‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812 (volume 2)Chapitre 153 sur 208 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

de nouveau à la droite de Ja Rossi , et rejoignirent la division Durutte.

La surprise de Wolkowisk, quoiqu'ellein'eût pas le succès désiré , fit cependant éprouver à l'ennemi une perte de 5oo prisonniers, et d'un nombre à peu près égal de tués. Celle des Russes fut insignifiante.

Le prince de Schwartzenberg , informé que Reynier était vivement pressé , s'était déterminé à marcher à son secours , et avait repris le chemin de Slonim à Wolkowisk : son avant-garde , aux ordres du général Frœlich , atteignit , dès le 3, Medzirger. Cependant quelques prisonniers, amenés par des kosaques , s'étant accordés à soutenir que les Autrichiens , loin de continuer leur mouvement sur Wolkowisk, s'étaient de nouveau reportés sur Slonim , le général Sacken , trompé par ce faux avis , résolut de ne plus différer à attaquer Reynier. Le 4 ? au matin , le général Boulatof reçut ordre de passer le ruisseau à Licziki, et d'assaillir la gauche des ennemis, tandis que le corps d'Essen et la réserve contiendraient leur centre et leur droite. Vers midi, de part et d'autre , le feu s'engagea vivement et l'affaire allait prendre une tournure sérieuse , lorsque le bruit de deux coups de canon tirés dans la direction d'Izabélin, obligea le général Sacken

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à suspendre son attaque. Bientôt après, des fuyards, accourus de ce côté, donnèrent la nouvelle que ce bourg avait été occupé par la cavalerie de l'avant -garde autrichienne, qui s'y empara d'une partie des équipages du corps russe, que, malgré les ordres, quelques régiments y avaient laissés. Des blessés , que par suite de la même négligence Ton avait transportés de Wolkowisk à Isabélin , au lieu de les évacuer sur Gnezno, tombèrent aussi entre les mains de l'ennemi.

Le général Sacken se voyant sur le point d'être pris entre deux feux, sentit qu'il n'avait pas un instant à perdre pour assurer sa retraite , qui ne pouvait s'effectuer que par le pont de Blankitna sur la Rossi. Il y envoya sur-le-champ le comte Liewen avec la réserve ; le régiment de Serpoukhow, que l'on avait retiré d'Izabélin, dans la persuasion qu'il n'y restait plus rien des bagages de l'armée , reçut ordre de s'y reporter. Dans le même temps, pour couvrir les dispositions de retraite, et donner le change à Reynier, l'on fit réoccuper en toute hâte la ville de Wolkowisk par cinq bataillons.

Le régiment de Serpoukhow rencontra quelques hussards ennemis qu'il poussa sur Izabélin , mais il ne nut rentrer dans ce bourg déjà forte-

ment occupé par le gros de Tavant-garde de Frœlich. D'un autre côté, l'on reçut la nouvelle que le comte Liewen avait atteint sans obstacle Blankitna , et qu'il continuait sa marche sur Gnezno. Alors Sacken ordonna au corps d'Essen de prendre aussi la route de Blankitna. Ce dernier se mit en marche à six heurçs du soir. Son mouvement rétrograde fut couvert par le corps de Boulatof , qui se prolongea par sa gauche , et fit ensuite l'arrière-garde de l'armée. La nuit qui survint .empêcha les ennemis de poursuivre les Russes, qui en profitèrent pour passer la Rossi, et se porter, par Gnezno, sur Swislocz , où tout le corps se trouva rendu le 5 , à deux heures après niidi. L'arrière-garde , commandée par le général Mélissino, et composée des hussards de Grodno et des kosaques, se plaça à deux werstes de'Swilocz , sur la route de Mstibow.

^ Le prince de Schwartzenberg , se dirigeant par Porozow sur Berniki, menaçait de s'emparer, sur les derrières des Russes, du pont de Roudnia sur la Narew, et de leur couper ainsi la retraite par la forêt de Bialowège. Afin d'éviter ce funeste résultat , le général Sacken dut se hâter de gagner le point de Roudnia. Dès l'après-midi du 5, l'on envoya à W. Grinkî le régiment des

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hulans de Czougouiéw, et ceux des dragons de Serpoukhow et de Smolensk , avec six pièces de canon, afin de masquer la route de Porozow par Sokolniki. Les bagages de l'armée se mirent en marche à dix heures du soir, sous l'escorte du régiment des dragons de Wladimir ; une heure après , le comte Liewen partit avec la réserve , et alla s'établir sur le chemin de Berniki à Roudnia. Les corps d'Essen et de Boulatof ne quittèrent Swislocz que le 6 à quatre heures du matin ; ils furent suivis par l'arriçre-garde du général Mélissino.

Les ennemis, contenus par la réserve du comte Liewen , n'osèrent engager un gros corps dans la forêt de Bialowège. Il n'y eut que quelques centaines de leurs tirailleurs qui, pénétrant par des sentiers de la foret, parurent, vers les sept heures du matin, sur le chemin de Swislocz à Roudnia, et assaillirent la queue de la colonne de bagages; mais le général Essen ayant détaché le 37* de chasseurs, et le régiment de Schlusselbourg , infanterie , qui marchaient à la tête de son corps, ces bataillons se répandirent en tirailleurs et chassèrent ceux des ennemis.

Pendant ce temps, une nombreuse cavalerie ennemie pressait vivement l'arrière-garde russe

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