CHAPITRE VII. Io
tiube, ût une forte reconnaissance sur la ligne du Styr depuis Loutsk jusqu'à Béresteczko. Cette reconnaissance l'ayant convaincu que la jonction des deux armées russes était effectuée, il jugea dès-lors que leurs généraux allaient reprendre l'offensive , et ne se voyant plus assez en forces pour leiu: opposer une résistance efficace , il se prépara à la retraite. Le même jour, la division Boulatof arriva à Doubno , et le comte Langeron s'avança jusqu'à Lenezna. Le 6, on fit jeter des ponts sur le Styr à Krasnoïé , à Khrynniki et à Béresteczko. Le 7, l'amiral vint à Tolpygin, le comte Langeron à Khrynniki, et le général Bonlatof à Kosin. Le 8, ce dernier atteignit aussi le Styr et se plaça à Béresteczko.
Le comte Lambert, ayant été informé par ses troupes légères qu'un régiment de dragons autrichiens se trouvait à Gaaroukow sans être soutenu , résolut de l'enlever. Dans la nuit du 7 au 8, il passa le Styr à Krasnoïé avec dix escadrons et quelques kosaques et se porta sur Czaroukow, se faisant précéder par quinze hulans du régiment de Tatarie, qui parlaient l'allemand, et qui furent déguisés en dragons autrichiens , pour tromper les avant - postes. Arrivé près de Czaroukow, le comte Lambert aperçut les bivouacs des ennemis près du village
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de Neswige. La longueur de leur ligne faisait voir qu'ils étaient plus en forces qu'on ne l'avait supposé; mais Lambert, comptant sur l'effet de la surprise, ne se laissa pas décourager. Il détacha directement sur Neswige un escadron avec cent kosaques, et lui-même , avec le reste de son monde, continua sa marche par Czaroukow, dans l'intention de tourner le camp des alliés. Un piquet polonais que l'on rencontra près de ce village , trompé par le déguisement des pré tendus dragons , fut enlevé sans résistance ; cependant un coup de pistolet, qui fut tiré à cette occasion, pouvant donner l'éveil à Tennemi, le comte Lambert se hâta de marcher contre lui. Quatre escadrons furent laissés en réserve à Czaroukow, les cinq restants se portèrent au grand trot contre le flanc droit des troupes combinées. Ils rencontrèrent, avant d'y arriver, un escadron qui essaya de les arrêter; mais le capitaine Iliachewicz , se précipita sur lui à la tête d'un escadron de hussards d'Alexandrie , le cul* buta et le mena battant jusqu'au camp où il sema l'épouvante. Les forces de l'ennemi consistaient en six escadrons de dragons autril[;hiens , deux de hussards saxons, trois de hulans, et trois de milices de Varsovie. Ces quatorze escadrons saisis de «terreur s'enfuirent, en laissant trois