraite, jusqu'à la positidti de Soko- /^ litchi, où il essaya de tenir ferme, toutefois / sans pouvoir y réussir. Attaqué de front par le /

prince de Sibérie à la tête du régiment de Mo- î hilew infanterie et d'un bataillon de celui de Sewsk , inquiété en outre sur ses deux flancs par les deux régiments de chasseurs dont nous avons parlé , il se vit obligé de continuer sa retraite au-delà de la Drissa, qu'il repassa à Siwokhino. Verdier, dans sa retraite , perdit près de a mille prisonniers. Le corps du conite Wittgenstein se plaça en échelons entre Sokolitchi et Siwokhino ; ^ mais dans la nuit ses troupes légères passèrent laJQrissaet poussèrent jusqu'à Boïartchina.

L'on voit avec surprise les deux partis , dans le courant d'une seule journée , commettre successivement la même faute. D'abord le général Koulnef , emporté par son ardeur, s'engage avec

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le gros des forces ennemies, sans songer qu'il ne peut être soutenu par le comte Wittgenstein demeuré à a5 werstes en arrière. I^a défaite de l'avant-garde russe, qui fut le résultat de cette imprudence, aurait dû prémunir les Français contre une faute de même genre ; cependant le maréchal Oudinot, répétant la manœuvre qui avait perdu Koulneflf, lança Yerdier au-delà de la Drissa, tandis que lui-même demeurait tranquillement à la gauche de cette rivière. Verdier, plein d'audace et de courage, donna tête baissée sur le gros du corps de Wittgenstein. Les mêmes causes doivent nécessairement produire les mêmes effets. La défaite de Verdier fut aussi complète que l'avait été celle de Koulnef. Il faut observer cependant que le général russe était plus excusable. Le gros du corps d'Oudinot avait été battu le 1 9 , et Koulnef pouvait supposer que le désordre où il trouverait l'ennemi compenserait l'infériorité en nombre des troupes russes; les Français, au contraire, dans la matinée du ao, n'avaient obtenu de succès que contre une avant-garde , dont la défaite ne pouvait avoir influé sur la contenance du corps principal de Wittgenstein, qu'ils devaient conséquemment s'attendre à trouver en état de les recevoir.

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