‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812 (volume 2)Chapitre 68 sur 208 · CHAPITRE VIll · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIll

de ne point bouger, pour ne pas démasquer le mouvement de l'armée , jusqu'au moment où l'affaire s'engagerait; elle devait alors précéder les colonnes de la gauche dans leur marche vers la Czernichnia.

Le 5 octobre, à sept heures du soir, les troupes se mirent en mouvement , traversèrent la Nara , et continuèrent leur marche dans la direction' donnée. Vers les dix heures, les colonnes de droite, conduites par le quartier -maître- gêné- i rai ToU, firent halte à la lisière du bois situé l en avant et sur le flanc gauche de l'ennemi.

(Voyez pi. IX.) La première s'arrêta près du village de Stramilova, la seconde près de celui de Khorossino, et la troisième sur le chemin qui mène de Spasskoïé à 'Bétérinki. Les colonnes de la gauche se déployèrent derrière le rideau de l'avant - garde , étendu entre les villages de Deduia et de Gliadowo. Dans cette position l'armée attendit le signal du combat, qui devait partir de la droite.

L'attaque avait été fixée pour le 6 à la pointe du jour, mais des circonstances dues au hasard en retardèrent le moment : ce ne fut qu'à 7 heures du matin que la première brigade de la deuxième colonne put déboucher du bois; le feu de six pièces qui l'accompagnaient, donna incontinent

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le signal attendu. Il faisait déjà grand jour. L'ennemi que l'on comptait surprendre, avait déjà remarqué un mouvement extraordinaire sur sa gauche. Le 2^ corps , en débouchant du bois, trouva l'aile menacée formée en ligne sur les hauteurs en arrière de Tétérinki. Les Français faisaient bonne contenance, et la canonnade s'engagea vivement des deux côtés; mais le comte Orlof-Denissof ayant paru sur les derrières de leur gauche , la division de cavalerie de Sébastiani, qui formait la pointe de cette aile, fut mise dans un désordre qui se communiqua bientôt au reste de la ligne. Toute la gauche ennemie se replia avec précipitation derrière la Czemichnia, en abandonnant une partie de son artillerie. •

Si , dans ce moment , d'après la disposition arrêtée , les deux colonnes russes de droite eussent continué à appuyer à droite , l'on aurait pu prévenir l'ennemi à Spass-Kouplia, sur la grande route de Moscou; mais la troisième colonne, retardée dans sa marche par un de ces accidents qui n'arrivent que trop souvent à la guerre, n'ayant point encore débouché du bois , le général Beningsen n'osa exécuter un mouvement de crainte de trop s'étendre. Le 2® corps continua à s'avancer lentement vers la Czernichnia,

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