‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812 (volume 2)Chapitre 3 sur 208 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

dos. Le 1 1 , à huit heures du soir , le corps russe partitdePokaewtsy , et se dirigea sur Pridrouïsk. où il arriva le lendemain matin.

Le corps de Datâïïre fut placé près de Pridrouïsk , et la réserve demeura à Rassitsy ; un détachement occupa Drouïa , et l'on commença sur-le-champ le travail des ponts. Le détachement posté à Wolyntsy fut partagé : une partie y demeura , l'autre se porta à Pokaewtsy.

Arrivé près de Drouïa, le comte Vittgenstein apprit que , d'un côté , l'ennemi avait poussé de Dissna jusqu'à Zamchany et Siwokhino , tandis que de l'autre Macdonald se préparait aussi à passer la Duna à Jakobstadt. Si , dans cette circonstance, le général russe s'était obtiné à poursuivre l'exécution de son premier projet, de passer à la gauche de la Duna , les deux corps ennemis auraient pu faire leur jonction dans les environs de Lutzin, sur les derrières des Russes , qui , coupés de Pétersbourg , se seraient vus fortement compromis. Ces raisons déterminèrent le comte Wittgenstein à ne faire passer la Duna qu'à l'avant-garde de Koulnef , pour recueillir des bagages et des prisonniers sur les derrières des ennemis. Le comte lui-même se décida à prendre la route de Drouïa à Sébége , afin d'occuper une position centrale entre Mac-

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donald et Oudinot, et d'empêcher ainsi leur jonction.

Le corps de bataille se porta donc le i4 à Rassitsy , et la réserve à Baby ; l'avant-garde repassa à la droite de la Duna; les détachements qui avaient été portés sur la Drissa, et qui à l'approcha de l'ennemi s'étaient repliés jusqu'à Ossvsréïa, furent renforcés par la cavalerie, et reçurent ordre de se reporter sur la Drissa. L'un de ces détachements, commandé par le général Helfreich, se dirigea sur Pokaevsrtsy; l'autre, aux ordres du général Balk , par Kokhanowo et Swolna, sur Walyntsy. Le i5, Roulnef, avec son avant-garde , remontant la droite de la Duna, se porta sur la Drissa. Arrivé sur la Swolna , il

^ envoya son infanterie au général Balk, à Swolna, et poussa lui-même avec sa cavalerie jusqu'à Wa-

. lyntsy.

Le maréchal Oudinot était arrivé à Polotsk, le 1 4 » avec deux divisions d'infanterie , une de cuirassiers et une brigade de cavalerie légère ; la troisième division d'infanterie , et la deuxième brigade de cavalerie légère, qui faisaient partie de son corps , étaient demeurées à Dissna. Heureusement pour le comte Wittgenstein , les ennemis n'avaient pas le projet d'opérer avec les a* et lo* corps conjointement, et les manœuvres

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de Macdoiiald n'étaient que des démonstrations. Néanmoins Oudinot, ayant reçu l'ordre d'agir séparément contre le comte Wittgens^ein , était à lui seul assez supérieur en nombre au corps russe, pour espérer de le culbuter et de le pousser jusque sous Pétersbourg; et dans le cas où il eut pu parvenir jusqu'à cette capitale , ses opérations, quoique secondées, auraient pu avoir rinfluence la plus mai'quée sur l'ensemble de la guerre. Ces considératiops engagèrent Oudinot fi pousser fortement en avan^ dans la direction de Sébége. Le 1 6, il se mit en mouvement. Les divisions Legrand et Verdier, et celle de cuirassiers de Doumerc , campèrent près de Dworets, entre Bélaïa et Siwokhino. La brigade de cavalerie légère de Castex poussa, au-delà de la Drissa, vers Sokolitchi; la division Merle se porta de Dissna à Losowka; la brigade de cayalerie légère de Corbineau , qui couvrait à gaxjjche la marche de cette division , eut un engagement très * vif avec les escadrons de Koulneff.

Un mouvement aussi prononcé annonçait, dç la part du maréchal français , les projets les plus sérieux, et, dans le m^me temps, le comte Wittgcnstein recevait un rapport du géqféral Hammen , qui l'informait que Macdonald avait

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passé la Duna à Jakobstadt, et se dirigeait sur Diinabourg; qu'eu conséquence, ne se trouvant pas en état de se soutenir dans ce poste , il en avait retiré son infanterie , en la portant sur le chemin de Réjitsa, pour être à portée de couvrir le point important de Lutsin.

Il semblait vraisemblable que les deux corps français ne combinaient ainsi leurs mouvements respectifs que pour tâcher de se réunir sur les derrières des Russes. Le meilleur moyen de prévenir cette jonction étant de les attaquer séparément, le comte Wittgenstein prit le parti de se porter d'abord contre le maréchal Oudinot, dont les manœuvres menaçaient plus particulièrement sa ligne d'opérations. Le corps de bataille et la réserve se mirent en mouvement de Ras- \ i sitsy et de Baby, par Kokhanowo, sur KJiastitsy. ^ l Les détachements de Balk et de Helfreich durent ^ se porter directement sur Kliastitsy, afin de couvrir le mouvement des principales colonnes, tandis que le général Koulnef , avec son avantgarde , remontant la droite de la Drissa , se por-

terait vers Sokolitchi. On envoya ordre au général Hammen de contenir autant que possible le maréchal Macdonald , afin de donner le temps de terminer l'opération contre Oudinot. Le détachement de Hammen était composé de dix

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faibles bataillons de réserve, formant environ 3,3oo hommes , et de quatre escadrons de hussards réunis formant 4^4 chevaux.

Les troupes russes s'étaient mises en marche le 1 7 à midi ; mais comme l'ennemi était beaucoup plus rapproché de Kliastitsy, ce point important se trouva occupé par lui au moment où le comte Wittgenstein avait pu à peine atteindre Khonowiczi. Cependant cette circonstance n'aurait pu engager le général russe à suspendre sa marche, si la nouvelle qu'il reçut, dans la nuit du 17 au 18, du départ de l'armée de Barklay pour Smolensk, ne lui eût fait appréhender de trouver le corps d'Oudinot trop en forces. Il pouvait se faire que Napoléon , n'étant plus contenu vers Witebsk par la première armée, eût envoyé de puissants renforts à son lieutenant; d'un autre côté, il ét%it aussi bien urgent de rouvrir les communications directes avec Pétersbourg, fortement compromises par la marche des ennemis sur la route de Sébége.

Pour trancher ces difficultés, le comte Wittgenstein crut devoir consulter ses généraux, qu'il réunit en conseil de guerre. Le général Dauvray , chef d'état - major du corps , déclara qu'il n'y avait pas un moment à perdre pour attaquer Tennemi; que c'était l'unique

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moyen d'arrêter son mouvement, qui, en menaçant de tourner la gauche des Russes, pouvait les séparer entièrement de Pétersbourg , et les jeter sur le golfe de Riga , où leur ruine serait devenue inévitable. Cette opinion, appuyée de celle du général-major prince JachwiU, chef d'artillerie, fut adoptée à l'unanimité, et l'on résolut de continuer la marche sur Klia3titsy, afin d'y attaquer tout ce qu'on pourrait y trouver d'ennemis.

Le i8 au matin, tout le i*"* corps se rassemblai Katérinowo, sur la Swolna; l'avant-garde , commandée par le général Koulnef , et composée de 4 bataillons et de 8 escadrons, en tout de 3,73 1 hommes, avec la pièces d'artillerie à cheval, se remit en marche à dix heures du matin, se dirigeant de Katérinowo sur Kliastitsy ; elle fut suivie de pjès par le corps de bataille , fort de 2:^ bataillons ttt 8 escadrons, en tout de i3,o65 hommes, avec 72 pièces de canon; la réserve , commandée par le général Sazonof , et composée de 8 bataillons, formant 4)5^9 hommes, et un détachement aux ordres du prince Repuin, de 2 bataillons et de 8 escadrons, en tout de 1,607 hommes, avec une compagnie d'artillerie de position, demeurèrent à Katérinowo.

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