CHAPITRE IX
Le combat de Wiazma fit éprouver à rennemi^ une perte d'environ 7 mille hommes hors de ligne, dont plus de 2 mille prisonniers, au nombre desquels se trouvait le général Pelletier. On lui enleva en outre un drapeau et trois canons. La perte des Russes fut de 800 hommes tués et de mille blessés. Lé général-major S weczin, emporté par son cheval dans une charge de cavalerie , fut fait prisonnier. Cette affaire montre déjà le découragement dont les troupes de Napoléon commençaient à ressentir les atteintes. Les corps de Davoust , du vice-roi et du prince Poniatowski qui furent engagés , présentaient encore un total d'environ 4o mille combattants, sans compter le corps de Ney; tandis que le nombre des troupes régulières que les généraux Platof et Miloràdovsrich avaient à leurs ordres ne s'élevait pas audelà de 2 5 mille hommes. Cependant, dès l'arrivée de l'infanterie russe, la victoire ne fut pas un instant douteuse. ^
On reprochera peut-être au prince Koutousof
de n'avoir pas forcé de marche , afin d'arriver à Wiazma avant l'ennemi et de lui barrer le passage, en l'obligeant ainsi à livrer une bataille décisive pour rouvrir ses communications avec Smolensk. Il est incontestable , que dans cette bataille , les chances eussent été pour les Russes, puisque II. i3
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dans le cas même où la fortune des armes se fut déclarée contre eux, ils avaient la retraite Hbre sur Joukhnow; tandis que la défaite des ennemis entraînait infailliblement après elle la ruine complète de leur armée , qui , coupée de toutes ses communications^ se serait trouvée réduite à la cruelle alternative ou de mettre bas les armes ou de chercher son salut individuellement en se débandant. Mais le maréchal russe, toujours sage, jugea avec raison qu'en forçant les ennemis à ne chercher leur salut que dans une bataille , le désespoir leur prêterait des forces nouvelles, qui, jointes à la supériorité en nombre qu'ils avaient encore sur les Russes , pouvaient fixer en leur faveur le succès de la journée, ou du moins nous faire payer bien chèrement la victoire.
D'ailleurs, le fruit que cette victoire, quelque complète qu'elle pût être, promettait aux Russes, n'était autre que la destruction de l'armée française: or, la longue retraite que les ennemis harcelés par nos troupes avaient à exécuter à travers des pays dévastés et à une époque où la saison avancée menaçait de ses rigueurs, ne nous assurait-elle pas les mêmes résultats sans nous exposer aux mêmes périls et en nous épargnant un sang précieux ? La prudence que le prince Koutousof déploya dans cette circonstance est d'au-