CHAPITRE X. 3o
L'amiral Tschichagof , averti de ce mouvement , donna ordre au général Essen de marcher avec son corps sur Biala. Celui de Boulatof fut dirigé sur Lomazy. Il fut prescrit au premier de marcher a\fec précaution, parce que l'on ignorait la force du corps qui était à Biala; si l'ennemi se trouvait supérieur en nombre le général Essen ne devait pas s'engager avant d'attirer à lui le corps de Boulatof. Ceux de Woïnof et de Scherbatof reçurent l'ordre de se rapprocher de Brzest.
Le 5 octobre , le général Essen passa le Boug à Brzest, et s'avança jusqu'à Zalésié. Le lendemain il continua sa marche sur Biala. Les avant-postes ennemis furent repliés jusque derrière la rivière de Bialka , et le corps d'Essen parvint sans obstacles sur ses bords, où il se trouva en présence de celui de Reynier. L'ennemi occupait une position au-delà de la Bialka , ayant son flanc gauche appuyé à cette rivière, et sa droite au bourg de Biala, faisant face à la route de Brzest. Ses tirailleurs garnissaient la rive droite de la Bialka jusqu'à son embouchure dans la Zna. Le général Essen s'arrêta avec le gros de son corps en arrière du village de Selets, et fit engager le combat par quatre bataillons, qui se répandirent en tirailleurs sur les bords de la Bialka, depuis le village de Selets jusqu'à un bois situé II. ao
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sur le chemin de Biala à Pratoulin. Deux bataillons furent encore envoyés pour occuper ce bois, et la chaîne des tirailleurs fut soutenue par les régiments de dragons de Smolensk et de Gitomir et par deux batteries ; la première , de quatre pièces, établie sur la grande route; la seconde, de douze pièces, sur la droite, près du bois dont nous avons parlé et dans le prolongement des lignes saxonnes.
Les batteries des ennemis répondirent au feu des nôtres; cependant le général Reynier, pour dérober sa gauche aux coups d'enfilade du canon russe, fut obligé de la replier en arrière et de se placer parallèlement au chemin de Pratoulin à Biala. Mais Tennemi était trop supérieur en nombre pour ne pas l'emporter à la longue. Ses tirailleurs, repassant de nouveau la Bialka au moulin de Kasouli sur le chemin de Pratoulin , firent rétrograder les deux bataillons envoyés pour occuper le bois , et enlevèrent deux pièces de canon que l'officier commandant la batterie de droite avait détachées plus loin pour battre en flanc la nouvelle position de Reynier. Deux escadrons de dragons de Gitomir essayèrent de dégager les pièces perdues ; mais ils ne purent en ramener qu'une , l'autre demeura entre les mains de l'ennemi.
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Sur ces entrefaites, un régiment de kosaques qui éclairait la droite du général Essen, lui rapporta que de fortes colonnes ennemies avaient passé la Bialka à Tsizibor sur le chemin de Biala à Janow, et marquaient leur direction sur ^le village de Wosskrenitsa , situé, sur la route de Brzest , en arrière de la position occupée par le corps russe. Essen , se voyant ainsi menacé d'étrfe tourné par sa droite , se détermina à la retraite , qu'il exécuta en bon ordre jusque derrière la Zna, dont il se couvrit. L'ennemi le poursuivit jusqu'au village de Wosskrenitsa. Son corps s'arrêta pour passer la nuit près de Zalésié. L'arrière-garde fut laissée sur les bords de la Zna. Cette petite affaire coûta au général Essen 3oo hommes tués et pris» Le corps de Boulatof se trouvait à Pietchats,
L'amiral , informé de cet échec, et jaloux d'en prendre sa revanche , partit de Brzest le 7 de grand matin , avec les troupes de Langeron et de Lambert, qui se ^trouvaient déjà près de cette ville, et rejoignit vers le soir le corps d'Essen^ qui s'avança jusqu'à Liakhowka. Mais le général Reynier eut la prudence de ne pas attendre l'attaque de forces supérieures; il évacua Biala et se replia sur Droguiczin. Le corps de Lambert le poursuivit au-delà de Biala* L'amiral vint à Brzest.
Le général prince Scherbatof , pendant son
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séjour à Proujany , avait détaché le général Tschaplits avec quatre bataillons, dix escadrons, deux régiments de kosaques et douze pièces d'artillerie à cheval , pour dissiper un rassemblement de troupes que le gouvernement central de la Lithuanie faisait former à Slonim. Le général Tschaplits, arrivé à Proujany, y laissa le gros de son détachement, et lui-même avec six escadrons de hussards, les kosaques et quatre pièces de canon , se porta sur Slonim , où il arriva le 8 octobre à la pointe du jour. Le général polonais Konopka, qui y formait un régiment de hulans, fut surpris et entièrement défait. Lui-même avec environ 5oo hommes fut pris. Cent hommes furent tués. Il n*y eut qu'un très -petit nombre d'ennemis qui échappa par une fuite précipitée sur Wilna. Le général Tschaplits demeura en observation à Slonim et Proujany.
Nous avons vu dans le chapitre VII que le général Dombrowski observait le corps de Ertell. Il se préparait même à bloquer Bobrouïsk ; mais la retraite de l'armée austro - saxonne jusque derrière le Boug l'obligea à ajourner ses projets sur cette place, pour se mettre en état de couvrir le point de Minsk, où les ennemis avaient établi un grand dépôt , et que l'évacuation de Pinsk par les Autrichiens laissait