CHAPITRE VU
et dans un couvent où ils cherchèrent à se réfugier. Tout le détachement du général Kiingel fut détruit, après avoir soutenu neuf heures de combat acharné : quatre drapeaux , huit canons , et 2,3oo prisonniers, au nombre desquels se trouvait le général Kiingel lui-même , tombèrent entre les mains des Russes; les'Saxons eurent en outre plus de 2 mille hommes tués. La perte des Russes monta à 77 hommes tués et 181 blessés. Le général saxon mérita son malheur par l'imprudence qu'il commit en acceptant un engagement contre des forces très-supérieures, et en ne songeant pas assez tôt à la retraite, que dans les premiers moments du combat il aurait pu effectuer avec sûreté sur Proujany, d'où il lui eût été facile de rejoindre le gros du 7® corps.
Le général Reynier, informé que les Russes menaçaient Robrin, était parti en toute hâte de Khomsk pour soutenir Kiingel , et s'était avancé même jusqu'à Antopol ; mais instruit par les fuyards de la malheureuse issue du combat, il retourna le même jour à Khomsk. La défaite de Kiingel réduisant à i3 mille hommes la force totale du 7® corps, Reynier ne se vit point en état de s'opposer à la marche de l'armée russe, et résolut de se replier par Slonim sur le corps
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du prince Schwartzenberg , qu'il sollicita de revenir à son secours. Le général autrichien , qui avait déjà atteint Neswige , sentant l'importance d'assurer les derrières de la grande armée française, se détermina à rebrousser chemin pour soutenir Reynier. Le 19, les Autrichiens quittèrent Neswige , et le 20 ils arrivèrent à Stalowiczi ; le 21 , ils vinrent à Polonka, et le 22 à Jakimowiczi, où ils se trouvèrent en liaison avec le corps de Reynier qui avait atteint Slonim.
L'armée russe , que le manque de vivres avait forcé à séjourner à Kobrin, en repartit le 18 ; l'avant-garde du comte Lambert se porta à Gorodeczna, sur la route de Proujany, et le corps ^ principal à Gorodets, sur celle d'Antopol. Le 19, l'armée vint à Antopol; l'avant-garde du général Tschaplits s'avança jusqu'à Khomsk; celle du comte Lambert se porta à Malets, et établit ses avant - postes sur la Jasielda , à Selets et à Kartouska-Béreza. Le général Tormassof, toujours gêné dans ses subsistances, n'osa pousser plus loin , de peur de trop s'éloigner de ses magasins établis en Wolhynie.
L'empereur Napoléon, forcé par les circonstances de dissimuler sa défiance pour les Autrichiens, approuva la détermination du prince Schvsrartzenberg , et le chargea de diriger en chef